GameTest – Super Meat Boy (PC, 360)

Vous êtes fan de jeu de plate-forme ? Vous voulez du jeu qui vous bousille les nerfs ? Vous êtes un carnivore assumé ? Alors jetez-vous sur Super Meat Boy LE jeu indépendant qui a fait sensation et qui va venir s’immiscer jusque dans votre amour propre.


On va vous faire aimer la viande !

Super Meat Boy (initial SMB comme un certain plombier moustachu à l’orientation sexuelle non élucidée) s’impose tout d’abord à vous par un speaker qui lance un ” Suuuuuuper Meeeeat Booooy” qui logiquement devrait vous mettre sur la piste de l’esprit de ce jeu définitivement à part. Crée par la Team Meat composée de deux personnes à sa tête, Super Meat Boy vous met dans la peau d’un morceau de viande nommé tout simplement Meat Boy qui va devoir aller sauver sa chérie Bandage Girl enlevée par le Docteur Foetus.

Voilà. À ce moment du test vous avez logiquement compris que le jeu développe un univers complètement barré, bourré d’humour parfois super noir mais toujours super drôle. Le scénario fait dans le classique enlèvement de princesse qui n’est au final qu’un prétexte vous balancer dans l’aventure.

L’aventure est un bon mot pour décrire ce titre de plate-forme qui n’est pas exactement dans la même veine qu’un Mario ou qu’un Rayman. Ici ce n’est pas tant la progression qui compte mais plutôt la réussite de niveaux courts mais d’une difficulté dantesque. Poussant au paroxysme l’idée de Die & Retry, le jeu va vous faire mourir encore et encore en réalisant l’exploit de ne pas être ni frustrant ni punitif. Car l’idée de génie des développeurs qui semble toute simple prononcée comme telle mais qui change complètement la face du jeu c’est le respawn instantané. En effet, quand vous mourez, c’est à dire tout le temps, vous n’avez pas un temps d’attente entre chaque tentative. Car avouons-le, même deux secondes aurait été de trop. Ici tout s’enchaine à la vitesse de la lumière ce qui au final ne pousse pas à poser la manette mais plutôt à retenter encore et encore. Et quand au bout d’une vingtaine de tentatives on parvient enfin à atteindre notre belle en fin de niveau, notre égo gonfle comme la queue d’un Pan en pleine parade nuptiale. Super Meat Boy est donc addictif à souhait et tous les échecs que l’on rencontre ne sont à imputer qu’à nous même car le titre jouit d’un Level et d’un Game Design exemplaires, jamais approximatifs sur lesquels nous reviendrons.


Il en reste je vous le mets ?

Oui Super Meat Boy est parfaitement pensé. Autant dans ses niveaux diaboliques que dans ses mécaniques sans cesse renouvelées. Les pièges sont multiples et s’empilent pour finir par être des casses-têtes à s’arracher la tignasse. Du missile à tête chercheuse aux tas de sel (évidemment nocifs au héros) en passant par les bouts de viande avarié qui vous poursuivent, les créateurs ont pensé à tout pour vous rendre complètement fou mais avec du talent souvent et du génie parfois. Bref, le jeu est superbe dans le fond mais n’oublie pas de l’être aussi dans la forme.

Graphiquement le titre ne révolutionne pas la roue du jeu indépendant mais bénéficie d’un côté vieux jeu pixélisé qui titille la fibre nostalgique et d’un character design inspiré. Les boss sont souvent attachants (!) et sont introduits par des cinématiques animées du meilleur goût et toujours dans l’esprit loufoque de l’ensemble. Sans être un régal pour la rétine SMB ne repousse pas et remplit parfaitement le minimum syndical. Mais pour une fois ce n’est pas les yeux qui bavent de bonheur mais plutôt les oreilles, car les pistes qui rythment les niveaux sont tout simplement fantastiques. Prenantes, accrocheuses, délicieusement désuètes… Danny Baranowsky a fait du très bon boulot et nous régale à chaque instant.

On pourrait évidemment revenir sur le gameplay du titre, assez profond pour un jeu de plate-forme et basé sur le Wall Jump, qui répond parfaitement et qui fait se dérouler le jeu à cent à l’heure. On pourrait revenir dessus mais nous ne le ferons pas… Je crois.

En plus d’offrir une expérience hors du commun, le jeu n’oublie pas d’être extrêmement généreux. Dans sa durée de vie tout d’abord. Impossible à quantifier précisément à cause du talent de chacun qui fera parcourir les niveaux plus ou moins vite. Mais dans l’ensemble le jeu est diablement long surtout pour son prix modique. En plus des 8 mondes principaux composés de 20 niveaux plus un Boss, vous avez la possibilité de les finir avec le rang A+ qui débloque ce même niveau dans sa forme Noire, c’est-à-dire encore plus difficile et parfois même complètement différent. Les plus suicidaires pourront récupérer les bandages laissés probablement par Bandage Girl et qui ne sont pas particulièrement cachés mais plutôt extrêmement ardus à récupérer. Il y’a aussi les Warp Zones, sortes de niveaux à la Game&Watch à la limite de faisable et qui rallongent encore la sauce tout sauf artificiellement. Et quand vous aurez fini tout ça et que vous penserez avoir fini le jeu, une surprise complètement folle débarquera pour vous faire jouer encore et encore.

La durée de vie est donc tout simplement énorme et est agrémentée de bonus comme la possibilité de jouer des personnages célèbres d’autres jeux indépendants dont certains sont exclusifs selon que vous preniez la version Xbox Live Arcade ou la version Windows. Par exemple sur Xbox vous aurez le droit à Tim de Braid qui peut remonter dans le temps, Spelunky qui peut évidemment faire des sauts explosifs ou encore Alien Hominid qui peut ralentir sa chute. Tandis que sous Windows vous pourrez débloquer Steve de Minecraft qui peut créer des blocs pour avancer plus facilement, Goo de Goo (obviously) qui peut coller au plafond ou bien encore Josef de Machinarium qui peut planer. Vous avez là un petit panel non exhaustif des personnages bonus à débloquer, parfois exclusifs et tous avec des capacités spéciales. Bref du contenu, du contenu et encore du contenu, Super Meat Boy ne lésine pas sur les moyens et fait figure d’exception généreuse au pays des radins.


Bref, pour tout fan d’expérience Hardcore aux multiples richesses, Super Meat Boy se pose comme un indispensable qui frôle la perfection dans son domaine et qui s’ajoute à la liste des jeux indépendants cultes au même titre que Braid, LIMBO et autres Castle Crashers. Mangez de la viande de Meat Boy c’est bon pour la santé !

Une pensée sur “GameTest – Super Meat Boy (PC, 360)

  • 17/04/2012 à 17:12
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    Super Meat Boy, le jeu qui vous fait aimer être maso.

    Raaa, The Kid… The Kid !
    (y arriverai-je un jour ?)

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