GameTest – SoulCaster II (360)

Suite du premier Soulcaster déjà acclamé par la critique et les joueurs, Soulcaster II est un cas un peu à part dans la masse de jeux indépendants proposés sur le XNA. Déjà, c’est une suite, ce qui n’arrive pas tous les jours. Et surtout on peut très bien dire que dans sa conception le titre de MagicalTimeBean aurait pu être un excellent jeu du Xbox Live Arcade. Alors prenez vos sacs à dos, vos baguettes magiques et retournons ensemble au temps béni des années 80.

I’m a Lonesome Wizard

Première originalité de ce SoulCaster II : Son concept. Basé sur le principe des Tower Defense, il s’écarte de sa filiation en mettant le joueur dans le rôle de la tour à défendre à l’aide d’unités sur le terrain. À cela, les développeurs ont rajouté une grosse dose de RPG classique à base d’Upgrading d’éléments, d’objets et d’unités. Le mélange est assez inédit et incroyablement bien dosé. Vous êtes donc un sorcier qui doit traverser des niveaux qui sont malheureusement infestés d’ennemis, de rats, de fantômes et autres morts-vivants. Or vous n’avez pas d’arme pour vous défendre ce qui vous en conviendrez est assez embêtant. Mais heureusement vous êtes protégés par trois esprits de guerriers, chacun ayant des caractéristiques différentes. La belle archère blonde va  donc être très utile pour toucher les ennemis à distance, l’alchimiste va, lui, lancer des bombes à mi-distance tandis que le chevalier va être extrêmement puissant, mais ne pourra se battre qu’au corps à corps. Partant de ce postulat, il faudra jouer entre les différents esprits pour avancer dans les niveaux sans mourir. L’aspect tactique est l’attraction principale du jeu aidé par un Level Design très ingénieux et offrant parfois des vrais moments de stress devant la horde d’ennemis nous tombant dessus. Intelligente, excitante et parfaitement construite, la partie Tower Defense du titre est assez irréprochable et les possibilités tactiques pour passer chaque niveau sont infinies.

Côté RPG, l’offre est moins pléthorique, mais tout aussi appréciable puisqu’au cours de votre voyage vous rencontrerez des magasins qui vous offriront la possibilité d’acheter des Items ou d’offrir à vos guerriers des nouvelles armes et capacités. La plus intéressante et aussi la plus chère est celle qui vous permet d’invoquer jusqu’à trois fois le même esprit. La tactique en ressort encore plus profonde. Loin d’être anecdotique, le choix des évolutions doit toujours être réfléchi puisqu’au final il aura un véritable impact sur les affrontements. Les deux phases du jeu finissent donc par s’équilibrer pour finalement offrir une aventure entre RPG à l’ancienne et Action qui fleure bon une époque révolue. MagicalTimeBean nous transporte avec talent.

Back to the Future

Le fond du jeu transpire donc la nostalgie mais la forme va carrément nous transporter vers un temps lointain. Graphiquement ce SoulCaster II reprend la patte des consoles 16 bits. Certains trouveront donc le titre vieillot, d’autres adoreront ce style délicieusement rétro. Par contre, on peut objectivement pester contre les grosses bandes noires sur les côtés qui font parfois ressortir les pixels et qui gâchent la visibilité des niveaux. Rien de grave, mais le vice à peut être été poussé trop loin. Au rayon des musiques, là encore c’est du tout bon. Entre Metal et sonorités 8-Bits, les morceaux sont toujours adaptés aux différents niveaux et extrêmement entrainants. Pour un jeu indépendant, l’attention donnée à la forme est clairement impressionnante dans sa démarche et dans sa réussite quasi totale.

Quasi totale, car SoulCaster II n’est pas un jeu parfait non plus. La difficulté est par exemple parfois mal réglée, certains niveaux étant trop faciles et d’autres poussant l’aspect tactique très loin. Le jeu est aussi assez court avec pas beaucoup plus de 3-4 heures de jeu avec en plus une fin très abrupte et très décevante surtout à cause d’un Boss complètement raté. Voilà donc les défauts principaux du bébé de MagicalTimeBean. Rien de grave donc, ou en tout cas rien qui puisse vous empêcher d’apprécier l’intelligence du concept, le talent de la conception des niveaux et l’aspect rétro en forme de madeleine de Proust des graphismes et des niveaux.

Réussi dans son Gameplay, dans son concept et dans sa forme, SoulCaster II est donc clairement un indispensable des jeux indépendants de la Xbox. Ne vous fiez pas aux quelques euros de plus qu’il nécessite, il les mérite amplement dès lors que vous cherchez une expérience sous forme de voyage temporel.

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