GameTest – Winter Voices (PC)

Winter Voices est un jeu de rôle en épisodes, 7 au total, nous plongeant dans la vie et la Psychée de notre héroïne. Celle-ci vient de perdre son père et c’est alors un long travail de deuil qui se prépare. En parallèle, le joueur découvre un nouvel univers très inspiré des mythologies nordiques et sincèrement envoutant.

Prologue

Ce Prologue nommé Avalanche est à la fois un long tutoriel et un bon aperçu de ce qu’est le projet des développeurs de Beyond the Pillars. On commence par la création de personnage permettant de choisir le faciès, le nom et la tenue vestimentaire de son avatar féminine. Combien de joueurs vont lui donner le nom de leur petite amie/femme/maitresse ? (Rayer la mention inutile ou suspecte). Après avoir choisit l’aspect physique viennent les caractéristiques. Il faut déjà lui choisir une classe parmi trois disponibles : Chasseuse, Tisseuse et Volva. Chacune de ces classes à des conséquences totalement différentes sur la façon de jouer du joueur. Ainsi, la Chasseuse pourra mieux supporter la fatigue, la Tisseuse fera preuve de beaucoup plus d’humour lors de ses dialogues (et prendra donc les choses plus positivement) et enfin la Volva se destine aux Hardcore-Gamers qui voudraient se “battre” contre des ennemis plus forts, mais aussi gagner plus d’expérience. Il y en a pour tous les gouts.

Tout de suite émerveillé par l’introduction qui, bien que tranquille, est narrée en Anglais avec efficacité, on enchaine directement avec le plus gros point fort de Winter Voices : sa bande-son. Conçues par Balthazar Bénadon, les musiques sont à la fois inquiétantes et envoutantes. Mystérieuses et inventives. Bien qu’elles se répètent, jamais les musiques ne dérangent le joueur : au contraire, elles font l’ambiance. C’est sans aucun doute la plus belle surprise musicale qui m’ait été donnée d’entendre depuis plusieurs mois de la part d’un jeune développeur.

Techniquement par contre, le jeu tourne sous Adobe AIR et bien que sympathique, le moteur de jeu a ses ralentissements. Se permettant de ramer sur de gros ordis lors des scènes les plus chargées en protagonistes alliés ou ennemis (pour ma part sur un Double Core et 4GO de mémoire avec une bonne carte graphique), Winter Voices fut aussi le viver de plusieurs bugs d’animations à son lancement. Heureusement, les développeurs sont très attentifs et plusieurs patchs sont venus corriger ces quelques erreurs. Certains pesteront toutefois sur les graphismes. En images, le jeu semble merveilleux et sur de nombreux plans il ne fait pas mentir le communiqué de presse. Néanmoins, beaucoup d’animations sont quelque peu disgracieuses et les “téléportations” de mouvements et autres facilités sont légion. Vu le prix du jeu et le nombre de gens qui le développent, je me vois mal m’emporter sur un tel détail. Néanmoins, ces animations gâchent quelque peu une immersion très importante dans Winter Voices.

Car oui, au-delà de toute cette découvertte graphique et sonore se cache un scénario profond, très psychologique, absolument magnifique par certains moments. On n’empêchera pas le scénario d’avoir ses grosses longueurs et quelques aspects “pompeux” pour les habitués de littérature mais tout de suite, je pense aux plus jeunes qui mettraient la main sur Winter Voices. À coup sûr, ils découvriront quelque chose d’original et de moins “brut” que les scénarios habituels de leurs jeux vidéo préférés. C’est beau, bien écrit, solide, complexe, passionnant. Beaucoup de dialogues sont peut-être écrits de façon trop “directe”, de telle sorte qu’on a presque l’impression de lire les sous-titres d’un film avec des intonations qui se prêtent davantage à l’écoute qu’à la lecture. Mais c’est bien là le moindre défaut d’une histoire que je ne vous spoilerai pas, mais qui vaut ses cinq heures de jeu. Deux heures d’exploration, trois heures de combats.

Comment ? Plus de combats que d’exploration pour un RPG censé être psychologique et fort scénaristiquement ? Tout à fait. Je dirais même que tout l’intérêt de l’histoire réside dans les combats, si tant est que l’on puisse les nommer ainsi. Notre héroïne est en effet dénuée de toute caractéristique de combat à proprement parler et ne fait que se battre et resister face à de très mauvais sentiments, représentés par des ombres. On évolue sur une carte au tour par tour, faisant largement penser aux batailles de Dofus et à de nombreux autres jeux du même genre. Chaque combat a un objectif qui lui est propre, tel que “Resister 15 tours” ou “Atteindre telle case du plateau”. Avec une jauge de “vie” et de “pouvoir” qui fait davantage office de résistance et de courage, le joueur doit atteindre son but en jonglant entre de bons déplacements stratégiques et l’utilisation de pouvoirs débloqués au fil des niveaux obtenus. Un grand arbre, très vaste, de compétences diverses, est disponible

On atteint alors le point de non-retour, ce qui va faire pencher la balance entre ceux qui accrocheront et ceux qui pesteront sur les combats : leur lenteur. Au début du jeu, le joueur va complètement s’affoler en découvrant qu’il doit tenir une quinzaine de longs tours avant de pouvoir continuer et ceci tous les trois pas que fait l’héroïne. Peu évolué, le personnage ne dispose pas de beaucoup d’actions et c’est donc avec beaucoup de passivité que le joueur se lance dans les combats. La monotonie, voire l’ennui, s’impose alors rapidement. Seuls ceux qui auront le courage de dépasser les trois combats un peu lents seront récompensés, puisque une fois quelques niveaux obtenus ce défaut n’existe presque plus ou en tous les cas beaucoup moins. Il est cependant très important à signaler, car il montre qu’un manque de rythme, même minime, peut casser toute la magie d’un jeu auprès de certains joueurs. Mais entre nous, l’histoire vaut la peine de supporter ces quelques bémols peu rédhibitoires et surtout signes d’une grande originalité narrative. D’autant plus qu’au bout d’un certain temps, les objectifs se font eux aussi plus originaux et certains combats deviennent de vrais puzzle-games. On a l’impression de jouer à un jeu de logique plus qu’à un RPG et cela donne une fraicheur constante à une histoire pourtant très pesante.

Episode 1 : Those Who Have No Name

Le prologue se finissait avec l’obtention d’un corbeau. Que peut bien proposer cette brave bête au joueur ? Tout d’abord, son amitié. Il s’agira en effet de le caresser, de le traiter avec respect et ainsi il offrira quelques bonus très intéressants pour le bon déroulement des combats. On peut aussi l’insulter, le frappe et le traiter avec mépris. Tous les choix sont proposés, même s’il manque un juste milieu qui permettrait une certaine passivité. Ici, vous avez surtout le choix entre être méchant ou gentil avec votre nouvel (et seul) ami. Malgrès cela, vous allez faire pas mal de connaissances dans ce second volet.

Lors de vos péripéties en pleine montagne enneigée, vous passerez d’une petite cabane à l’autre pendant une bonne demi-heure en cherchant quelqu’un pour écouter votre triste histoire. Malheureusement, la leur n’est pas rose non plus et entre les vicelards, les dépravés et les blasés de la vie il est bien difficile de trouver quelqu’un à qui confier ses plus lourds secrets. C’est ainsi que le joueur avance avec l’héroïne de façon très répétitive dans une quête d’amitié qui, sans vouloir trop spoiler, n’est pas faite pour bien finir. Nous sommes dans Winter Voices, ne l’oublions pas. Dès son prologue, le jeu avais sur faire comprendre au joueur que les bons sentiments n’étaient pas ou peu les bienvenus. Malheureusement, cette répétitivité influe aussi sur le manque de rythme de cet épisode qui passe de l’ennui le plus total aux très bonnes scènes de trop courte durée. Celles-ci sont d’ailleurs ponctuées par une nouvelle musique de combat absolument merveilleuse. Espèrons franchement qu’un OST est à l’ordre du jour chez Beyond the Pillars.

Une maison, du repos, un combat. Le cycle se répète tout au long de l’épisode et sincèrement, la première demi-heure passée, on se demande réellement où est passé le charme du prologue. Fort heureusement, même si cela n’est en soit pas une excuse, cette idée très répétitive sert un scénario bien goupillé ou il est question de solitude extrême. Tout cela se finit alors en un combat long, particulièrement passionnant, qui enchaîne les objectifs originaux. La dernière demi-heure est assez sublime, autant dans les textes que visuellement. Dommage toutefois que la durée de vie soit si faible, frôlant la petite heure et demie de jeu face aux six heures intenses des premiers 5€ dépensés…

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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