Garshasp : The Monster Slayer

Jouer dans la cour des grands et se prendre pour God of War, c’est très risqué. Mais quand on est un petit développeur qui attire l’attention avec de beaux visuels, on a tendance à s’assurer une certaine médiatisation. Méritée ?

Garshasp, ce gachis…

Une vilaine force des ténèbres a envahi un royaume, comme dans la plupart des jeux du genre. La race humaine souffre sous le joug de plusieurs races en position de force. C’est alors que le frère de Garshasp, Oroxia, se fait tuer alors qu’il défendait sa contrée. La revanche de Garshasp prend alors la forme d’un beat’em all violent, ou le guerrier va vouloir honorer son frère en réduisant à néant les terres ennemies.

Un beat’em all est un genre de jeu vidéo constitué d’attaques, d’une défense, de combos, de pouvoir et d’une évolution à base d’orbes faisant évoluer les statistiques du personnage principal. Garshasp ne déroge pas à la règle. Sauf que pour réussir son coup et tenter de défrayer la chronique avec son jeu indépendant, il faut avant tout avoir du style. Garshasp en à, mais un très mauvais. En combat, il ne vaut rien : combos dévastateurs au point de réduire la difficulté du jeu à néant, animations décalées, bugs en tout genre… Le jeu n’a clairement pas été finalisé (il n’y a qu’à voir l’interface complètement datée) et on peste vraiment devant tous les problèmes rencontrés. Surtout, il ne fait absolument pas dans l’originalité. Prenons par exemple cette possibilité de bloquer les attaques : quel que soit votre position sur le terrain, que vous soyez pris de dos ou à revers, vous bloquerez toujours toutes les attaques d’où que vous soyez. On se croirait revenu au temps d’Onimusha, la finesse en moins.

Des phases de plateformes impossibles à effectuer sans jeter la manette dans la pièce, à cause d’une gestion des sauts cataclysmique, sont aussi de la partie. La caméra se place n’importe comment et forcément, les sauts y sont totalement imprécis. Ajoutez à cela des animations manquantes, comme lorsque l’on voudrait frapper en même temps que sauter, pour apercevoir de jolis bugs amusants. L’aspect “multi-genres” du gameplay est assez dramatique, dans le sens ou l’on n’y trouve pratiquement aucune bonne chose, si ce n’est quelques descentes en “rappel” (si on peut appeler cela ainsi, les épées plantées dans la roche) qui sont plutôt bien réalisées et osons le dire, amusantes. Pas au point de faire du jeu une vraie oeuvre d’art, loin de là, mais il fallait tout de même le signaler. Question d’honnêteté (ou de remplissage).

Une grande déception

Visuellement incroyable en screenshots pour un jeu indépendant, on tombe rapidement de haut une fois le jeu lancé. Si on passe sur le look des personnages qui est à deux doigts d’être ridicule, il faut aussi avouer que ce sont surtout tous les jeux de lumière qui font l’atmosphère de ce titre. Finalement, rien n’est vraiment beau : ni les niveaux, ni les personnages et surtout pas les animations incomplètes et ratées. Quelques fonds sont jolis, tout au plus. Un vrai drame pour ceux qui attendaient ce titre avec impatience.

Est-il cependant possible de s’y amuser pour 20 € ? Oui et non. Car si le titre se parcourt assez bien malgré tous ses défauts , grâce à un bon rythme et un level design pas trop raté malgré ces quelques non-sens, il est toutefois excessivement court. Comptez un grand maximum de 3 heures pour en voir la fin. Oui, c’est très court, surtout pour le prix qu’il coute. Alors quelque part c’est un peu le même ratio qu’avec un FPS moderne (Warfare), mais les beat’em all sont tout de même rarement aussi courts. Du coup, aucun univers ne vient marquer et s’installer véritablement dans l’esprit du joueur déjà déçu de son achat et rageant ou rigolant sur les nombreux bugs qui lui font obstacle. La sensation d’avoir, au final, perdu un peu d’heures à ne rien faire, s’installe durablement pour amener vers un verdict très simple : Garshasp est une énorme déception, un fin ratage que l’on attendait pas aussi décevant. Sorti dans le circuit traditionnel des productions vidéoludiques, on aurait même sans doute parlé d’arnaque. Mais bon, restons respectueux du travail réalisé…

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
Skywilly

Les derniers articles par Skywilly (tout voir)

2 pensées sur “Garshasp : The Monster Slayer

  • 22/06/2011 à 09:18
    Permalink

    dommage, il avait de quoi plaire (même si il sentait à plein nez qu’il allait être un jeu vraiment pas terrible). Prochaine étape daggerdale? :p

    Répondre

Laisser un commentaire