Toy Soldiers : Cold War

Le Summer of Arcade continue ! Après le magnifique Bastion, l’excellent Insanely Twisted Shadow Planet, voici venu un jeu plus “commun”. Sans toutefois oublier d’être un bon cru du genre Defense Tower ?  Voyons voir si l’offre de Microsoft tente de faire un sans-faute…

Jouer à la guéguerre

Toy Soldiers : Cold War est une “suite” de Toy Soldiers, sortit l’année dernière sur le même Xbox Live Arcade. Il en reprend tout le concept, tout en le replaçant dans un contexte de guerre froide ultra-cliché voir quelquefois parodique. Faisons comme si vous ne connaissiez pas le premier opus (ce qui est sans doute le cas pour beaucoup) et parlons du gameplay en détail.

Dans une chambre d’enfant, un véritable théâtre de guerre est joué entre deux boites de plastique arraché, une mallette de jouets et un diorama bien installé. Pendant que le jeune homme semble être absent, les jouets sont vivants et s’affrontent : ici, les alliés contre les forces soviétiques d’une Guerre froide qui risque de tourner à la Guerre nucléaire. Ces petits soldats de plastiques sont bien plus vivants qu’espéré et se révèlent être furieusement décidés à vaincre ce duel armé. C’est là que vous entrez en jeu.

Toy Soldiers : Cold War est un Tower Defense dans son principe. Sur une aire de jeu divisé en deux parcelles, votre camp et celui de l’ennemi, vous pouvez poster des tourelles sur les emplacements prévus à cet effet. Canon mitrailleur, support et antitank vont sur toutes les zones constructibles. La DCA (arme antiaérienne) et le mortier doivent être positionnés sur des espaces plus grands et moins nombreux. Une fois les tourelles mises en place, tout dépend du mode de jeu : certains ne sont que des affrontements d’un camp à un autre, avec des vagues d’ennemis successives (à subir en solo, à déclencher en mode Versus local ou multijoueur en ligne). D’autres proposent aussi quelques zones qu’il est possible de prendre de force au centre de la carte, pour y placer quelques tourelles pouvant faire toute la différence.

Du Tower Defense, vous vous en faites deux au petit déjeuner ? Sauf que Toy Soldiers à une particularité : vous pouvez prendre le contrôle de toutes les unités et tourelles que vous possédez et jouer totalement librement avec celles-ci. Ainsi, si vous trouvez comme moi que l’intelligence artificielle est un peu trop gentille avec l’ennemi, prenez possession d’un canon mitrailleur et amusez vous à comboter. Contre les tanks ? Un lance-missiles. Et si vraiment vos tourelles sont mal placées ou que vous voulez prendre de l’avance en affrontant l’ennemi directement sur ses plates-bandes, alors certaines unités “jouets” à recharger avec des piles à trouver sur la carte sont aussi disponibles : tanks, hélicoptères, avions, tous sont contrôlables et directement rejouables (contre un certain laps de temps d’attente) une fois détruits.

Certains bonus très amusants sont aussi de la partie, tels que les combos qui font évoluer une jauge débloquant de grosses attaques une fois remplie. On a le droit à du pilonnage aérien, à une bombe nucléaire ou à une unité façon Rambo (la référence est flagrante) à la grosse barre de vie et aux munitions illimitées et vraiment puissantes. Pendant un court temps, on se prend alors pour le dieu de la gâchette et l’ambiance visuelle et sonore fait tout pour qu’on y prenne un pied monstrueux.

L’ambiance au service du réalisme

On touche ici au plus gros point fort du jeu : son univers. Il met en scène des jouets sur une table, à une échelle lilliputienne, mais se permet de piocher dans tous les vieux codes cinématographiques du genre pour se proposer comme une expérience au fort potentiel fun. Tout cela grâce à une repompe presque intégrale du thème de Top Gun, de la charte graphique des vieux films d’action des années 80 et d’une ambiance G.I Joe de notre enfance qui si elle semble “abusée” aux premiers abords, devient vite adorable. Clairement, on se retrouve comme un enfant de 8 ans devant sa Xbox en train de “jouer à la guerre” avec ses jouets. C’est très réussi.

Son seul défaut réside peut-être dans sa durée de vie ? Elle n’est pas énorme, la faute à une campagne solo vite traversée et à des modes de jeu certes amusants (du Versus, un mode Survie avec des vagues infinies et quelques minijeux de scoring), mais qui ne font jamais rien d’autre que de reproposer le même gameplay. En soi on aurait du mal à citer cela comme un problème, tant la prise en main est de qualité, mais il est nécessaire de préciser à tous les férus du genre que Toy Soldiers ne s’apprécie pas sur la longueur, mais bien dans quelques parties instantanées.

Comment ne pas craquer dans ces conditions ? Toy Soldiers est un caprice de joueur, une véritable envie de “tout faire péter” avec un peu d’intelligence dans le concept. Prendre le contrôle de toutes les armes disponibles est un vrai bonheur, surtout lorsqu’on se rend compte du degré de détail de certaines actions. Les développeurs ont pensé à beaucoup de choses, comme à du laché de Napalm en avion, à une vision nocturne pour les hélicoptères, à des upgrades de tourelles (trois au maximum) véritablement puissants, à du contrôle d’obus en temps réel, tout cela dans un “petit jeu de soldats en plastique”.

Face à Toy Soldiers premier du nom, il fait cependant clairement office de stand alone classique, sans grande originalité autre que son nouvel univers de Guerre froide. Mais les nouveaux joueurs qui n’ont pas craqué pour le premier titre n’auront aucun mal à se passionner pour ce Cold War d’une grande qualité ludique. On s’y amuse comme un gosse et c’est une sensation toujours aussi jouissive. On espère toutefois que Signal Studios tentera de proposer un jeu plus innovant la prochaine fois puisqu’aussi amusant soit-il, le concept risque tout de même de sentir le réchauffé avec un troisième épisode. Mais en attendant, comme disent les anglophones : Enjoy !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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