T.E.C 3001

On continue nos déambulations dans les contrées du Indie Games Summer Uprising avec un arrêt du côté de chez Phoenix Game Studio et de leur T.E.C 3001 qui va vous obliger à courir, courir, encore et encore. Ce titre au concept très simple a t’il réussi à transcender ses propres limites et à nous tenir en haleine tout du long ? Réponse(s) dans le test.

Cours T.E.C cours !

D’entrée de jeu, T.E.C 3001 poses ses bases. Pas une once de scénario à l’horizon qui de toute façon aurait été soit inutile, soit ridicule. On rentre directement dans le vif du sujet avec un très léger tutorial qui va vous permettre de vous familiariser avec le gameplay du jeu et son concept. En effet, le titre vous met dans la peau d’un robot qui court au travers de niveaux à l’ambiance très futuriste à la recherche de piles d’énergie. En plus de cette quête, il faudra bien faire attention à ne pas s’exploser contre un mur ou à tomber des plates-formes. À partir de ce constat, les développeurs ont mis en place une jouabilité d’une rare simplicité qui fait la force du jeu. Nous avons donc un bouton de saut, un bouton de glissade pour passer en dessous de certains obstacles et un bouton de sprint qui permettra d’aller plus vite bien sûr, mais aussi de planer quelques secondes dans les airs. S’impose alors la première et principale qualité de T.E.C 3001 : Son fun. Car la sensation de vitesse se fait toujours intense, les parcours sont grisants et au final, on accroche tellement qu’on continue sa partie jusqu’à la fin sans s’arrêter.

Bien évidemment, on pourrait objecter que ce concept si simple peut mener à une expérience très répétitive mais ce serait aller bien vite en besogne. Car dire de T.E.C 3001 qu’il est redondant parce qu’il ne change pas de structure c’est comme dire que Super Meat Boy est ennuyeux parce qu’il ne nous demande que de sauter de plate-forme en plate-forme. La force des bons jeux, c’est de transcender leur concept pour garder la colonne vertébrale de leur pitch tout en ce renouvelant constamment dans la forme. Et force est de constater que Phoenix Game Studio a réussi ce pari très haut la main. On ne s’ennuie pas une seule seconde tant les niveaux diffèrent, offrant constamment un challenge nouveau et ardu avec même quelques passages (trop rares) de vol plané à la R.E.Z qui apportent des moments de respiration très agréables. Sans compter les différentes features implémentées en jeu comme les portes ralentisseuses, les boost, les vitres que l’on ne peut briser qu’en leur sprintant dedans, etc. Non, T.E.C n’est pas répétitif, il est brillant et on est presque déçu lorsque l’on arrive au terme des 21 niveaux.

Car le jeu est relativement court. En une partie de trois heures, on arrive au terme de l’aventure. Mais bien évidemment cela dépendra de votre talent. Les niveaux ne font pas plus d’une ou deux minutes de parcours mais la difficulté devient rapidement très élevée, obligeant à recommencer la même course encore et encore. Entre les obstacles, l’obligation de récupérer un nombre défini de piles d’énergie et l’impossibilité de connaître les virages à l’avance, on finit par refaire parfois vingt fois les mêmes chemins. Certains trouveront cela frustrant mais la rapidité des respawns devrait tout de même faire passer la pilule facilement. On peut tout de même pester contre le côté die & retry trop poussé. Car encore une fois, le joueur découvre la piste en direct et la vitesse est telle qu’il est quasiment impossible de réussir une course sans être surpris par un mur ou sans oublier quelques piles d’énergie. D’autant que le talent du level design impose de bien préparer ses sauts, car il n’est jamais question de ligne droite dans le jeu, il faut vraiment savoir où l’on met les pieds sous peine d’éclater ses circuits.

I, T.E.C

Le titre est donc très difficile. Pour être plus précis, il devient très ardu à partir du niveau 13 en mélangeant toutes les idées (ralentissements, sprint, double saut, grand nombre d’obstacles, nombre de piles restreint) précédemment distillées au compte-goutte. Mais encore une fois, la frustration ne se fait que très peu sentir tant le gameplay est addictif et le fun omniprésent. On peut par contre largement s’élever contre le nombre conséquent de bugs qui gâchent parfois des courses réussies avec panache. Il arrive fréquemment que l’on passe au travers d’une plate-forme ou qu’un ralentissement impromptu empêche de négocier un virage comme il se doit. Pas de quoi gâcher l’expérience, mais ces quelques manques de finition sont assez récurrents pour être soulignés. T.E.C représente donc un défi de taille que n’importe quel joueur prendra plaisir à relever.

D’autant qu’en plus de proposer un excellent gameplay, des niveaux bourrés de fun et un challenge conséquent, les développeurs ont plutôt bien enrobé leur bébé. Graphiquement très joli à la base, le jeu propose en plus des portes présentes parfois sur les parcours et qui permettent de changer l’aspect des décors et leur couleur une fois passé au travers. On passe donc du vert tatoué d’inscriptions à la Matrix, aux teintes Sepia pour arriver au violet clinquant que ne renieraient pas les fans de tuning. Malgré la présence de clipping, qui ne gêne cependant pas l’anticipation des obstacles, et le vide relatif des environnements, l’ambiance générale est agréable, attachante et en parfaite cohésion avec le principe du jeu. Pour ce qui est de la bande-son, les fans d’électro apprécieront peut-être, les autres baisseront le son. Mais de toute manière, il aurait été impossible de ne pas finir par haïr la musique puisque le titre oblige à passer du temps sur les niveaux que l’on ne cesse de recommencer. Écouter 20 minutes d’affilé même un morceau de Schubert finira par agacer, alors des pistes électros qui ne sont tout de même pas des chefs-d’œuvre du genre cela tiendra de la torture. Mettez donc votre télé en sonnette et écoutez de la bonne musique euphorisante histoire d’encore plus ressentir les frissons de sprint infinis. L’expérience n’en sera que plus immersive.

T.E.C 3001 est donc une petite merveille dans son genre. Addictif, fun, ardu et joli, il est largement au niveau d’une production Xbox Live Arcade. Les développeurs indépendants nous étonneront toujours par leur talent. Pour le prix demandé, le jeu de Phoenix Game Studio est tout simplement un indispensable qui n’est pas qu’une « petite » expérience pas chère et sympathique, mais un véritable jeu bourré d’idées, passionnant, qui demande technique et réflexion. Ce Indie Game Summer Uprising est d’une qualité époustouflante et ce T.E.C 3001 est dans le haut du panier. C’est dire !

Zade

Le petit jeune.

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