SpeedRunner HD

Le Indie Games Summer Uprising touche à sa fin et chaque jeu testé se doit maintenant d’être savouré. Nouveau candidat : SpeedRunner HD. Après T.E.C 3001, votre serviteur a encore dû courir virtuellement. Reste à savoir si ce fut un jogging agréable ou une épuisante course sous le soleil.

SpeedRunner : Al Quaida Edition

Dans ce titre vous incarnez SpeedRunner, un super héros vraiment super qui court super vite et qui va devoir affronter le Mad Bomber qui a la fâcheuse manie de poser des bombes partout. “L’histoire”, entre de gigantesques guillemets, est racontée sous forme de Comics plutôt sympathique. Cela ne vole pas bien haut ni dans l’écriture qui fait dans le manichéisme et la caricature généreuse, ni dans le design plutôt classique, mais ce type de narration permet de donner un peu de charme à un pitch tout à fait inutile qui aurait tout aussi bien pu ne pas exister. À partir de cet affrontement, il faudra donc parcourir des niveaux le plus vite possible, en cherchant les passages les plus courts, pour au final désamorcer la bombe placée par ce fichu Mad Bomber.

SpeedRunner HD reprend donc le concept de sa version Flash originelle. Tout ici est question de rapidité, d’ingéniosité et de score. On retrouve donc la bonne vieille course au meilleur score pour se comparer avec les joueurs en ligne et avec ses amis. Les développeurs ont, pour rendre le tout plus riche et intéressant, implémenté différentes habilités, récupérables au fil de temps, comme le double saut, le grappin, les murs permettant des Wall Jump et autres joyeusetés. Dans son principe même, SpeedRunner est donc extrêmement addictif et bénéficie d’un level design vraiment inspiré puisque chaque niveau permet au joueur de le parcourir selon différents chemins. On revient donc toujours en arrière pour profiter des nouvelles features débloquées pour améliorer son score et la rejouabilité est au final aussi grande que le temps qu’il vous faudra pour battre le meilleur temps de chaque niveau. Mais tout au long du jeu, quelque chose gêne légèrement et ne permet pas de crier vraiment au génie malgré l’indéniable qualité du titre. Peut-être la difficulté trop élevée puisque les parcours sont remplis de pièges et de bâtons prêts à se mettre dans vos roues ce qui rend parfois le tout frustrant.

Frustrant, car on veut de la vitesse, le genre l’impose et on on est au final constamment ralenti, alourdi par des caisses où des murs et la recherche du chemin parfait demande de prendre son temps plusieurs fois avant d’arriver à la perfection. On aurait aimé vivre une expérience un peu plus grisante, un peu plus folle. Cela n’enlève rien à la qualité globale d’un titre qui est bourré de belles idées, mais une frustration se fait ressentir tout du long. Car finalement, chaque qualité, et il y en a, est systématiquement assombrie par un défaut lié à elle. Les niveaux sont ingénieux, oui, mais on fini par marcher quand on voudrait courir, le gameplay est plutôt riche, certes, mais il est pataud et pas toujours bien fichu malgré toutefois des séquences contre Mad Bomber et ses inventions machiavéliques faisant figure de boss très réussies. On reste dans du jeu indé de haute volée, mais qui laisse un goût un peu amer par moment.

Cours SpeedRunner, cours ! (autoplagiat)

Parlons d’ailleurs un peu du gameplay. Nous avons au départ un bouton de saut, un autre de glissade, réalisable en l’air, et très rapidement un bouton de grappin. Simple et facile d’accès, la jouabilité est malgré tout desservie par une inertie trop grande et une grande lourdeur du personnage. Encore une fois cela rend le jeu moins rapide que souhaité et certaines actions deviennent difficiles à réaliser. Après plusieurs heures de jeu, on finit toutefois par pleinement s’habituer et l’expérience devient alors réellement jouissive. Il faut donc pas mal de temps d’adaptation avant de savourer pleinement le nectar de qualités distillé par SpeedRunner. Mais encore une fois, il manque cette perfection qui rendrait le titre vraiment à part. Il en va de même pour la musique et les graphismes. Visuellement, le jeu est original, agréable, mais manque de richesse et de diversité puisque les arrière-plans ne font au final que changer de couleurs. Pareil pour la bande-son, un peu redondante et sans génie. Tout dans SpeedRunner est de qualité, mais le manque de polissage est flagrant.

Mais malgré ses quelques menus défauts, le bébé de DoubleDutch Games prend réellement toute son ampleur et son intérêt dans son mode multijoueurs. Qu’on soit bien clair, ce mode mérite à lui seul l’achat du jeu tant il est une réussite totale. Jouable jusqu’à quatre joueurs en local uniquement, ce mode permet de faire des courses en rajoutant en plus un aspect compétitif très excitant. Car il faudra faire tomber ses amis, il faudra aussi leur mettre littéralement le grappin dessus pour les ralentir et leur passer devant. Couplé au principe du mode solo qui demande rapidité , talent de joueur et ingéniosité, ce mode multi fait totalement s’effacer les défauts précédemment cités pour ne laisser que le plaisir pur. Ce rajout d’un mode multijoueurs est une idée de génie qui fait passer le jeu dans une tout autre catégorie et démultiplie sa durée de vie un peu courte à la base.

SpeedRunner HD est donc bon dans son mode solo (plombé toutefois par quelques défauts et erreurs de game design un peu agaçantes) et fantastique dans son multi. D’un point de vue purement analytique, le titre est donc une production XBLIG de grande qualité, au dessus du lot. Mais on ne peut pas totalement oublier le petit #IGSU présent à côté du test sur notre site. Car il fait en effet partie d’un événement à la qualité délirante, proposant des titres tous meilleurs les uns que les autres. Et force est de constater que ce SpeedRunner n’est pas totalement au niveau de la sélection. Il faut toutefois prendre cette critique avec les pincettes d’usage, car la qualité du Indie Games Summer Uprising est encore une fois exceptionnelle et le jeu en lui-même est lui aussi sympathique. Il souffre simplement de la comparaison. Mais si vous êtes à la recherche d’un jeu ardu, qui pousse à tenter constamment à battre les meilleurs scores, alors vous tenez là un indispensable du genre. Pour un prix faible vous aurez du challenge, une rejouabilité conséquente et des niveaux bourrés de bonnes idées. Mais si vous devez piocher dans la liste du IGSU, alors nous n’avons pas là celui qui mérite forcément que l’on se jette sur lui en premier. Le choix est donc vôtre à présent.

Le petit jeune.

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