Wasteland Angel

Troisième guerre mondiale, radiations, campements, mutants… On connaît la chanson. Transposé à un shoot en voitures, cet univers postapocalyptique peut-il faire mouche ? Rajoutez à cela une héroïne volontairement vulgaire et un accent de Redneck à tous les personnages pour commencer à avoir des doutes.

Destruction Mutant Derby

Un shoot en 3D avec des voitures, ce n’est pas bien original au premier abord, mais Wasteland Angel veut faire honneur aux maitres du genre avec un univers bien mis en avant et une ambiance Western “Amérique profonde” très particulière. Notre héroïne surarmée, peu féminine et accompagnée de sa fidèle voiture aux parechocs ensanglantés, va devoir protéger des villes en proie à trois ennemis en particulier : les gangs, les renégats et les mutants. Tout cela au travers d’un peu plus d’une vingtaine de missions d’action pure remplies de vagues d’affrontement à réussir pour passer d’un niveau à un autre, comme dans un Tower Defense.

En vue aérienne, au pad, le joueur contrôle un véhicule au stick analogique gauche, accélère avec la gâchette droite et tire avec le bouton A et tire avec la gâchette droite : oui, ce n’est pas vraiment ce qu’on a fait de plus intéressant en terme de prise en main. On commence avec une simple mitraillette pour récolter quelques bonus sur les ennemis vaincus et terminer avec des missiles à têtes chercheuses combinés à de puissantes salves de balles. Quelques armes originales telles que des trainées de Napalm, des bombes, des mines, des herses ou encore des chocs électromagnétiques, sont aussi de la partie. La seule différence étant qu’ils sont en nombre limité et à activer à l’aide d’une touche dédiée. On est donc dans le plus classique des jeu d’action, niveau gameplay.

Six endroits différents sont proposés, mais tous sont assez identiques point de vue level-design. Seul l’emplacement des villes change dans la zone de jeu très désertique (et désertée) et pour cause : certains ennemis viendront s’y coller pour capturer les villageois. En fonction de la carte, vous aurez donc plus ou moins de mal à jongler entre les différents points de captures et à éliminer les ennemis qui en veulent à vos alliés. Néanmoins, même en mode difficile, le jeu est d’une facilité déconcertante. J’en veux pour preuve ces petites zones de “recharge de vie” entre les différentes vagues d’ennemis, qui restent bien trop longtemps et permettent pratiquement une certaine invincibilité pendant quelques niveaux.

Le shoot pour les nuls…

Sincèrement, on ne sait pas comment se sont débrouillés les développeurs pour rater l’évolution de la difficulté du jeu, mais elle est réellement horrible. On commence avec un tutoriel d’une simplicité extrême pour ne jamais perdre de vue cette facilité jusqu’aux tout derniers niveaux. C’est alors que des ennemis plus violents débarquent et tentent enfin de vous anéantir efficacement. Non pas avec plus de jugeote, mais avec un joli lot de bugs du genre “rentre-dedans” empêchant le joueur d’avancer facilement.

Les voitures ennemies sont programmées pour être de véritables boulets de canon. Ils foncent sur vous, sans aucune logique. Mais même là, avec les bonnes armes, on s’en débarrasse rapidement une fois le gameplay bien en main. C’est d’autant plus dommage qu’il faut avouer que les premières minutes de jeu sont distrayantes. Après tout, un shoot n’a pas besoin de grand-chose pour amuser la galerie du moment qu’il pose un gameplay facile d’accès sur un univers bien conçu. D’autant plus que certaines originalités sont au rendez-vous puisqu’au-delà des cartes de “défense”, enchainant les vagues d’ennemis jusqu’à un nombre spécifique, on retrouve aussi quelques Boss. Ceci dit, pas sûr que ce soit une bonne chose…

Ceux-ci sont énormes, moches, aux animations ratées et ne demandent qu’à utiliser la même arme à chaque fois pour être tués. Bien entendu, leur place sur l’écran est l’occasion d’enchainer bug sur bug et de proposer au final les plus mauvais niveaux du jeu. Plus amusant par contre (toutes proportions gardées) : certains niveaux bonus proposent de contrôler notre voiture destructrice en vue intérieure, pour participer à des carnages en règle ou à des courses de checkpoints. Amusant, mais encore une fois complètement buggé avec des voitures apparaissant de n’importe ou et une fumée omniprésente gâchant toute l’action à l’écran. Aussi, le rythme répétitif des épreuves se découpant toujours en deux objectifs de défense, un boss et une vue interne par endroits visités, rend le jeu très monotone.

Loin d’être originale, l’ambiance western apocalyptique offre toutefois son lot de musiques motivantes. Dommage que les voix soient aussi mal jouées et les sons aussi cheaps. Les tirs et explosions ont des sonorités d’un autre âge. Néanmoins, impossible de le nier : Wasteland Angel a du style. Il est “juste” un peu daté et manque cruellement d’audace. À petit prix, il vous occupera le temps d’un week-end morose… Encore qu’il suffit de trois heures maximum pour en voir le bout puisqu’au-delà du mode solo, aucun multijoueur ne pointe le bout de son serveur.

De la coopération ? Ne rêvez pas. On finit l’histoire solo d’une traite. Seuls les quelques succès et modes de difficulté supérieurs augmenteront une faible durée de vie qui risque d’en faire fuir plus d’un. Wasteland Angel avait tout pour plaire… sur le papier.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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