Antipole

Voici donc un nouveau venu dans la catégorie Shoot’em-up/Plates-formes du Xbox Live Indie Games. Comme de nombreux jeux aujourd’hui, Antipole mélange les genres pour nous servir au final un met assez original. Reste à savoir si la qualité est au rendez-vous.

Shoot’em…UP !

Les développeurs de chez Saturnine Games ont décidé de ne pas faire dans la dentelle. Dès les premières secondes, le joueur est littéralement balancé dans le vif du sujet. Pas de scénario ni même de tutoriel. Il faut toutefois avouer que la simplicité du gameplay ne nécessite pas plus que les quelques textes explicatifs à l’écran. Car Antipole se présente sous la forme d’un banal shoot’em up style Metal Slug avec en plus une savante dose de plate-forme et de réflexion. Nous avons donc un simple bouton de saut, un bouton de tir et un bouton de changement de gravité. Car Antipole propose quelques originalités bien vues. La possibilité de changer la gravité pour finir accrocher au plafond en est la principale. En effet, une jauge à l’écran indique symboliquement le nombre de secondes pendant lesquelles vous pourrez flotter et avoir la tête à l’envers. De quoi offrir quelques bonnes finesses de Level Design, brillamment réussies par les développeurs. Mais il faut aussi noter que vous n’êtes pas le seul à subir le changement de gravité. Les ennemis, les items, les projectiles autour de vous passeront eux aussi dans ce mode. Au final, on se retrouve avec un jeu au pitch et au gameplay basique, mais constamment agrémenté de très bonnes idées qui permettent de renouveler l’expérience. D’autant que les nouveautés sont savamment distillées tout au long du jeu. Il en ressort une véritable maîtrise qui mêle habilement le shoot, la plate-forme classique et la réflexion. Les énigmes bien que très simples sont plutôt bien pensées, originales et tirent parfaitement parti du système de gravité. Le plaisir est donc là et bien là.

On peut toutefois noter que malgré toutes ces idées, la lassitude peut se faire sentir. Cela est avant tout à mettre sur le compte de l’aspect visuel sur lequel nous reviendrons, mais aussi sur un gameplay manquant de richesse. On fait finalement toujours un peu la même chose, un peu toujours au même endroit. Heureusement, les boss sont difficiles, tout comme le jeu d’ailleurs, et sont vraiment bien pensés et amusants à combattre. On peut reprocher à l’aventure de se répéter, mais les batailles contre les boss sont, elles, de constantes redécouvertes. On s’amuse donc bien dans Antipole, le jeu est même carrément addictif, mais de façon étrange, il fait partie de ces productions qui, une fois terminées, ne nous laissent dans la bouche qu’un vague « Mouais c’était sympa ». Il manque de la folie, de la richesse pour vraiment rendre Antipole indispensable. On tient là un titre extrêmement sympathique, mais loin d’être inoubliable.

Moi, moche et méchant

Au niveau purement ludique, le constat est largement positif. Mais pour bien profiter d’un jeu et d’une expérience, l’enrobage doit lui aussi être de qualité. On reproche souvent aux jeux du Xbox Live Live Indie Games de tous proposer un aspect graphique tendant vers le Flash. Désagréable, moche et artistiquement faible, ce style est presque exacerbé dans Antipole qui est vraiment d’une laideur affolante. Les animations sont bâclées, ridicules, les ennemis sont eux aussi risibles, certains envoyant même des sortes de sucres d’orge en guise de projectiles. Et puis il faut aussi noter la pauvreté des décors qui en plus d’être laids, sont toujours dans la même veine donnant l’impression de courir toujours dans la même zone. On navigue donc dans un univers vaguement futuriste, sur des plates-formes faîtes de cubes en incarnant un héros avec un imper’ de détective et une mitraillette qui tire des boules violettes. Esthétiquement, Antipole est vraiment affreux, mais finalement le mauvais goût est tellement extrême, tellement constant, qu’il fait plus rire qu’il agace.

La musique est, elle, plus louable. Alors oui elle n’a aucun rapport avec ce qu’il se passe à l’écran ou avec l’univers du jeu, mais elle a au moins le mérite d’être en retrait -un peu trop- et de proposer quelques morceaux sympathiques. Là encore rien d’exceptionnel, mais au vu de la médiocrité visuelle du titre, on peut se réjouir d’un résultat seulement banal.

La forme est donc ratée et faire abstraction de cette pauvreté artistique est difficile même si les qualités ludiques sont multiples. D’autant qu’il faut mettre en exergue la durée de vie du titre, respectable, offrant une vingtaine de niveaux et plus d’une dizaine de stages bonus à débloquer en récupérant des pièces vertes dans les niveaux. Antipole n’est donc pas de la race des jeux que l’on finit en une traite, en un après-midi pluvieux pour seulement quelques deniers. On peut réellement prendre son temps pour parcourir le jeu tout en se réjouissant des idées de game design constantes citées plus haut. D’autant qu’un principe de record et de performance est implémenté. En effet, une horloge à l’écran chronométrera votre performance sans toutefois la comparer à qui que ce soit. Mais cela donne quand même envie d’aller le plus vite possible et de refaire certains niveaux qu’on a l’impression d’avoir bâclés. De même, il vous est indiqué en fin de stage le nombre de morts et quelques autres statistiques de votre performance. Cette course au score personnel est finalement assez accrocheuse et permet de gonfler encore légèrement la durée de vie. Il faut toutefois noter un dernier défaut, mais réellement embêtant et qui semble bizarrement prendre de l’ampleur plus on avance dans l’aventure. En effet, des ralentissements viennent constamment perturber la progression et il n’est pas rare de mourir à cause d’un freeze intempestif. Cette tare technique est réellement rageante tant elle finit par être constante et par mal se mêler à la difficulté relativement élevée du soft.

Antipole est donc un mélange savoureux de genres, très amusant, original, inventif, mais bafoué par une direction artistique calamiteuse et des problèmes techniques récurrents. Il manque ce petit quelque chose qui ferait de lui un vrai bon achat même si sa durée de vie honorable fait de lui un investissement sans risque pour les gamers passionnés de jeux indépendants. Le bébé de Saturnine Games n’est pas inoubliable, loin de là, mais il fait passer quelques heures agréables et fun. Finalement c’est ce qu’on lui demande, même si ses défauts pourront rebuter les moins convaincus.

Zade

Le petit jeune.

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