Crimson Alliance

C’est un fait : les jeux en coopération, qu’elle soit locale ou en ligne, se font extrêmement rares. A contrario, souvent, le peu de jeux du genre à sortir sur nos machines sont de vraies surprises (Borderlands). Crimson Alliance a donc tout pour plaire sur le papier…

Point de vue richesse, c’est Byzan ?

Un ancien gigantesque empire, une belle capitale du monde aux guerriers valeureux et à la nette tranquillité, c’est ce qu’était Byzan avant que les forces de l’ombre ne viennent tout détruire. Désormais c’est un monde froid, sombre, glauque, triste, qui s’ouvre à trois valeureux héros se rencontrant “par hasard” pour vivre une aventure faite de coup d’épées et de boules de feu. Crimson Alliance n’est malheureusement pas porté par une histoire incroyable d’originalité (bien au contraire), mais a de sérieux atouts dans sa manche pour convaincre les amoureux de bastons en caméra aérienne.

Évidemment basé sur le même gameplay hack’n slash qu’un Diablo, un Titan Quest ou plus récemment Torchlight, Crimson Alliance fait dans le classique et l’efficace. Trois héros sont disponibles : un guerrier, un magicien et un assassin. Chacun a un coup rapide, un coup plus puissant, une attaque étourdissante et une charge (chaque coup étant attribué à un bouton en particulier). Chacun de ces types d’attaque est bien entendu en harmonie avec le style du personnage : si le guerrier frappe à coup d’épée, le magicien lance des boules de feu. Si ce même guerrier fonce dans le tas, le magicien se téléporte à courte distance. Ajoutez à cela un bouton pour bloquer et un dernier pour utiliser une “grosse attaque magique” basée sur une jauge de pouvoir à remplir en tuant des ennemis, et vous aurez un bel aperçu final du gameplay proposé

C’est très simple et franchement, aux premiers abords, cela fait un peu peur. Aucun inventaire n’est présent si ce n’est un “catalogue” des armes, armures et boucliers (là aussi transformés en artefacts magiques pour le magicien, pour garder le même exemple de comparaison des classes). On en trouve dans des coffres (fixes, rien n’est aléatoire dans Crimson Alliance) ou à l’achat dans des boutiques se trouvant sur la carte des niveaux. Pour les soins, il faut briser des jarres ou y est dessiné un joli coeur. Seuls quatre types d’objets, un pour chaque flèche de la croix directionnelle, sont proposés au maximum de trois par type : des totems de santé (générant pendant quelques secondes des orbes de guérison), des haches de jet très puissantes, des tourelles et un bout de viande servant d’appât à ennemis. Et c’est tout.

L’accessibilité avant tout !

Cette absence d’inventaire vous semble orienter le jeu vers du bourrinage intensif ? C’est exactement cela. On frappe, on enchaine les ennemis, au point qu’il est possible de comboter pour augmenter un multiplicateur de points. On ramasse de l’argent, nécessaire à l’achat de nouvelles armes, armures et boucliers chez les vendeurs. Il est aussi possible d’en récolter moyennant de vraies finances, sur le Xbox Live, au prix de 80 Microsoft Points les 40000 pièces d’or. Un peu cher.

Le jeu est construit sous la forme d’une suite de donjons linéaires, avec quelques embranchements secrets pour chacun (une dizaine par donjons). Des portes portant un sceau, différent pour chaque personnage capable de l’ouvrir, comportent un trésor destiné à celui-ci. Des énigmes, en solo comme en coopération, sont aussi de la partie avec de stèles à activer, des pièges à éviter, pour obtenir toujours plus d’argent. On y rencontre beaucoup de petits ennemis, quelques mid-boss bien costaux et au final trois gros boss massifs mais un peu simples à battre. Ce n’est d’ailleurs pas la possibilité de faire revivre ses alliés au sol ou le nombre ahurissant de checkpoints qui viendront donner un peu de piment à l’aventure.

C’est d’ailleurs le plus gros défaut de ce jeu très amusant, fluide à jouer et bien pensé pour la coopération : son manque cruel de difficulté. Si vous avez déjà joué à un jeu du genre, vous pouvez d’ores et déjà choisir le mode Difficile (équivalent du mode Normal des jeux du début des années 2000). Les plus érudits choisiront même le niveau supérieur (sans pour autant se casser les dents sur le très complexe mais pas infaisable mode de difficulté le plus ardu). En mode normal, c’est une balade de santé. La faute à des orbes de soins trop présents et à une coopération des joueurs si efficace que le jeu semble un poil mal réglé pour trois.

Ne comptez pas non plus y jouer très longtemps. Crimson Alliance se termine en cinq heures, en cherchant bien, avec environ 85% des trésors découverts. Ceci est à compter sans aucune rejouabilité autre que la recherche des trésors manquants, ce qui ne devrait pas prendre plus d’une ou deux heures supplémentaires. Le jeu pêche par ce gros défaut d’accessibilité qui le rend linéaire et finalement amusant qu’une seule fois. On n’y revient pas ou alors par défaut, parce que la coopération se fait de plus en plus rare chez la concurrence. Vraiment dommage, tant la “simplicité” du gameplay garanti un jeu presque familial et pour tous les ages.

5 heures de fun

Crimson Alliance est malgré tout un bon investissement et promet une très sympathique aventure, principalement grâce à ses graphismes réussis et son histoire très classique, mais qui se suit avec plaisir. Comme souvent ces derniers temps sur le Xbox Live Arcade, la traduction des sous-titres est assez bancale, mais on savoure tout de même les bons dialogues des personnages.

C’est donc une réussite, mais avec de gros défauts. Crimson Alliance est “trop” accessible et risque donc de faire rager les habitués du genre qui pesteront devant l’absence d’inventaire et de profondeur de gameplay. Il est court, sans vraiment de rejouabilité et la question du rapport durée de vie/prix ne se pose pas seulement grâce à son système d’achat de classes “à part”. Mais on s’y amuse vraiment, très simplement, sans grande originalité mais avec une envie de le finir d’une traite bien présente en coopération. Les musiques accompagnent le tout assez simplement, avec une certaine efficacité, pour servir au final un titre que l’on n’attendait pas et qui se révèle, à défaut d’être un must-have, une sympathique surprise à partager surtout à plusieurs

DLC : Vengeance Pack (240 Microsoft Points – 2,80 €)

L’histoire terminée, un DLC vient rajouter un peu d’excursions pour une coopération toujours aussi amusante. Deux ennemis, des soeurs ninja jumelles que seules la couleur de leurs habits (bleu ou rouge) et leurs magies (glace ou feu) différencient, proposent chacune leur niveau rempli de salles cachées, de monstres à affronter et de vagues d’ennemis à repousser. On est en terrain totalement connu : aucune grosse nouveauté à l’horizon, si ce n’est trois nouvelles armes (une par classe) à découvrir dans le second niveau offert et une originalité du type “lave qui ne cesse de monter”. Ces deux nouveaux endroits se terminent en une vingtaine de minutes.

Un nouveau défi apparait aussi sur la carte, le “Fistful of Coins”. Le concept est simple : des vagues d’ennemis s’enchainent lorsque vous frappez un interrupteur. Une vague d’ennemi détruite vous rapporte de l’argent : vous pouvez alors partir avec votre dû ou rester, refrapper l’interrupteur et affronter la vague suivante. Si vous réussissez, vous obtenez encore plus d’argent. Si vous tombez au combat, alors vous perdez toute votre monnaie. Très intéressant, ce défi est assez difficile et apporte donc réellement quelque chose à une petite soirée entre amis qui sera riche en rebondissements et coups de colère amicaux.

Ce Vengeance Pack n’est pas incroyable d’intérêt et se termine d’ailleurs assez vite. Néanmoins, on ne peut pas le nier, on s’amuse. Il reste dans la mouvance du jeu original et prolonge un feeling à la manette qu’il est difficile de critiquer. Reste qu’on attend toujours un gros nouveau contenu pour ce titre plaisant, mais à la durée de vie toujours décevante.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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