Centipede Infestation

Créé par Dona Bailey et Ed Logg en 1981 sur borne d’arcade, Centipede est désormais un grand jeu d’Atari et c’est donc tout à fait logique de le retrouver dans chaque compilation nostalgique de la firme. Aujourd’hui, c’est d’un remake dont il est question. De qualité ? Difficile à dire…

Des bestioles à tous les niveaux !

Max est un jeune homme plein de ressources, armé jusqu’aux dents et qui passe ses après-midi à courir à la chasse aux bestioles géantes. Alors en plein désert, il découvre un petit jardin tranquille tenu par Maisy, une jeune femme bien innocente. Après l’avoir sauvé d’un destin funeste aux mille pattes, il entretient avec elle une relation amicale et ambiguë, sans profondeur, enchainant les clichés dans des saynètes de dialogues assez quelconques entre chaque niveau. Sans oublier les quelques cinématiques, tout en 2D, à l’animation volontairement saccadée histoire de gagner du temps sur l’animation des personnages. Oui, d’entrée de jeu, Centipede Infestation fait un peu peur.

Le jeu se pose en simple ersatz de Geometry Wars et de tous ces shoots à sticks analogiques, à la différence près qu’ici l’un des sticks est sur le nunchuk et l’autre, est votre viseur de wiimote. On tourne alors autour de l’écran pour bien viser des bestioles qui débarquent en vague dans de petites arènes très cloisonnées et sans beaucoup de charme. Une jungle, un desert, des détritus, une ville détruire… On est dans le quelconque, le classicisme à son paroxysme.

Plus insectes sont au programme : des guêpes qui se précipitent sur vous, des scarabées explosifs, des araignées qui débarquent du haut de l’écran (annoncées par un large halo lumineux avant leur apparition) mais surtout les géants milles pattes cultes du jeu original. Tout cet infect monde doit être détruit, écrasé, pulvérisé, rayé de la carte. Pour cela vous avez donc votre arsenal : un simple tir assez puissant maigre tout et plusieurs “power-ups” à dénicher après avoir tué certains insectes. On y trouve un lance-flamme, une mitrailleuse, des explosifs, un laser et autres joyeusetés. Chaque power-up trouvé se case dans un des slots parmi les quatre disponibles, chacun sélectionnable avec la touche fléchée adéquate. L’utilisation de ces armes spéciales est limitée en temps, il faut donc les activer avec intelligence.

Coopération obligatoire

Les armes supplémentaires et temporaires peuvent être améliorées, tout simplement en récoltant deux power-up identiques. On se retrouve alors avec une mitrailleuse bien plus rapide, un double laser très efficace ou des explosifs bien plus convaincants sur le terrain. Sinon, quelquefois, le jeu vous proposera d’entrer dans une tourelle où vous frôlerez l’invincibilité tant elle est efficace. Quand au corps à corps, très souvent inexistant, mais quelquefois requis pour activer des générateurs et autres objets faussement scénaristiques de certains niveaux, il consiste à écraser violemment du pied le sol et les insectes alentour. Peu efficace.

Centipede Infestation est jouable seul, mais c’est surtout à deux joueurs qu’il devient intéressant. Très simple dans son concept et d’un violent manque d’originalité, le jeu de Way Forward n’est en plus pas vraiment beau même pour de la Nintendo Wii. On se contente du minimum syndical avec, tout de même, une très simple et bonne jouabilité et des animations fluides. Tout cela entraine, malgré tous les défauts de ce titre à la limite du navrant, un bon rythme de jeu et un certain amusement le trempe d’une petite demi-heure. En cette durée, vous aurez déjà terminé une dizaine de niveaux sur les quarante proposés. La durée de vie est quelque peu agrémentée de personnages et couleurs d’armes à débloquer tout au long de la partie, mais on ne s’y accroche pas réellement.

Le seul intérêt de Centipede Infestation est finalement de proposer un shoot en arènes à deux joueurs qui n’a absolument rien de fantastique, c’est le moins qu’on puisse dire, mais qui amuse au moins dans le barème du minimum syndical requis. Les hardcore-gamers peuvent l’oublier, puisqu’il ne se destine apparemment qu’aux jeunes joueurs encore innocents et peu regardants sur la qualité globale d’un titre. Mais aussi raté qu’il soit, Centipede Infestation est finalement jouable et beaucoup moins honteux que prévu. Mais finalement, il y a-t-il réellement des gens pour l’acheter autres que des gentils parents qui n’y connaissent fatalement rien ?

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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