Captain Morgane et la Tortue d’Or

Déjà responsable de l’excellent So Blonde sur PC, les talents de Wizarbox reviennent sur le devant de la scène avec leur seconde grande aventure en pointé cliqué. Sauf que cette fois-ci, il tentent définitivement de conquérir le marché des consoles. Avec brio ?

Coeur de pirate

Morgane Castillo, fille du pirate Allessandro Castillo, n’a que faire des taches ménagères et préfère vaquer à ses jeux d’enfant dans l’attente du jour ou elle sera assez grande pour prendre la mer et partir à la conquête du monde. Pirate en herbe, c’est avec une insouciance certaine qu’elle vie sa vie, jusqu’à ce jour terrible ou sa mère meurt et que son père l’oblige à le suivre sur son bateau. Ce dont elle a toujours rêvé, le destin lui a fait payer le prix fort. C’est donc pourquoi elle se doit de devenir la plus grande pirate que le monde n’ait jamais vu. En même temps, elle est la seule.

Pointé-cliqué très classique, Captain Morgane et la Tortue d’Or propose un scénario sympathique et très dépaysant. On découvre une multitude de personnages hauts en couleurs, plein de charisme ou d’humour ce qui fait irrémédiablement le charme de l’aventure. La bonne idée, surtout, est de proposer un passage d’apprentissage des commandes via un petit moment de vie d’enfant d’une Morgane qu’on apprend ainsi à connaitre dès son plus jeune âge. Ses amis aussi auront grandi d’un acte à un autre et déjà, alors que cela ne fait qu’une heure qu’on est lancé dans la partie, on a envie de savoir ce qu’ils sont devenus. Le charme opère, c’est bon signe.

Quatre iles sont alors au coeur du jeu, permettant de passer d’un plan à l’autre sans jamais subir la répétitivité des décors. On fera évidemment des allers et retours sur ces différentes iles au grès du scénario, mais ce sera toujours avec un minimum de nouveauté et d’évolution de la population locale. Quelque chose qui fait réellement plaisir à voir.

PC vs. Consoles

Sur PC, la souris fait son office. Sur Nintendo DS, le tactile est pratique. Sur Nintendo Wii, la Wiimote est salvatrice. Mais sur PlayStation 3 ?

Eh bien curieusement, deux choix s’offrent à vous et il faut avouer que les deux sont de qualité. Soit vous utilisez le Move, cet accessoire désormais déjà oublié mais qui a pourtant beaucoup de qualités, soit vous jouez à la manette. Plus difficile à gérer avec la DualShock, ce point & click n’en est pas moins très jouable une fois qu’on prend le temps de s’y adapter. Les boutons sont bien placés, les contrôles du personnage principal se font autant au curseur qu’avec le stick analogique et seul l’inventaire, un peu fouillis, va poser quelques problèmes d’énervements. On s’y fait non sans mal.

Plusieurs aides sont au rendez-vous, rendant d’ailleurs le jeu assez simple d’accès (malgré quelques rares énigmes vraiment difficiles). Vous pouvez tout d’abord faire apparaitre de petites étoiles sur tous les objets et personnages cliquables du jeu, afin d’éviter toute “chasse aux pixels” que les plus vieux ne connaissent que trop. Aussi, les dialogues (souvent drôles) sont assez dirigistes et ne vous laissent jamais sans que vous ne sachiez ce qu’il faut faire pour continuer l’aventure. Tout cela apporte néanmoins une certaine facilité d’accès que les puristes reprocheront aux développeurs, même si évidemment il ne tient qu’au joueur de ne pas activer les options d’aide.

Quelques déceptions…

Captain Morgane et la Tortue d’Or est un jeu d’aventure très sympathique, dépaysant, mais pas exempt de défauts pourtant facilement évitables. Tout d’abord, on pestera devant ce doublage français oscillant entre le manque de conviction et le jeu d’acteur franchement navrant. Ce n’est jamais mauvais au point de s’en moquer, mais on aurait néanmoins réellement adoré avoir le droit à des voix motivées, pleines de talent, qui sublimeraient l’écriture de l’aventure.

Autre problème : les graphismes sont magnifiques la plupart du temps, avec des fonds sublimes, du dessin adorable, mais tout cela est diminué par une modélisation des personnages un peu trop rapide et surtout, des animations franchement en deçà de ce qu’il est possible de faire maintenant. Alors inutile d’en vouloir aux développeurs pour cela, tant il n’est pas si simple (et assez couteux) d’avoir le droit à des animations de grande qualité. Par contre, peut-on pester franchement sur ces nombreux changements de look totalement déconcertants ?

Avec son style de bande dessinée, le jeu se transforme en dessin animé pour enfant lors des cinématiques et en phases manga kawaï lors des minis-jeux. Ceux-ci sont d’ailleurs sympathiques, mais très simples et sans grande originalité autre qu’apporter un peu de diversité au gameplay. Bref, à vouloir proposer un jeu d’aventure grand public et plein d’originalité, les développeurs se révèlent finalement meilleurs que lorsqu’ils reprennent les codes du genre.

Du bon pointé cliqué malgré tout !

Ne prenez pas la fuite, car si Captain Morgane et la Tortue d’Or a évidemment ses quelques soucis, il n’en est pas moins totalement accessible, plutôt joli (pourvu qu’on ne se penche pas trop sur les minijeux) et propose une histoire plus que passionnante. Elle est pleine de clichés, mais on y accroche sans mal. Grâce au rythme, à la suite de quêtes bien ficelées et aux embranchements scénaristiques qui parviennent malgré tout à surprendre. Comme souvent, ce qui fait la force d’un bon point & click est évidemment son histoire et sa durée de vie, bien au-delà du gameplay. Captain Morgane et la Tortue d’Or est de ceux-ci, malgré son évident fouillis artistique.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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