Botanicula

Les créateurs de Samorost et Machinarium nous reviennent enfin, après un tout petit encart nommé Osada. Encore une fois, la musique est au centre de ce point’n click aux airs d’ôde à la nature et à la poésie. Prêt à débourser quelques deniers, même si vous n’êtes pas fans du genre ?

Suspens impossible.

Ce qui est amusant avec les deux Tchèques d’Amanita Design, c’est qu’ils ont le mérite de tout de suite clarifier la situation. A grand coup d’introduction sublime, d’animations “saccadées” façon “personnage de papier” et avec une bande-son d’exception. C’est tout cela Botanicula et ce, dès les premières secondes du jeu. L’histoire ? C’est celle de cinq petits êtres qui vont parcourir un monde végétal envahi par des araignées maléfiques. Ils vont devoir se frayer un chemin jusqu’à la dernière branche de leur foyer qui n’est pas encore infestée par leur Némésis.

D’un clic, vous contrôlez donc les cinq personnages d’un coup. Sur des écrans fixes ravissants, très colorés, aux effets de lumières saisissants et émerveillant, vous cliquez donc sur une multitude d’objets interactifs qui auront, ou non, une conséquence sur la suite de votre aventure. Vous y trouverez un petit ver de terre qui se promène, sans aucun rapport avec votre quête, ou bien carrément un objet vous permettant de déverrouiller la suite de votre traversée. Très accessible, l’atmosphère narrative (et pourtant sans dialogues) de Botanicula plaira autant aux petits et grands.

Mais seuls les grands (ou les jeunes téméraires) sauront parcourir l’aventure avec intérêt. Via des énigmes de très haute volée : tellement bien pensées qu’elle ne necessitent même pas d’explications ou d’aide, comme ce fut le cas avec Machinarium. Tout coule de source et si vous êtes bloqué, il s’agit toujours de votre faute. Jamais le jeu ne manque d’information ou ne va trop loin dans le clic à ne pas rater. Tout est logique, du début à la fin, tant est qu’on puisse affirmer ce monde comme censé.

Poésie de tous les instants…

C’est très énervant, un tel titre de paragraphe. On est alors persuadé de se retrouver devant un jeu très élitiste, pas du tout accessible. Cependant, Botanicula est tout le contraire. Il met en scène des choses que l’on a l’habitude de voir dans un jeu d’aventure à la souris, tels que des mini-jeux, des personnages annexes complètement loufoques, sans pour autant manquer d’originalité. Il propose un univers effectivement très “Indie” sans jamais être prétentieux. Botanicula est très simplement beau.

Sans parler des musiques… Quelles merveilles ! À peine sortie, l’OST se classe déjà comme l’une des meilleures entendu depuis le début de cette année 2012. Encore une véritable merveille à partager entre amis, à se réécouter lors de longues sessions de travail sur traitement de texte, comme c’est le cas pour moi actuellement. Botanicula est donc visuellement et musicalement parfait. Les sons ne sont pas en reste : le jeu est très musical avec un petit son pour chaque interaction. Il y a même quelques interactions spécifiques permettant de faire un peu de musique (avec des crapauds, par exemple). Enfin, le choc des sons se fait surtout entendre lorsque sont confrontés des personnages “gentils” et d’autres “méchants”. Les instruments ne sont pas les mêmes et c’est ainsi qu’on nous raconte l’histoire, sans jamais avoir besoin d’autre chose que d’un visuel simple, mais d’un sublime sans pareil et de musiques de très haute qualité.

Impossible d’en dire davantage

En effet, Botanicula ne se raconte absolument pas ! Sachez juste que comme dans Machinarium, vous allez devoir traverser plusieurs niveaux toujours connectés, avec évidemment quelques découpes en “épisodes” pas clairement définies mais bien présentes. La difficulté va crescendo : c’est assez simple et logique pour devenir bien compliqué et un véritable arrache de cheveux pour les moins habitués. Mais jamais Botanicula ne lasse le joueur avant d’être terminé.

Voilà. Amanita Design a encore gagné son pari, je vous ai encore encensé sans vergogne un jeu indépendant de très haute qualité et vendu comme je suis, je vous écris ce test avec la bande-son du jeu dans les oreilles et la furieuse envie de m’y replonger de suite. Membres d’Amanita Design, je déteste vous adorer ! Vous êtes des génies vous m’entendez ? Des génies ! Impossible de trouver un défaut à votre jeu, ils n’en ont jamais de véritables. Mieux encore : vos jeux commencent sincèrement à devenir de véritables références vidéoludiques de ces dernières années. Botanicula est à mon sens un titre inoubliable, qui fera date.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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2 pensées sur “Botanicula

  • 25/04/2012 à 20:52
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    Que d’eloges ! Il faut absolument que j’y joue.

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  • 26/04/2012 à 11:47
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    Des éloges mérités! Un seul reproche? C’est tout de même court (plus que Machinarium je crois), et on a regrette de quitter cet univers original aussi vite.

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