TerraForm

C’est dans les pots les plus classiques qu’on trouve les meilleurs jeux originaux. Holgersson Entertainment le sait très bien et c’est pourquoi, via une simple idée de Terraforming, ils nous en proposent un jeu très différent de ce à quoi l’on pouvait s’attendre.

Terraformation continue

Sur une carte en 2D, faite d’hexagones symbolisant plusieurs types de terrains (neige, eau, foret, plaine, glace, etc), votre rôle est de terraformer, de “transformer” ce monde de la façon dont vous le demandent vos instructeurs. Certains hexagones possèdent une petite icône (souvent trop petite d’ailleurs) vous indiquant quel type de terrain se doit d’être disposé en ces lieux pour que vous puissiez terminer ce niveau. Vous avez alors quelques outils à votre disposition, vous permettant de creuser, aplanir, couper, planter une forêt, mais encore lancer une météorite dans un niveau plus élevé. A chaque tour, vous effectuez vos actions et une fois le tour validé, vous en voyez les conséquences. Bien sûr, chaque niveau est limité en tours. Il va donc falloir être très vigilant.

Le concept de Terraform s’étale sur une centaine de niveaux, partagés entre plusieurs “cycles ” de carrière : étudiant, financier, chercheur, vous passerez de poste en poste avec toujours plus de défis difficiles à affronter. Un petit scénario politico-sympathique est de la partie, même si on ne retient pas le jeu pour cela. Ce qui est intéressant dans Terraform c’est indubitablement son concept d’hexagones à gérer au tour par tour. Particulièrement prenant, le jeu nous permet en plus de modifier nos bêtises et de tenter plusieurs stratégies en revenant à des précédents tours ou à la précédente utilisation d’outils. On peut donc, assez librement, rapidement essayer plusieurs idées pour trouver la bonne solution. Terraform est donc une sorte de jeu de stratégie et d’énigmes.

Terraformidable ?

Le titre d’HolgEntertain est clairement perçu comme très amateur graphiquement, avec ses pixels grossiers, ses personnages aux traits peu soignés, mais il ne manque pas d’éclat pour autant. Tout d’abord parce que l’ambiance visuelle, assez sombre au demeurant, est très bien posée et que chaque élément est à sa place. On a pas l’impression d’avoir un mélange imbuvable de plusieurs styles graphiques : un seul est proposé et se retrouve des icônes aux protagonistes jusqu’au menu. Aussi, les musiques ne sont pas en reste avec des compositions parfois sublimes qui rendent le jeu encore plus chronophage tant on s’y sent bien.

Enfin, il y a un éditeur de niveau très sympathique (bien que peu précis lors de la pose d’hexagones à la souris) qui vous permet de partager vos créations en ligne. Cela permet d’obtenir toujours plus de durée de vie et surtout, les fins stratèges pourront ainsi se retrouver dans la peau du créateur plutôt que du chercheur de solution.

Néanmoins, Terraform est très élitiste. Au bout d’une dizaine de niveaux après le tutorial, on commence déjà à s’arracher les cheveux. Chaque nouveau type d’hexagone ajouté au jeu est un cran de plus à supporter pour une difficulté incroyable. Sincèrement, Terraform n’est pas du tout pour les débutants. Il est pour ceux qui déjeunent avec Civilization V, se font un peu de Frozen Synapse le midi et dinent avec un bon gros jeu Paradox Interactive. En gros, ce n’est pas pour les mauviettes…

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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