Wanted Corp

Il y a des jeux qui débarquent en surprise à la rédaction, sans que jamais nous ne nous y attendions. Wanted Corp fait partie de ceux-ci et c’est avec une réelle envie d’en parler “en bien” que ce test commence. Mais comment finit-il ?

Maddogg et Irina : chasseurs de primes

Tout commence dans le QG d’une étonnante agence ou deux soldats surentrainés, Maddogg (le bourrin) et Irina (la force stratégique et magique) font équipe pour sauver l’univers. Le scénario n’est pas bien compliqué, mais a au moins le mérite d’exister, via un ordinateur de mission très bavard : deux camps d’ennemis s’affrontent sur d’étonnantes planètes, foncièrement dans le but de prendre le pouvoir, après que leur vaisseau-prison se soit écrasé. Qu’ils soient de grands singes surarmés ou des humanoïdes divers et variés, les adversaires sont clairement stéréotypés. Tout le scénario est d’ailleurs d’une banalité affligeante et le script ne se pose même pas les questions de la logique, du bon raccord et des retournements de situation bien amenés. Ici, il est surtout question de tirer dans le tas et de coopérer… Si possible avec un ami bien humain.

Action-shooter très simplifié, Wanted Corp vous met donc aux commandes de Maddogg, principalement axé vers les armes à feu et les grenades bien explosives, mais aussi d’Irina, qui peut frapper d’éclairs une zone de l’écran et ligoter pendant un cours laps de temps ses ennemis. Ceux-ci seront alors à capturer histoire de gagner davantage de points. Vous pouvez clairement jouer avec l’intelligence artificielle si vous êtes du genre à ne pas avoir d’ami proche de chez vous, mais ce sera une vraie gageure. Celle-ci est monstrueusement stupide et va même jusqu’à vous bloquer dans l’évolution de la partie : en ne traversant pas un champ de force avant qu’il se ferme, par exemple.

Le gameplay est si particulier, si dirigiste et facilité, que l’I.A peine à s’en servir correctement. Comme le joueur me direz-vous, mais au moins a t’il la possibilité d’évoluer et d’apprendre à faire avec les nombreuses tares de la prise en main proposée. En l’état, l’intelligence artificielle ne parviendra jamais à faire avec les tirs à la visée semi-automatique, aux munitions trop limitées, aux rechargements qui manquent clairement de dynamisme, à toutes ces petites choses qui font d’un gameplay quelque chose de raffiné : le soin apporté aux détails. Wanted Corp ne fait rien avec finesse, fait du “rentre-dedans ” artistique en pensant que plus c’est gros, plus ça passe. Sauf que là, ça coince violemment.

Un jeu beaucoup trop ambitieux !

On sent la volonté de bien faire derrière cette recette du jeu d’action plutôt banal, mais sur le papier, très prometteur point de vue amusement. En l’état tout est fait pour que ce soit fun à outrance et jamais prise de tête. Mais comme précisé précédemment, il n’y a aucune finition : tout est plus ou moins baclé, jamais terminé, avec de gros bugs à la clé et un total déséquilibre des forces entre les héros et les ennemis. Les boss apparaissent avec trois fois plus de vie, vos évolutions de personnages se font bien trop rapidement (surtout si vous jouez avec l’I.A et que vous ne dépensez aucun point pour la faire évoluer, vu qu’elle ne vous sert à rien) et surtout, la douzaine de missions proposée se termine en 4 ou 5 heures en ligne droite. Rien que ça.

Pourtant, tout est a jeter ? Et bien curieusement, absolument pas. Le seul bon point de ce jeu terriblement décevant, arriéré, sans aucun plaisir de jeu et d’un claccissisme à faire pâlir n’importe quel TPS-like sur consoles, réussi à proposer un système de jeu très sympathique. Un principe de scoring basé sur le job de nos héros, des chasseurs de primes, qui plutôt que d’enchaîner du “score” vont augmenter une jauge de “prime”. Chaque ennemi tué rapporte de l’argent et plus ont enchaîne les ennemis vaincus, plus on gagne d’argent. Dans le même ordre d’idée, le personnage d’Irina peut, comme précisé plus haut, ligoter ses ennemis avec une sorte de corde électrique. Capturer vos adversaires vifs plutôt que morts vous apportera davantage de points. Au final, l’aspect Scoring du jeu est le seul élément amusant de la partie et on s’intéressera davantage à la course aux points disponibles une fois un niveau terminé qu’au mode scénario pourtant obligatoire si l’on veut tout débloquer.

Un bon élément de jeu dans un marasme de défaut ? Voilà qui est bien compliqué à conseiller. C’est pourquoi Wanted Corp n’est clairement pas à proposer aux amateurs du genre, même pas à ceux qui tenteraient de s’y plonger. Sa sortie en version boite est une grosse erreur pour un jeu très amateur et loin d’être réussi. Quelquefois, les sorties confidentielles et à petit prix peuvent vraiment faire la différence. En l’état, Wanted Corp risque surtout d’être la cible favorite de la presse dite spécialisée qui ne verra ici qu’une simple daube de plus là où il faut surtout y trouver un projet relativement raté, mais qui n’est pas non plus d’une honte phénoménale. Mais qui tentera de faire la différence ?

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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