Space Hulk

Jeu de plateau créé par Games Workshop à la toute fin des années 80, Space Hulk reprend les Space Marines chers à l’univers Warhammer 40.000 et les transpose dans un univers spatial. Ils font alors face à des Genestalkers, des aliens bien horribles qui se cachent dans un vaisseau spatial en pleine dérive. Typiquement le genre d’épave oublié que l’on nomme un Space Hulk.

Rien de nouveau depuis MS-DOS

Déjà adapté en jeu vidéo sur PC, Amiga et 3DO en deux jeux plutôt réussis, l’univers du jeu de plateau Space Hulk nous revient aujourd’hui dans un tactical extrêmement lent et simpliste. Tout commence avec un petit tutoriel de trois missions ou, dans les très peu nombreux couloirs sombres d’un vaisseau (ne comptez pas y trouver plus de quatre ou cinq bifurcations, si ce n’est dans les missions les plus proches de la fin du jeu), vous devrez sauver vos marines des adversaires qui vous assaillent. Les objectifs sont au début très simples : survivre en tuant un certain nombre de Genestalkers, incendier un poste de contrôle, amener au moins trois marines sur un point de téléportation, etc. On a fait plus original mais passons, parlons surtout du manque de dynamisme d’un jeu qui avait tout d’un grand sur le papier.

Vous contrôlez au tour par tour chacun des Space Marines que vous possédez. Après les avoir placés sur la carte, vous les faites se mouvoir en dépensant des PA, des Points d’Actions. C’est là que commence le calvaire avec une lenteur de déplacement incroyable… Comprenez bien que pour la mise en place de l’univers, l’atmosphère pesante que doit être un vaisseau à la dérive infesté d’aliens, ces déplacements auraient pu être complètement géniaux à jouer. Mais en l’état il n’y a aucune pression quelconque sur les épaules du joueur puisque d’étranges lumières rouges se cachent dans ce que l’on peut appeler le brouillard de guerre, histoire de nous signaler que des ennemis vont apparaitre ici dans les prochains tours. Où est la peur de se faire assaillir ? Du coup, les déplacements lents n’ont aucun intérêt si ce n’est d’être fidèle à ce que doit être un Space Marines et donnent un coup violent au rythme du jeu. Un petit bouton pour les accélérer, par exemple, n’aurait pas été du luxe !

Vous possédez plusieurs classes de Space Marines : le tirailleur, le bourrin au lance-flammes, etc. Chacun a ses compétences spécifiques, ces actions uniques et pour reprendre l’exemple du lance-flammes, son gros attirail lui permet de faire flamber plusieurs cases afin de griller de l’ennemi et surtout, d’en condamner l’accès pendant un tour. Le meilleur moyen de se défendre contre un amas de Genestalkers qui débarque d’un seul coup.

Même joueur joue encore…

Tout au long des trois missions du tutorial et de la douzaine proposée dans la seule campagne disponible dans le jeu (nul doute que des DLC viendront en ajouter), nommée Sin of Damnation et très connue des fans du jeu de plateau original, vous effectuerez toujours les mêmes actions. Vous protégerez vos alliés, vous pourrez faire tourner vos Space Marines sur eux-mêmes pour couvrir toutes les directions et vous suivrez des directives à la lettre sans aucune liberté. Les couloirs étant ce qu’ils sont, vous n’aurez pas de regroupement si ce n’est dans les rares salles à découvrir et concrètement, c’est du face à face perpétuel avec les ennemis. Du lancer de dès basique qui vous dira si oui ou non vous faites l’affaire.

Tout cela lance, aléatoirement, tout le temps ou jamais (c’est vous qui choisissez dans le menu des options) des caméras d’action qui zooment sur les personnages pour nous montrer un Space Marines en train de tirer, un alien en train de crier qu’il est un alien et très méchant, etc. C’est sympathique, mais un peu répétitif, néanmoins cela donne un peu de pep’s à un jeu qui en manque cruellement. Reste enfin à parler de ce qui reste la plus belle des features de ce jeu franchement pas très original : la caméra embarquée. En haut à gauche de l’écran, vous verrez tout ce que votre unité sélectionnée voit en temps réel et c’est très réussi ! Cette petite caméra donne un peu d’immersion dans un jeu au ras des paquerettes qui devraient même décevoir les fans du jeu de plateau original tant il est basique.

Le pire étant qu’il est vendu très cher ! C’est pratiquement 30 € pour un titre qui n’est pas fini (vu que de nombreux DLC vont venir compléter la durée de vie d’à peine 8 heures en solo) et qui possède un mode mulitjoueur local certes sympathique, mais déplorable en ligne, avec… une limite de cinq serveurs, ce n’est pas une blague. Tout cela pour un titre qui parvient à ramer sans raison, où les Space Marines traversent des murs à la diagonale lors de leurs déplacements et où on fait constamment la même chose sans aucune once de véritable stratégie en fond, sincèrement, quelle déception !

Reste que Space Hulk est à revoir sur la longueur. Après tout, avec davantage de contenu et quelques corrections de bugs, le jeu peu changer d’aspect et devenir bien plus qui n’est aujourd’hui. Car visuellement il est correct (moche mais assez bien pensé pour être efficace) et l’ambiance Warhammer 40.000 y est très bonne. On regrettera juste un manque total de musiques aussi géniales que le thème du menu principal lors d’affrontements un peu lassants, qui manque de théâtral comme X-COM l’a su très bien faire récemment. En clair, voici un conseil d’optimiste : ne l’achetez pas tout de suite, attendez qu’il s’améliore.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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