Puppeteer

Annoncé à la GamesCom en 2012 et plutôt attendu depuis, le petit Puppeteer (deux P et deux E !) sort sur PlayStation 3 juste avant Grand Theft Auto V et Beyond, histoire de faire plaisir aux enfants avant que les parents ne leur piquent la manette des mains. Mais justement, les parents, ne sont-ils pas aussi une potentielle cible pour ce titre mignon, mais pas bête ?

L’histoire merveilleuse de Kutaro

Kutaro est un enfant ayant été transformé en marionnette par le Roi-Ours, un ancien ours en peluche transformé par la Pierre de Lune et qui a décidé de trahir sa maitresse, la Déesse de la Lune. Ensuite, ce même Roi-Ours maléfique a coupé la tête de bois de notre héros, histoire d’être certain d’aller jusqu’au bout pour s’en débarrasser. Malheureusement pour lui et heureusement pour nous, Kutaro est encore bien vivant et possède désormais la faculté de remplacer sa tête par n’importe quelle autre tête coupée. En soi c’est gore, mais comme dans un film d’animation de Tim Burton, c’est aussi magique et plein d’imaginaire…

Le jeu se présenter sous la forme d’un titre d’Action/Plateforme assez peu souple. Kutaro avance lentement, les sauts sont mous et rapidement on ne comprend pas où veulent en venir les développeurs. Heureusement, on trouve notre premier pouvoir : les ciseaux, nous permettant de nous battre (ce qui est déjà une nette avancée) et de couper tout ce qui peut l’être. En coupant, on peut du coup planer dans les airs. Tant qu’il y a des feuilles, des nuages ou toute autre matière à couper, vous restez dans les airs à couper sans cesse jusqu’à vous rendre où le level-design veut bien vous emmener. Là aussi c’est très peu fluide et assez lourd à contrôler, mais ça a au moins le mérite d’être original et amusant.

D’autres pouvoirs sont à déceler, comme le bouclier qui renvoie les dégâts ou les bombes, que vous pouvez lancer ou poser. Mais ce qui fait le charme de Puppeteer, c’est clairement son ambiance théâtrale où chacune des parcelles du niveau se met en place comme un décor de carton-pâte et se raconte comme un livre pour enfant.

Il était une fois…

Clairement destiné aux enfants avant tout, Puppeteer bénéficie d’un doublage incroyablement réussi, sans aucun doute l’un des meilleurs de cette année vidéoludique. Entièrement en bon français, bien traduit et joliment adapté sur quelques blagues, le doublage donne tout son sens à la narration qui se pose en véritable conte pour enfants interactif. Certaines cinématiques avant et après les niveaux rivalisent de génie visuel pour proposer une expérience de spectateur réellement intéressante. On se croirait rapidement devant un dessin animé tant l’histoire est bien construite et les scènes joliment montées. Le narrateur possède une voix qui plus est loin d’être frustrante et le tout est un délice pour les oreilles et les yeux.

En jeu aussi, le décor se met en place, se démonte, se remonte et tout est fait de papier et de carton. Sept actes sont à terminer, avec deux niveaux et un Boss pour chacun. Chaque acte comporte son lot de têtes à trouver : vous pouvez en porter jusque trois et chacune possède un pouvoir qui ne sert à rien d’autre qu’à ouvrir des passages vers des niveaux bonus (consistants principalement à de la chasse aux fragments de lunes, vous permettant d’obtenir plus de vie). On est d’ailleurs méchamment déçu de voir que les têtes ne servent qu’à ces bonus et symboliser le nombre de vies restantes avant de devoir recommencer le niveau ! Certes, quand on se fait toucher, on peut aller chasser sa tête pour annuler la perte de vie, mais tout de même… On aurait aimé voir beaucoup plus d’interactions entre les différentes têtes à découvrir et les éléments du niveau.

PlayStation Move et 3D Relief

Là ou Puppeteer fait dans l’excellence, c’est dans l’utilisation de deux technologies “gadgets” ici vraiment bien utilisées. La première est le PlayStation Move qui vous permet de cliquer un peu partout à l’écran pour déceler quelques secrets et actionner des objets. Normalement, à la manette, il faut utiliser de façon peu pratique un bouton ou, si on a des amis, leur proposer de s’ennuyer un peu à jouer le rôle du compagnon qui clique un peu partout à l’écran. Avec le PlayStation Move, c’est nettement plus agréable et surtout, pour les enfants, c’est très amusant.

L’effet relief est lui aussi des plus réussis puisque toute la mise en scène s’en sert à longueur de temps avec beaucoup d’idées et d’envie de faire plaisir à ceux ayant craqué pour un téléviseur compatible avec l’effet Relief qui gonfle furieusement la facture de celui-ci. Chaque combat de boss est par exemple une vraie démonstration de génie prouvant que cet effet qu’on dit malencontreusement “3D” (le terme est totalement faux) a de bons points à mettre en avant et que bien utilisé, se peut être un vrai plus. La preuve avec ce conte interactif de qualité.

Alors certes, Puppeteer est vraiment ennuyant pour ceux qui n’accrocheront pas à l’ambiance c’est indéniable, mais ils seront sans aucun doute peu nombreux. Aussi, le gameplay est assez mou, le jeu très simple, mais tout fonctionne néanmoins à merveille pour qui plongera dans cet univers mi-glauque, mi-fantastique. En tous les cas, voici un jeu d’Action/Plateformes pour enfant qui sort complètement des sentiers battus et qui mérite toute votre attention, ne serait-ce que pour ses nombreuses originalités. Et pour une fois qu’on ne prend pas les bambins pour des petites têtes écervelées, cela fait du bien !

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

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