Eldritch

A l’époque où j’étais encore au lycée, on n’avait pas tout ces smartphones pour nous occuper. Non ma bonne dame, moi à cet âge là, pour patienter le temps du trajet dans le train, j’avais des livres, et pas des numériques projetés par un écran portatif. Je m’étais alors plongé dans la fantasy avec J.R.R. Tolkien et la science-fiction avec Philip K. Dick. Mais en ce qui concerne l’horreur fantastique, Howard Philips Lovecraft me donna mes premiers frissons littéraires. Pourquoi vous-dis je cela ? Tout simplement parce-que Eldritch est censé s’inspirer de ses écrits. En route pour l’aventure !

Des labyrinthes fait de blocs

Vous voilà enfermé dans une bibliothèque sans issue. Vous aurez beau chercher, il n’y en a aucune, seulement des livres, beaucoup de livres. Trois d’entre eux se démarquent d’ailleurs. Ils sont chacun posé sur un piédestal dont un qui est mystérieusement ouvert et flottant dans les airs. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Vous vous sentez inexorablement attiré par cet ouvrage. A son contact, vous vous sentez tout chose. Quand vous rouvrez enfin les yeux, c’est pour remarquer que vous n’êtes plus dans la bibliothèque, mais dans une espèce de grotte humide dont des algues recouvrent les parois. A vos pied, un journal et une boussole, et plus loin, les gémissements de quelque chose, ou quelqu’un, mais que vous n’arrivez pas à identifier. Vous remarquez que le livre que vous aviez touché tantôt est à côté de vous. Il vous ramènerait sans doute en arrière, mais votre mission est de retrouver l’âme de divinités extra-terrestres. Peut-être ainsi arriverez-vous à trouver le moyen de rentrer chez vous, pour de bon….

Ces trois livres sont des portes ouvertes vers l’antre des Grands Anciens, les dieux fondateurs de la mythologie ”lovecraftienne”. Le premier est le monde aquatique de Dagon, puis viens ensuite celui à l’arrière goût d’Égypte ancienne de Nyarlathotep, pour finir par le dernier mais pas des moindres, la demeure forestière du célèbre Cthulhu. Chacun de ces mondes se décomposent en trois niveaux, eux-même divisés en plusieurs étages. Les étages en question sont générés de façon semi-procédurale. En somme, ces niveaux se ressemblent tous et sont pourtant tous différents. Si le chemin n’est pas toujours le même, vous devriez trouver assez vite vos marques.

Nous partons donc à l’aventure comme promis, seulement il y a un petit souci. Vous n’êtes pas seul. De mystérieuses créatures antipathiques, les membres d’une secte dévoués à la cause des Grands Anciens (The Old Ones en anglais), et quelques pièges comme des pics mouvants au sol seront autant d’obstacles à votre progression. Vous avez alors le choix entre deux options : vous pouvez soit rentrer dans le tas, votre personnage étant particulièrement agile et rapide dans ses déplacements, ou bien vous la jouer plus finaud, et tenter de vous glisser dans le dos de ces antagonistes d’une autre dimension pour aussi bien leur planter votre lame que de tout simplement éviter tout contact avec eux.

Aventure effrayante

Pour y arriver, vous ne serez pas complètement nu sans pour autant devenir une véritable machine de guerre. La boussole que vous trouverez au début vous indiquera la direction à prendre pour trouver la sortie vers le prochain niveau. Des clés, souvent en pagaille, vous aideront à ouvrir toutes portes verrouillées. Pour vous défendre, quelques armes de jet comme des cailloux ou des bouteilles d’une bière alien (?) seront vite remplacés par les deux seules autres armes du jeu : une dague et un revolver aux munitions limitées. Le reste de l’équipement est principalement là pour vous permettre de choisir entre les deux style d’approche possible. Des talismans viendront remplacer votre boussole et pourront par exemple augmenter les dégâts que vous infligerez, une sacoche de vie vous fera revivre si vous aviez le malheur de décéder tandis que celle du serrurier fera… vous l’aurez sans doute compris. De nouvelles chaussures viendront parfaire votre attirail pour sauter plus haut, courir plus vite ou au contraire vous aider à ne plus faire de bruit à chaque pas. Parfois, vous trouverez de la dynamite, excellent pour faire exploser vos ennemis, mais l’expérience vous fera assez vite comprendre qu’elle vous sera plus utile pour vous créer des raccourcis improvisés.

Il arrivera forcément un moment où vous tomberez nez à nez avec une grande statue. Une petite prière ne vous ferait alors pas de mal, non pas pour obtenir l’absolution mais plutôt dans le but d’acquérir un pouvoir qui pourrait s’avérer utile, comme par exemple l’hypnose, histoire de vous faire quelques amis dans votre combat. Sachez qu’il y en a plusieurs de ces statues et autant de pouvoirs à découvrir, tout en sachant que vous ne pourrez en garder qu’un seul à la fois. Les utiliser a un coût, forcément, et celui-ci nécessite des artefacts que vous trouverez disséminés un peu partout dans le niveau ou sur le corps fraîchement refroidi de vos ennemis. Les dits artefacts ne serviront pas seulement de points de magie, mais aussi de monnaie d’échange avec une personne sibylline que l’on appellera vendeur, vous proposant un large choix de confiseries que j’ai cités plus haut. Vous pourriez aussi bien tenter de l’attaquer et lui voler ses biens, mais cela à vos risques et périls !

Néanmoins, pour arriver à vous constituer un arsenal digne de ce nom, il faudra fouiller de partout. En effet, Eldritch regorge de pièces secrètes à révéler, avec de la dynamite bien souvent, comme au bon vieux temps. Mais faites bien attention, car vous n’avez pour commencer que trois points de vie, et ils partent très vite si vous n’y faites pas attention. Ô, bien sûr, vous trouverez avec persévérance, et si vous avez de la chance, des fontaines de jouvences qui vous soigneront tout en vous ajoutant un cœur supplémentaire. Ce jeu reposant sur une génération aléatoire de ses niveaux, il en est de même pour tout le reste, fontaines comme munitions, artefacts et tout le tralala. A chaque résurrection, vous redémarrerez de zéro, les mains vides, et vos yeux pour pleurer. La seule chose qui reste, ce sont vos pièces d’artefacts si vous avez la présence d’esprit de retourner dans la bibliothèque pour les déposer dans votre coffre, ou avez suffisamment fouiné sachant qu’il y a une réplique de ce coffre dans chaque monde, la plupart du temps caché.

Oui mais…

Plutôt ouvert dans son approche dans un environnement pourtant fermé, il est possible de se la jouer bourrin tout autant qu’il est possible de faire dans la finesse et la discrétion. Dans les deux cas, la réussite est possible selon les capacités de chacun. Après tout, parmi l’équipement mis à votre disposition, des items peuvent renforcer aussi bien votre capacité de destruction que celle de vous la jouer infiltration.

Malheureusement, Eldritch peine sur certains points. Tout d’abord, je n’ai quasiment, pour ne pas dire jamais, utilisé les pouvoirs spéciaux mis à ma disposition. Je n’ai pas non plus exploré en détail chaque recoin des deux mondes suivants. Je n’en ai pas eu l’utilité. Le monde de Dagon en effet est amplement suffisant pour faire le plein de munitions, de clés, de cœurs, etc. Une fois chez Nyarlathotep et Cthulhu, je me suis simplement glissé d’étage en étage en évitant la plupart des ennemis ayant de toute façon une intelligence artificielle très limitée et avec laquelle il est possible d’en jouer très facilement.

Je mentirai en disant qu’il n’y a pas eu quelques moments de tensions par endroits. Une partie de cache-cache a toujours cet élément d’excitation en elle, mais malheureusement le processus se désarme parfois de lui-même quand on se rend compte que quelques balles suffisent à se défaire du moindre malandrin que l’on pensait plus robuste que cela et enlevant toute crainte. Je me suis donc contenté de courir, de m’infiltrer à travers le complexe réseau de portes de certains niveaux, ou bien ait utilisé la dynamite pour me créer de nouveaux passages salutaires, le tout dans le but de ”rusher” jusqu’à l’âme tant désirée.

Bien évidemment, si je m’étais mis à fouiller chaque coin de chaque étage, j’aurai pu espérer trouver de nombreux trésors et ainsi faciliter ma réussite dans les derniers et ultimes niveaux. Pourtant le jeu est conçu de telle façon qu’il est possible la plupart du temps d ‘éviter ses ennemis et de tracer sa route sans éveiller ou presque leur attention.

Le principal souci avec Eldritch tient du fait qu’il ne semble pas vouloir choisir son public. Son manque de difficulté ne fonctionne pas toujours idéalement avec sa nature de roguelike. C’est un jeu relativement captivant, malheureusement, il se retrouve coincé entre deux aspects. D’un côté, le joueur plus casual risquerait d’être rebuté par le fait de devoir tout recommencer à chaque mort. De l’autre, le manque de difficulté pourrait repousser les joueurs hardcore habituellement attirés par ce genre de jeu. Le New Game Plus est le bienvenu et offre enfin plus de challenge, mais n’est disponible qu’après avoir terminé une première fois l’aventure. Il aurait été plus pertinent de le rendre disponible dès le départ surtout qu’une fois fini, la re-jouabilité n’est pas toujours évidente, malgré le côté procédural, tout du moins pas immédiatement.

Il en fallait davantage !

On est face à un titre doté d’un joli potentiel qui, pour ne pas me déplaire, a le goût des jeux façon old school. Cela risque malheureusement de ne pas suffir à certains joueurs qui auraient sans doute aimé un peu plus de défis à relever. Les ennemis sont variés par leurs apparences, mais pas toujours par leur manière d’attaquer. Les pièges sont visibles à trois kilomètres à la ronde, et ne poseront quasiment aucune difficulté. L’exploration et la découverte de multiples salles secrètes sont plaisantes. Chercher à éviter les monstres qui parsèment les niveaux également, mais il manque quelque chose.

Peut-être qu’Eldritch aurait gagné à mieux définir ce qu’il est. Ni un pur roguelike, ni vraiment un jeu classique d’action et d’aventure à la Tomb Raider, il emprunte aux deux genres, mais ne s’affirme totalement dans aucun des deux. Reste un jeu avec beaucoup de charme et de style, très agréable à manier avec son héros très agile de ses mains et de ses pieds, mais que l’on aurait aimé plus long et plus dur. Reste cependant le fait que je n’ai pas pour autant eu l’impression de perdre mon temps. Il y a de quoi passer quelques heures à s’amuser avec ce jeu, il faut seulement prendre en compte que vous risqueriez par la suite d’en voir assez vite les limites.

Eldritch manque un peu de pronfondeur dans ce qu’il offre, que cela soit son bestiaire, les armes, où les pouvoirs qui manquent d’être réellement utiles. Il est néanmoins accessible, facile à prendre en main et amusant.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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