Third Eye Crime

Rothko est un voleur de talent. Il ne s’est jamais fait prendre. La raison ? Il dispose d’un troisième œil, un don de télépathie qui lui donne l’avantage d’anticiper tout mouvement de la part de ses adversaires. Transfuge du monde mobile, c’est dans une atmosphère jazzy que Third Eye Crime nous invite à jouer de l’infiltration façon puzzle, mais cette fois-ci sur pc.

La Dame en rouge

Les ennuis pour Rothko démarrent le jour où une jeune femme avec cheveux rouge comme le feu décide d’avoir recours à ses services. Suivant le code du roman noir, Third Eye Crime mélange habilement les clichés habituels du genre avec sa femme fatale, ses méchants patibulaires et le contraste d’une esthétique en clair-obscur, même si dans le cas présent, il s’agit plutôt d’un encrage noir sur blanc, reprenant à son compte un style comics des plus seyant. Fin du fin, de la musique jazz, piano, saxo et toute la panoplie, enveloppe le tout de façon admirable.

Pour mener à bien sa barque, Rothko devra parcourir plus d’une centaine de niveaux répartis sur plusieurs lieux à visiter, chacun d’entre eux étant accompagné de cinématiques très classes, mais requérant un drag & drop (comme si vous deviez tourner les pages d’un livre avec la souris), une solution assez peu adaptée au pc. Premier mauvais point sur lequel je passe volontiers, cela restant anecdotique pour le moment si le reste suit.

Notre héros a pour but de traverser chacun de ces tableaux de forme labyrinthique, sans se faire prendre, et en y ramassant le maximum d’objets de valeur, à la suite de quoi il obtiendra un certain nombre d’étoiles selon les objectifs secondaires réussis, comme ne pas se faire repérer une seule fois ou finir dans une limite de temps imposée par exemple. Dans les faits, ces étoiles ne servent à rien, si ce n’est la satisfaction personnelle d’atteindre les 100%.

Rothko ne se déplaçant qu’à pas de loup, courir ne sera donc pas une solution pour s’en sortir. Pour arriver à ses fins, il utilisera son troisième œil pour percevoir les futurs déplacements de ses ennemis. Ces derniers se verront en effet dotés d’un cône de vision de couleur bleue. Bien évidemment, pour ne pas se faire repérer, il faudra éviter à tout prix de croiser ce fameux cône. Dans le cas contraire, d’autres couleurs de l’arc-en-ciel viendront vous donner de précieuses indications sur leurs mouvements, et plus spécialement les zones en rouge, qui indiqueront l’endroit où ils comptent se rendre en priorité.

Malheureusement, une fois rentré dans le jeu, on se rend compte assez vite que Third Eye Crime est plus proche du puzzle que de l’infiltration. Il y a relativement peu ou pas de place pour l’improvisation, la résolution de chaque niveau apparaissant en fin de compte conditionnée par une solution prédéfinie et unique. Cette impression ne joue pas vraiment en sa faveur, et peut décevoir quand on s’attendait à y trouver réellement un jeu d’infiltration.

Troisième (mon) œil

Si notre voleur se manipule globalement sans trop de soucis, on ne peut s’empêcher d’y trouver un sacré manque de précision inhérent à son support de départ qui, de toute évidence, empêche Third Eye Crime d’être pleinement appréciable côté jouabilité et interface. Pourtant, ce n’est très certainement pas de ce côté-là qu’il pêche le plus.

On regrettera que l’équilibrage des niveaux ne semble pas avoir été fait. Plutôt que de maintenir une courbe d’apprentissage progressive dans sa difficulté, il arrivera que cette dernière explose soudainement le temps d’un niveau, avant de disparaître au suivant. Heureusement (ou malheureusement), en ayant réussi suffisamment d’entre eux, le joueur pourra en zapper quelques uns, comme cela est souvent le cas dans ce type de jeu issu du mobile (Angry Birds, Hitman GO, etc).

Mais la principale raison de ma déception est dans le fond qu’il ne s’agisse pas d’un jeu d’infiltration. Comme je l’ai dit précédemment, il faut bien plus y chercher à résoudre un problème en trouvant LA solution adéquate, que de se jouer de l’IA des gardes, tout en restant discret, comme pourrait l’être un Thief en vue du dessus. Third Eye Crime n’est pas ce genre de jeu. C’est un puzzle game, qui finit par devenir redondant dans ce qu’il propose. Il se renouvelle en effet très difficilement. Il est typiquement le genre de jeu qui trouve uniquement sens sur appareils mobiles, et très nettement moins, voire pas du tout, sur pc.

C’est dommage, car il jouit d’une réalisation très réussie, hormis quelques horribles plantages du jeu, voir de mon ordinateur tout court, alors que je prenais seulement quelques captures d’écran. Ce problème étant visiblement récurent chez d’autres personnes, j’en déduis qu’il y a encore des bugs insensés pour un jeu qui ne devrait pourtant pas poser problème sur des machines aussi puissantes.

Third Eye Crime ne coûte que cinq euros, et c’est là sans doute son atout majeur. Disponible également sur iOS, je vous conseillerais plutôt cette version, même si à terme, il vous reviendra moins cher sur pc, car sans paiement supplémentaire. Ces quelques défauts mis de côté, il devrait convenir à celles et ceux qui seraient en manque de puzzles. Les autres passeront leur chemin.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
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