The Golf Club

Depuis que Tigre Bois a été incapable de se contenter des dix-huit trous de sa femme, le monde de la simulation sportive à la petite balle est orphelin de jeux dignes de ce nom. Heureusement, pour les amateurs de Martini bien tassé et de panti-shorts ridiculement blancs, The Golf Club arrive tout clinquant sur consoles nouvelles générations et pc de toutes générations.

Hole in one

The Golf Club ne s’embête pas avec les fioritures. Son écran d’accueil est fonctionnel comme une salle d’attente de médecin. Que cela soit en solo ou a plusieurs, il est très fortement possible de se faire un petit parcours de dix-huit trous ou même carrément un tournoi entre potes. De façon tout à fait basique, c’est un jeu de golf tout ce qui semble de plus classique à deux trois exceptions près qui feront la différence, en bien ou en mal.

Je ne vous ferai pas l’injure de vous expliquer les règles du golf, mais dans les faits, il faut mettre la petite balle blanche dans un trou parfois très loin à l’aide de plusieurs bâtons appelés clubs, tout ça en dosant votre taux d’alcoolémie entre deux cocktails fruités corsés. The Golf Club n’échappe à la règle – hormis pour les breuvages non fournis – et se la joue très simulation en se voulant réaliste, et forcément du coup exigeant. Le hole in one va devoir se mériter mesdames, messieurs.

C’est peut-être d’ailleurs à cause de cela, que la frustration chez le joueur du dimanche se fera immédiatement ressentir, sachant que réussir des coups en un ne sera pas chose courante. Le joueur habitué d’être assisté va découvrir que The Golf Club est plus spartiate dans son approche, et n’offre aucune jauge de puissance pour doser, et encore moins pour viser, avec la précision chirurgicale, robotique même, de la plupart de ses concurrents passés.

Chaque coup de gourdin sur la balle doit se faire presque à l’instinct. Après avoir fait attention au choix de votre club, à la façon de frapper cette balle (normal, punch, etc), à la vitesse du vent et au positionnement de votre joueur, il faudra ensuite effectuer un swing d’arrière en avant pour porter votre coup avec le plus d’efficacité possible.

Nuance détestable au début, si votre swing, qui se fait avec le joystick analogique, a eu le malheur de dévier ne serait-ce que très légèrement de la ligne droite voulue, la trajectoire de votre balle en souffrira en conséquence. D’un autre côté, avec pas mal d’entraînement, ce système peut devenir l’outil idéal pour mettre de l’effet dans votre balle, comme dans un jeu de tennis, et ainsi s’essayer à créer de belles courbes victorieuses. Néanmoins, si cela reste relativement faisable à la manette, l’exercice est beaucoup plus délicat avec une souris. Ce choix de jouabilité, peut-être contestable, se heurte à l’incroyable rigueur et précision du geste qu’il requiert, ce qui pourrait lui aliéner les plus occasionnels des joueurs.

De bonnes idées et quelques défauts

The Golf Club, tout aussi intraitable qu’il puisse être, n’est pourtant pas un partenaire de golf complètement idéal. Tournant sous Unity, il arrive à délivrer un enrobage assez séduisant, même si on s’accordera à lui trouver un certain manque de caractère. Ce n’est pas forcément l’habillage qui compte le plus dans ce genre de jeu, mais les possibilités offertes en matière de personnalisation de notre golfeur en herbe sont malgré tout un peu limitées, avec son choix de quatre gars et seulement deux femmes, mais surtout avec pour garde robe seulement trois polos Ralph Lauren et Lacoste qui se battent en duel. J’exagère à peine. Jaune canari recommandé.

Mais passons, car ce qui fait le plus peur est sans aucun doute l’optimisation plus que perfectible, avec ses performances en dents de scie. Tournant sur une assez bonne machine à base de i5 2500K à plus de 4Ghz, 8 gigots de mémoire et une petite Geforce 670, tout à fond les ballons, le framerate tousse et crache ses poumons pour tenter, tant bien que mal, de dépasser les fatidiques trente images par seconde. C’est que c’est gourmand à gérer un gazon bien taillé. Blague à part, The Golf Club aurait sans doute bien besoin d’être amélioré sur ce point, car il n’y a rien de pire que de rater un swing à cause d’un manque de fluidité. En baissant le niveau de détails, cela devient plus confortable sans pour autant être absolument parfait, ni même voir une très grande différence dans la qualité visuelle.

Heureusement, le mode de création de parcours aura de quoi satisfaire les appétits les plus féroce et peut-être, ou pas, faire oublier ce désagrément technique. Très simple d’utilisation, il est plus que possible de réaliser un total de dix-huit trous en l’espace de quelques secondes. Le moteur est assez souple et nous laisse tous pouvoirs pour moduler à notre envie le placement des trous, tout comme modifier à loisir la formation terrestre sur laquelle ils vont échouer.

Une fois un temps d’adaptation nécessaire passé, il est très aisé de faire sortir du sol nos désirs les plus fous, dans la mesure du possible. On n’est pas dans un jeu de mini-golf délirant après tout, donc on reste dans des parcours réalistes et crédibles. La seule folie reste le choix du paysage entre les verts pâturages de nos campagnes, en passant par la montagne, le désert et cie. Ensuite, il vous sera immédiatement possible de le tester pour voir si vous êtes aussi bon architecte que vous pensez l’être. Et pour vous ramener à la réalité, il vous sera également possible de télécharger les créations d’autrui.

Conclusion

N’y allant pas par quatre chemins, The Golf Club est aisément la meilleure, et peut-être aussi un peu la seule, solution viable pour taquiner la balle blanche. Si jouer avec des trous, c’est par définition sale, il faudra quand même être pour commencer, suffisamment bon pour espérer ne serait-ce que de les chatouiller. Ce jeu va attendre de vous à ce que vous vous entraîniez, car le maîtriser ne sera pas forcément chose facile.

Le joueur moyen le trouvera sans doute un peu difficile d’accès. Son système de frappe très particulier devrait en effet en refroidir quelques uns. Les autres admireront son exigence naturelle et son intéressant éditeur de parcours bien conçu.

On ne peut pour autant pas occulter le fait qu’il soit particulièrement mal optimisé sur pc. L’absence d’un véritable mode carrière l’empêchera également de fournir au joueur ce moment si galvanisant que de s’imaginer un temps meilleur golfeur du monde. Il pourra toujours satisfaire cette envie avec le mode multi en quelque sorte, se dira-t-on.

Il ne reste plus qu’à finir sur ces quelques mots bien tristes, car malgré toutes ses qualités, The Golf Club donne l’impression d’être sorti de sa phase beta trop vite. Il lui manque encore pas mal de chose, et surtout de finition, pour être réellement considéré comme le roi du green. Les futures mises à jour me feront peut-être taire là-dessus. De toute façon, tout le monde le sait, au golf, on y va surtout pour les mini-voitures.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
Vasquaal

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