Freedom Planet

Alors que Sega n’a eu de cesse de s’acharner à laisser sous respirateur sa mascotte fétiche, la faisant mourir un peu plus à chaque nouvel épisode de ses aventures ratées, voilà que la relève arrive enfin. Réalisé par et pour les fans de l’ère Mégadrive. Sonic, repose donc en paix mon ami : Freedom Planet est là.

Sonic, pourquoi es-tu Sonic ?

Résumer Freedom Planet à un simple clone des meilleurs épisodes de Sonic (çàd les tout premiers) serait faire un énorme affront à la jeune équipe de Galaxy Trail. Bien évidemment leur campagne de crowdfunding, comme c’est le cas de beaucoup de jeux indépendants en ce moment, à très certainement réussie en grande partie sur cette promesse de retrouver un peu de l’adn du hérisson préféré des vieux cons que nous sommes.

Pourtant, très loin d’eux l’idée de singer les dernières aventures de la flèche bleue japonaise. Ayant du se livrer ces derniers temps à une désastreuse chirurgie plastique pour tenter de plaire à un public toujours plus jeune, qui de toute façon s’en fiche. Non, point de cela ici, Freedom Planet préférant les gros pixels qui tâchent façon Megadrive. Avec des couleurs fluo et bariolées dans tous les sens. En somme Freedom Planet est coloré, joyeux, fou-fou et complètement dans l’esprit 90’s.

C’est bien simple, en le voyant on aurait pu le croire sorti à l’époque de la 16-bits préférée des amateurs de la moins bonne des deux versions d’Alladin. Si ce n’était pas pour l’excellente qualité sonore de ses musiques qui ont vite fait de nous ramener sur terre.

Les scènes cinématiques ingame nombreuses et parfois très longues nous rappellent également que l’on est pas tout à fait à la même époque. Mais peu importe, deux modes de jeu sont disponibles, un dit classique et un autre d’aventure. Le second vous fera vivre l’épopée de Lilac, l’héroïne principale et dragon de son état, et de ses deux amies : Carol et Milla auxquelles viendra se joindre Torque, un alien venu sauver l’univers. Plutôt que de rentrer en détail dans son histoire, incroyablement complexe pour un simple jeu de plate-formes, je vous laisse le plaisir de la découverte car elle est plutôt sympa.

S’il y a une chose à retenir concernant Freedom Planet c’est que l’on y retrouve tout une galerie de personnages sûr d’eux (en apparence), courageux et rentre-dans-le-tas. Peut-être aussi un peu prétentieux, comme l’étaient souvent les héros digitaux de notre enfance. La grosse différence tient dans ce que l’intrigue est tout de même parsemée de passages assez sombres, ce qui la différencie immédiatement d’un Sonic des familles plus jovial.

De toute façon si ça ne vous plaît pas, il vous reste toujours le mode classique pour vous en passer et simplement profiter de la dizaine de niveaux que compte le jeu. Sans avoir à vous soucier de ces imbroglios narratifs.

88 miles à l’heure

Dans les grandes lignes, Freedom Planet c’est de la vitesse et beaucoup d’adresse. C’est un jeu de plateformes à la difficulté très progressive, partant d’un premier niveau aisé à un final explosif dans tous les sens du terme. Le tout parsemé de boss de rigueur étant parfois assez complexes à gérer tant que l’on a pas compris leur façon d’attaquer.

Cependant, contrairement à ce que les légendes urbaines peuvent laisser penser, Sonic ce n’était pas que de la vitesse. En analysant finement la façon dont était conçu ses niveaux, n’importe quel joueur pouvait comprendre que les passages de pure vitesse étaient certes présents mais finalement loin d’être l’élément central du gameplay. En vérité, il s’agissait de parcours d’adresse mélangeant vitesse, précision et capacité d’adaptation. Dans les faits, un niveau de Sonic, c’était comme un parcours de skate et/ou de rollerblade. Le joueur devait faire preuve d’adresse suffisante pour enchaîner les tricks et ainsi terminer sur un bon score.

Si j’insiste sur ce point et quand bien même le jeu qui nous intéresse aujourd’hui a très clairement son identité à lui, c’est que Freedom Planet ne peut nier son héritage. La seule différence, c’est qu’à mesure que l’on avance dans les niveaux ces derniers deviennent de plus en plus complexes, parfois même labyrinthiques. Faisant parfois mentir cette première impression si ce n’est que malgré tout, d’un bout à l’autre, il va requérir de votre part une vraie maîtrise du pad. Après tout, si chaque stage n’est pas minuté mais chronométré, c’est pour une bonne raison. C’est un jeu qui appelle à la performance de haut niveau, une exigence que les speed runners apprécieront.

Pour le reste, on retrouve les bonus habituels, comme une kyrielle de bouclier aux effets différents. Entre ceux qui permettent d’attirer les cristaux vous faisant gagner des vie, un autre permettant d’aller sous l’eau, etc. Et contrairement au hérisson, nos héroïnes ont une espèce de barre de vie symbolisée par des pétales de fleurs ou quelque chose dans le genre. Cette nuance est importante, car nos demoiselles ne savent pas que courir et versent également dans les arts martiaux.

Bon, ce n’est pas non plus Bruce Lee Planet mais la différence est là. Nos héroïnes sont bien plus portées sur l’attaque que les personnages de Sega. Ce n’est peut-être pas énorme comme différence, mais suffisante pour donner à Freedom Planet le supplément d’âme qui le fait définitivement s’écarter de ses idoles pour mieux s’affirmer.

Conclusion

Freedom Planet compte une dizaine de stages, chacun pouvant vous prendre de quinze à trente minutes de votre temps. Ils sont réellement longs. Le mode aventure vous imposera la plupart du temps Lilac, l’héroïne principale, ainsi qu’une multitude de cinématiques. Le mode classique vous laissera choisir entre elle et son amie Carol, tandis que Milla disposera de ses niveaux à elle. Il est intéressant de voir que chacune se joue différemment, Lilac étant un ersatz de Sonic tandis que Carol ressemble un peu à Knuckles. Alors que Milla se rapproche d’un Tails avec un je-ne-sais-quoi de quelqu’un d’autre.

C’est une jeu qui peut s’avérer particulièrement difficile dans les derniers niveaux, notamment à cause de boss énormes et assez retors. On pourra regretter d’ailleurs un léger manque de visibilité lors de nos affrontements avec ces derniers car étant souvent énormes et très mobiles malgré tout, ils ont tendance à être très souvent hors-champ… Rendant la lecture de leurs attaques par moment compliquée.

Mais peu importe : ce qui compte, c’est le feeling. Et que cela soit par sa plastique totalement rétro et assumée, ses musiques très entraînantes, même si elles nous feront difficilement oublier les thèmes cultes d’antan, et sa jouabilité, Freedom Planet est un véritable plaisir de la plateforme. Un très grand cru. Dynamique, fun, exigeant même, on en viendrait juste à regretter qu’il n’y ait pas plus de niveaux histoire de prolonger un peu plus le plaisir.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
Vasquaal

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