TRI : Of Friendship and Madness

On reproche souvent aux jeux d’être trop carrés, trop classiques, alors les développeurs de chez Rat King ont décidé de rentre tout cela davantage triangulaire avec un jeu de réflexion à vous arracher les cheveux. Prêts pour un voyage onirique qui va vous faire chauffer les neurones ?

Pas beaucoup d’angles droits…

Dans un monde de poésie et de couleurs vives, le jeu vous accueille sans trop vous raconter d’où vous venez et qui vous êtes. La seule chose qui doit vous importer c’est cette divinité Renard qui tente de trouver un chemin bien particulier que vous seul pouvez ouvrir. Loin de moi l’idée de vous raconter (ou pire, de vous expliquer) la complexe et passionnante histoire qui se cache derrière TRI, tant les interprétations peuvent différer entre les joueurs. Il n’empêche que sa beauté saute aux yeux dès les premiers instants de jeu.

Le premier niveau est un entraînement bien tranquille : vous apprenez rapidement à vous déplacer dans ce TRI qui se joue à la première personne. Bientôt, vous découvrez un pouvoir vous permettant de créer des triangles à partir de trois points solides du niveau. Ces triangles peuvent vous servir de plateformes et vous permettront de passer des gouffres dangereux. Un triangle jaune est un triangle qu’il est possible d’utiliser, alors qu’un rouge vous est impraticable. Tout dépend du placement et de votre bon sens en termes de construction (même si quelquefois les décisions du jeu à cet égard sont incompréhensibles).

Le niveau 2 est passé, vous en découvrez les quelques idoles de renard cachées par-ci par-là et décidez d’y revenir plus tard en une deuxième session de jeu ? Vous faites bien ! Cela augmentera la durée de vie d’un jeu qui en possède déjà une bonne. Car passé trois niveaux, vous découvrez le cœur du gameplay de TRI : vous pouvez grimper sur les triangles jaunes posés aux murs et mis bout à bout, afin de courir sur les parois que la gravité vous empêche d’arpenter. C’est ainsi que le jeu démarre vraiment, en vous mettant face à des salles qui vont tourner dans tous les sens et dont vous allez devoir apprendre la moindre particularité.

La difficulté isocèle

Rapidement, il est aussi question de refléter des rayons et autres joyeusetés : vos triangles vous servent à tout et sont aussi faciles à créer qu’ils sont difficiles à bien utiliser. Vous allez vous y reprendre à mille fois, vous jurer que c’est « votre dernier essai et que ce niveau est infernal » avant d’en comprendre une partie et de passer au prochain. Vous allez maudire TRI, autant que vous allez l’aimer. Car voilà : ce jeu est d’une difficulté incroyable, vous proposant des niveaux toujours plus complexes et alambiqués, ou vous devrez en étudier la grandeur et l’ampleur avant de vous y attaquer sérieusement.

Il s’agira de tester plein de choses, d’étudier chaque salle, d’enchaîner les allers-retours tout en découvrant quelques esprits du renard qui vous narguent au loin. D’une beauté certaine, TRI n’est pas à mettre entre toutes les mains tant il est difficile d’accès. Mais quelle aventure ! Bien qu’un peu répétitive (on vous conseille, comme tout jeu du genre, d’enchaîner les petites sessions), elle vous procurera un plaisir immense à chaque succès et vous en mettra plein les yeux et les oreilles.

Artistiquement superbe, au gameplay un peu limité mais finalement très correctement utilisé par un level-design horrible de perfection, TRI est juste gâché par les quelques bugs de création de triangles qui se font (ou non) de façon très aléatoire. Au-delà de ce problème qu’on surmonte rapidement, c’est un titre de qualité qui mérite qu’on s’y intéresse sérieusement. Surtout si on aime le genre et qu’on mange du Portal au petit-déjeuner !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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