Aaru’s Awakening

Un jeu islandais ? A part avec Eve Online, c’est assez rare comme origine. Aaru’s Awakening tente de compiler plusieurs amours : le speed-run, la plateforme, la 2D et l’arrachage de cheveux en règle. Il réussit à mélanger tout cela de façon efficace et goûteuse ? Voyons-voir cela…

Dix minutes avant l’énervement

Vous ne vous attendiez pas à tout cela, quand cette voix-off calme et gentille vous annonce que vous serez bientôt le sauveur du monde de Lumenox et qu’il va falloir chasser les ténèbres avec votre aura de lumière, hein ? Ces ongles rongés, cette souris frappée sur son tapis, ce clavier martyrisé, ces développeurs insultés de tous les noms, ces mamans conspuées dans des cris mêlant colère et douleur du joueur… Vous ne vous y attendiez pas et pourtant c’est bien là, dans un jeu vicieux, méchant, qui se moque violemment de votre poire et le pire, c’est que vous risquez d’en redemander.

Pourtant cela commence comme un beau petit plateformer 2D comme il en sort des tonnes tous les ans. C’est plutôt beau, avec un effet de peinture intéressant et du crayonnés sur les animations, tout en étant parcouru de musiques douces et entraînantes sans jamais être réellement à retenir. Le premier niveau est pourtant plein d’indices : on vous demande d’effectuer une (presque) ligne droite et vous voyez malgré cela un compteur de temps, un compteur de morts, des choses qui n’étaient pas prévues à votre programme. Et bientôt, vous allez morfler.

Dix minutes après le lancement du jeu, le second niveau est démarré et c’est là que commence la douleur, le supplice, l’acharnement. Votre personnage peut bouger de gauche à droite, sauter, « dasher » une seule fois en l’air pour un dernier déplacement rapide ou pour casser un obstacle de pierre. Dans les pentes, vous pouvez glisser pour prendre de la vitesse. Rapidement vous décelez un personnage joueur un peu lent et pataud, handicapé par un gameplay qui manque un chouya de précision et qui demandera un long temps d’adaptation pour être pleinement saisi. Et puis viens la téléportation.

Deux heures plus tard…

Les mouvements au clavier, la téléportation à la souris. Avec votre mulot vous pouvez viser l’écran, charger un tir (plus ou moins fort) avec le clic gauche et si vous le relachez, le projectile est envoyé. Si vous cliquez-droit, alors vous voilà téléporté à la position de votre projectile précédemment lancé. C’est là que démarre l’horreur. Lancez un projectile sur un ennemi, téléportez-vous sur lui et vous le détruirez (à moins qu’il soit entouré de piquants). Passez votre boule de lumière dans une crevasse et elle sortira à l’autre bout pour vous permettre de continuer votre périple. Placez cette même boule dans une mélasse faisant son petit bonhomme de chemin pour accéder à des zones indisponibles autrement… Et arrachez-vous les cheveux pour faire tout cela avec un excellent sens de l’observation, pas mal de compréhension et surtout, beaucoup de réflexes.

Car quand ce ne sont pas des plateformes glissantes, des mares de poison ou des plateformes qui s’écroulent sous vos pattes, c’est carrément des rochers géants qui vous poursuivent et des ennemis vous lançant des projectiles violents qui viennent vous gêner dans votre progression. Ajoutez à cela des geysers de pétrole, des rayons de lumières beaucoup trop chargés en U.V et pourquoi pas quelques blocs compresseurs à des extrémités de niveaux pour compliquer la chose.

Heureusement, il y a quelques checkpoints (assez rares mais bien placés) pour ne pas avoir à recommencer tout un niveau à chaque mort. Néanmoins, ces checkpoint ne vous enlèvent pas le temps perdu à mourir. Et le second but du jeu, au-delà de terminer l’épopée d’une vingtaine de niveaux, c’est le speed-run. En plus d’une demi-dizaine de Boss à battre, demandant d’enchaîner les épreuves de reflexes avec brio.

Speed-Run mon amour (impossible)

Aaru’s Awakening n’a une histoire que pour poser un contexte et ne pas perdre les joueurs « lambda » mais clairement, c’est un jeu de speed-run. Un timer, des médailles en fonction du temps, un décompte des morts, des classements mondiaux en ligne et même un mode Hardcore à débloquer une fois « l’histoire » terminée : pas de doute, c’est pour les fous de la compétition et de la glorification de ses propres dons de joueur. Et tant mieux ! Car Aaru’s Awakening, malgré ces légers défauts de flottement de personnages et sa prise en main délicate, réussi à proposer une vraie satisfaction en bout de course.

C’est simple : je ne suis pas du genre à speed-runner quoi que ce soit par manque de temps, bien que je veuille le faire plus souvent. Et pourtant, j’ai relancé plusieurs fois certains niveaux du jeu pour battre les records de temps de mes propres amis Steam. Moi-même je ne me rendais pas compte d’à quel point le jeu m’avais happé dans le challenge proposé, moi qui ne suis jamais réellement le joueur aimant « la compétition » ni même les jeux hardcore.

Et pourquoi cela a fonctionné même sur moi ? Parce qu’au dela de ses réels défauts, Aaru’s Awakening est plutôt charmant, très intelligent dans son level-design, intéressant dans ce qu’il raconte et très original artistiquement. Le speed-run n’en est que plus intéressant, tant on ne veut pas partir de cet univers qui nous plaît. Ce n’est donc clairement pas un grand jeu, il aurait mérité bien plus de niveaux et surtout un gameplay plus juste à maîtriser, mais il sait se faire aimer d’un certain public qui ne boudera pas son plaisir en sa compagnie !

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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