Little Big Planet 3

Jamais deux sans trois à ce qu’on dit. Little Big Planet nous revient sur Playstation 3 et surtout 4. Pour autant, Media Molecule ne se trouve pas derrière ce nouvel épisode. Peut-être sont-ils occupés à nous concocter d’autres merveilles. C’est donc Sumo Digital qui s’y colle, déjà responsable de la meilleure alternative à Mario Kart pour le hérisson bleu. Mais tout de même, un Little Big Planet sans Media Molecule, peut-il en être véritablement un ? C’est ce que nous allons essayer de savoir de suite. Allez hop, enfilez vos pyjamas et partons pour le pays des rêves.

Une philosophie faite de carton pâte

Little Big Planet est un ovni dans le paysage vidéo-ludique. C’est une sorte de cartable d’écolier dans lequel on trouve un paquet d’outils pour faire du bricolage en tout genre. Vous vous rappelez vos ateliers d’arts au primaire ? On en est pas loin. Il y a un brin d’histoire et de contexte, des personnages hauts en couleurs et tout ce qu’il vous faut pour construire vos propres jouets. Sur mesure ou presque.

LBP3, même sans Media Molecule, ne renie pas cette formule consacrée. Sumo Digital a rendu une copie particulièrement fidèle aux originaux. Peut-être même un peu trop diront certains. Mais la qualité est d’appellation d’origine donc ça nous ira. Sur PS4, la réalisation est impeccable même si l’on sent la machine sous exploitée et qu’elle pourrait aller beaucoup plus loin. Les derniers patchs ont réglé les problèmes de framerate dont le jeu pouvait être accusé.

L’image est nette et c’est fluide la majeure partie du temps. Et plutôt joli avec ses textures de matières premières comme des tissus, du papier, des métaux. Bref, la direction artistique très marquée de la série ne change pas des masses. LBP conserve un aspect très organique, et ça c’est cool. On a néanmoins hâte de voir tout ce petit monde ou un autre univers de Media Molecule exprimer cette fois-ci pleinement le potentiel de la machine.

Pour autant, on ne boudera pas notre plaisir tant et si bien que ce notre Sackboy adoré, modulable à l’envie, reste toujours un plaisir à manier, même si les défauts habituels persistent. Notamment les sauts parfois un peu trop approximatifs à cause de l’inertie très particulière de notre héros. Néanmoins, sa panoplie de mouvements restent globalement la même que l’ajout de gadgets vient enrichir agréablement. Des gadgets qui servent la plupart du temps à résoudre de petits puzzles basés sur la physique comme cet espèce de sèche-cheveux capable d’aspirer ou de souffler de l’air.

Very Little not so Big Planet

La difficulté reste assez peu élevée dans son ensemble et fait encore une fois de LBP le genre de jeu idéal pour partager un moment privilégié et plein de poésie avec vos enfants, nièces/neveux ou avec vous-même si votre âme est restée celle d’un bambin des étoiles plein les yeux. Little Big Planet est un monde de merveilles et de couleurs fait de carton pâte, de papier mâché, de paillettes, avec un stick de colle pour lier le tout.

Le pitch de l’intrigue n’a pas énormément évolué. Il y a toujours cette idée d’un monde issu de l’imagination fertile des humains. Avec les enfants mis principalement en avant. Quoiqu’il en soit, cette liberté créatrice était menacée par des titans qui volèrent au monde de Bunkum toute sa richesse. Heureusement, trois héros vinrent à la rescousse et sauvèrent Bunkum. Sauf que la faute à pas de chance, Newton, un jeune scientifique très ampoulé en décida autrement. Les titans étant une nouvelle fois libres, Sackboy va devoir retrouver les dits héros pour sauver une fois de plus le monde de la catastrophe.

Il n’y a pas vraiment lieu de s’attarder plus que cela sur une histoire qui plaira aux plus jeunes et fera sourire les plus âgés. On retiendra la présence de ces trois héros, Oddsock, Toggle et Swoop. Ils apportent un peu de fraicheur à la formule par leurs pouvoirs, mais se retrouvent sous-exploités. Après un premier monde qui va servir de gros tutoriel, chacun des trois restants servira à libérer un héros. De ce fait, on passe relativement peu de temps à profiter d’eux.

Heroes

Ce qui est d’autant plus dommage que par sa vitesse Oddsock, sorte de chien de chiffon, peut emprunter des chemins que jamais un Sackboy n’aurait l’audace de prendre. Toggle pourra lui changer de taille à volonté. Quant à Swoop avec ses allures d’oisillon est par conséquent capable de voler dans les airs. Très amusant à manier, il est triste de ne pas avoir le contrôle total sur leur utilisation. Le jeu vous les imposera naturellement lorsqu’ils seront requis. Ce qui est plutôt contradictoire avec l’esprit d’un jeu normalement ouvert à la liberté de création. Pourquoi ne pas avoir la liberté de jouer ? Il faudra sans doute espérer que la communauté nous ponde de quoi exploiter ces nouveaux venus dans la famille LBP.

Si vous êtes du genre à privilégier le jeu pur et simple, passez votre chemin. Non pas que ce troisième volet n’offre pas de quoi s’amuser, bien au contraire. Mais tout simplement parce-que vous en aurez fini en une après-midi. LBP1 avait huit mondes à explorer. LBP2 en avait six. Le trois en a seulement quatre. (Le quatrième n’en aura que deux alors ?). Inventifs, agréables à jouer, bourrés de bonnes idées, mais peu nombreux. Il y a un semblant de re-jouabilité si vous cherchez à obtenir le cent pour cent à chaque niveau. En effet, vous obtiendrez des bonus comme des autocollants – classique dans un LBP – si vous ne mourrez pas une seule fois dans un niveau, en récoltez tous les objets, etc.

Heureusement, les trois derniers mondes sont construits sur le principe de hubs. L’accès à chacun de leur niveau se passe donc dans ces hubs qui est un niveau en lui-même avec boutiques d’autocollants et cie. Furieusement vivant, LBP3 ne manque pas de charme d’ingéniosité à l’image de ce passage obligé dans lequel notre petit Sackboy se retrouve démultiplié en plusieurs clones. Tous les clones avançant en même temps évidemment.

Pitch my game

Malgré tout cela, le jeu est court. Trop parce-qu’on s’y amuse réellement. Excepté si vous vous sentez l’âme d’un bricoleur et/ou d’un artiste. Vous trouverez une fois de plus une succession d’outils pour concevoir vos propres univers. S’il ne faudra pas s’attendre aux mêmes possibilités qu’avec un véritable moteur de jeu, son accessibilité grandement améliorée et sa simplicité de prise en main, après quelques temps d’adaptation malgré tout, vous offriront de quoi laisser votre imagination s’exprimer. Sans oublier les nombreux ajouts, nouvel épisode oblige.

On pourra ainsi faire ce que l’on veut de nos dix doigts, voire se découvrir une vocation de game designer pourquoi pas. La communauté offre d’ailleurs de s’essayer à une multitude d’expériences plus ou moins réussies et/ou terminées. Entre un semblant de shoot’em up et remake sackboyisé de Five Nights at Freddy’s, on sent que les possibilités sont larges. Seul le talent individuel fera la différence entre l’ivresse et l’ivraie.

Pour les simples spectateurs laissés sur le côté, peu rassasiés par une campagne solo un peu chiche, la quantité de choses proposées par la dite communauté apportera de quoi étouffer à minima leur faim malgré un côté fourre-tout indéniable qui peut faire peur au premier abord. On regrettera en effet qu’il soit si difficile de faire le tri entre les ajouts récents et d’autres bien plus anciens. Car Little Big Planet 3 fait en quelque sorte le lien avec les anciens épisodes en offrant l’accès à leur contenu communautaire et leurs dlcs.

Conclusion

Difficile de bouder son plaisir. Little Big Planet est magnifique et enfin fait-on honneur à son esthétique de boite à couture farfelue même si sur PS4, on aurait pu s’attendre à quelque chose de bien plus flamboyant. Le plaisir de jouer est quant à lui bien là, avec d’innombrables bonnes idées dans une campagne qui ne compte que quatre mondes seulement. Pourtant Sumo Digital y a clairement mis du cœur à l’ouvrage à l’aune de niveaux calibrés en offrant de véritables moments de fun.

L’aspect coopératif est toujours présent, en ligne ou hors ligne, mais semble limité par le peu d’occasion où celui-ci apporte un réel plus. Hormis lors de rares occasions, il s’agit surtout d’être ensemble plutôt que d’avoir besoin des autres pour réussir une épreuve ou surmonter un obstacle. Du coup, jouer à plusieurs ressemble parfois plus à une course compétitive joyeuse qu’à une véritable coopération.

Mais ce qui compte surtout une fois de plus, c’est le formidable outil de création qu’il est. Et la quantité appréciable de contenu apporté par la communauté. Si vous n’êtes pas du genre à aimer construire vos propres niveaux et que vous ne recherchez qu’un bête jeu de plateformes, alors vous risquerez de rester sur votre faim, même si ici, ils restent de qualité. Pour les autres, si l’effet de surprise n’est clairement plus là, il reste un Little Big Planet dans toute sa splendeur.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
Vasquaal

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