Sanctuary RPG : Black Edition

American Standard Code For Information Interchange : tel est le nom barbare et peu engageant de cette norme de codage de caractères informatiques que les “nerds”, informaticiens ou dinosaures, connaissent sous le nom d’ASCII que l’on utilise encore de nos jours sous forme de pop-art : on en fait des dessins, des animations, des logos et tout un tas d’objets dérivés qui se sont peu à peu greffés à la culture “geek”. “Ca nous fait une belle jambe!” me direz-vous… Et bien sachez que fut un temps on faisait des jeux avec ses caractères.

C’est quoi l’ASCII ?

Lorsque l’on vous parle de retro gaming, vous vient immédiatement à l’esprit le petit plombier moustachu sautant sur ses plateformes 8 bits, si il est un vénérable ancêtre médiévale du jeu video moderne, les jeux en ASCII représentent quant à eux le paléolithique du monde video ludique. Durant ma jeunesse j’imprimais des cartes en vue de dessus faites avec ce fabuleux ASCII afin de jouer avec mes potes à divers jeux de rôles.

C’est également avec notre ami ASCII qu’apparurent les premiers Rogue Like et autres Dongeon Crawler sur ordinateur, et c’est ainsi que là où l’humain lambda ne voyait que des formes vaguement géométriques sur une feuille ou un écran qu’un joueur avisé voyait des couloirs sombres de labyrinthes complexes, des escaliers piégés, des monstres ou des PNJ. Ainsi sont nés certains jeux mythiques comme Moria ou Rogue qui furent bien connus des possesseurs de Macintosh, Amiga Commodore et autres Atari ST sans pour autant avoir eu un succès phénoménal, la faute en revient à leurs graphismes minimalistes et au moteur principal de ces jeux : l’imagination.

SanctuaryRPG : Black Edition est un jeu de rôles créé par Black Shell Games utilisant l’ASCII à la fois comme illustration mais reprenant également certaines mécaniques de jeu propres à de très anciens titres. C’est donc dans une ambiance de nostalgie pour certains et de découverte pour d’autres que ce jeu vous propose en vue à la première personne d’entrer dans un monde extrèmement riche afin d’y incarner un personnage que vous aurez créé de toutes pièces et qui aura pour quête de libérer le monde du joug maléfique d’une terrible matronne. Votre arme principale sera votre clavier : il est chaudement recommandé qu’il soit muni d’un pavé numérique, ici pas de souris ni de manette on fait tout à l’ancienne.

Plus intéressant qu’un jeu HD ?

Ce jeu de rôles est d’une grande richesse pour peu que l’on adhère au côté visuel rétro indéniable. Vous commencerez votre aventure en créant votre personnage: vous y choisirez votre genre, votre race ainsi que votre classe et même vos origines parmi une multitude de choix. L’humour est un des piliers fondateurs de SanctuaryRPG : Black Edition, vous pourrez ainsi créé un guerrier nain masochiste ou un barbare n’ayant que trois oignons dans sa poche mais ne vous y méprenez pas, les statistiques de votre personnage et le système de combats sont redoutablement addictifs et précis.

Pour évoluer dans ce monde vous aurez principalement besoin de vos touches numériques et parfois d’autres touches comme X ou F qui serviront à effectuer diverses taches ou à activer certains pouvoirs. Durant vos phases d’exploration défileront sous vos yeux de magnifiques paysages tout en caractères et vous sélectionnerez à l’aide de votre clavier l’endroit que vous voulez visiter en appuyant sur une simple touche. Les touches 1 à 5 quant à elles vous serviront à faire vos choix comme enchaîner des coups pendant un combat, esquiver, vous replacer face à votre ennemi ou à le contourner : un système d’apparence simple mais dans la pratique véritablement tactique.

Graphiquement c’est à mon sens une véritable oeuvre d’art qui défilera devant vos yeux car dessiner un paysage est simple pour peu que vous ayez un bon coup de crayon/souris, mais faire le même paysage uniquement avec les caractères de votre clavier est une véritable prouesse et en la matière. Monsieur Angel Rodriguez qui vous offre les illustrations de cette Black Edition est un maître d’oeuvres d’un exceptionnel talent.

Mais le contenu de ce titre ne se limite pas un à banal jeu de rôles.

Vous aurez la possibilité de forger vos propres armes en collectant diverses ressources et de les enchanter mais également engager des mercenaires qui combattront à vos côtés. Un système de garde robes vous permettra de changer de panoplies et d’équipement en fonction de la situation. Les quêtes sont innombrables, un système de factions vous permettra de débloquer des quêtes spécifiques, le loot est lui aussi gigantesque, vous trouverez de nombreuses armes , accessoires et breloques magiques ainsi que nombre de potions et parchemins.

En gros, mélangez Diablo, Baldur’s Gate, Skyrim, Day of Tentacle, Dragon Age et vous aurez une idée du joyeux patchwork qu’est Sanctuary RPG : Black Edition. Si ce jeu est admirable en tout point de vue il n’en est pas moins difficile. Pour vivre longtemps dans le monde de Sanctuary il vous faudra vous plonger religieusement dans le système de combats et les statistiques de votre héro afin de survivre aux créatures hostiles des diverses zones. Les zones en question étant classées par niveaux, je vous conseille vivement de farmer longuement les zones bas level avant de vous attaquer à une créature de votre niveau : la mort dans ce jeu étant définitive.

En toute bonne foi si vous aimez l’humour à la Monty Python, la lecture, les jeux de rôles et les combats représentant un véritable challenge, je ne peux que chaudement vous recommander ce titre. La durée de vie de SanctuaryRPG : Black Edition est quasiment illimitée, les musiques (pour peu que vous aimiez le MIDI) sont fantastiques et immersives et ce n’est pas la nostalgie qui parle à ma place mais bien mon coeur de vieux rôliste qui a succombé au charme de cette oeuvre unique.

MarcheMort

MarcheMort

Rock ’n’Rôliste sadique d’alignement loyal mauvais, il aime la littérature anglaise et faire rouler les dés et les têtes. Il déteste les arcs en ciel, les poneys et les escaliers en colimaçon. Joueur de jeux vidéo compulsif depuis le règne de Justinien, il a joué en LAN avec Abdul Al Hazred. Il pratique la nécromancie au quotidien et voue un culte à Cthulhu lorsqu’il est en robe de chambre. Pour lui le jeu de rôle est un style de vie et il parle de lui à la troisième personne pour faire croire à ses lecteurs qu’il n’a pas écrit sa bio’ lui-même à quatre heures du matin.
Twitter : @Marchemort.
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