Dyscourse

Discourse en anglais, ça veut dire le discours, la conversation voire la conférence. Sauf qu’ici, il y a un Y à la place d’un I. Cette dissonance orthographique a de quoi donner la puce à l’oreille quant à la particularité de ce titre. Attendez-vous à un jeu d’aventure où il faudra prendre les bonnes décisions pour espérer survivre.

Lost

Tout a commencé après le crash d’un avion sur une île déserte. Vous y incarnez l’un de ses passagers, Rita. C’est une jeune femme pleine de volonté qui va se retrouver malgré elle dans le rôle de leader d’un petit groupe de survivants haut en couleur.

Le joueur que nous sommes devra à travers sa personne prendre différentes décisions, parfois minutées, pour elle et les autres membres de son groupe. Pourtant Rita n’est présentée que comme étant une personne comme une autre. Elle n’a ni pouvoirs, ni de statut lui procurant ascendance sur autrui. Les décisions que nous prendrons par son biais seront décisives et scelleront l’avenir de notre héroïne et de ses compagnons d’infortune.

Comme son titre nous l’avoue sans difficulté, l’action, autre que scriptée dans une scène narrative, n’aura pas vraiment droit de cité. Dyscourse est un jeu à texte amenant nos cellules grises, et un peu nos sentiments, à beaucoup de réflexion. On y pèse le pour et le contre de nombreuses fois pour essayer d’éviter, je dis bien essayer, un destin funeste à nos comparses.

Tout se joue comme un charme à la manette. Ce jeu est accessible au tout venant. Pas besoin de réflexes ou de chercher à maîtriser une jouabilité riche et complexe. Il suffit de savoir lire et de faire des choix. Comme par exemple, avec qui vais-je partager la dernière ration de nourriture ? Derrière son look cartoon, Dyscourse proposera souvent des situations très dramatiques.

And found

Son graphisme est très particulier. La vue est toujours frontale, les personnages apparaissent comme étant des figures plates et vivement colorées sur un décor aux allures de carton pâte qui laisse penser à une scène de théâtre ou un diorama érigé en l’honneur du tragi-comique.

Car derrière son esthétique enfantine aux couleurs chaudes – on est sur une île, dois-je le rappeler ? – et ses protagonistes à la bonhomie amusante, se cache un véritable drame. Dyscourse est un jeu à texte mais traitant de survie en milieu hostile. Si on n’aura pas à accumuler moult matériaux pour se construire une hutte, se faire un feu de camp et se préparer à manger, notre réussite sera dictée par une série d’événements qui vont se précipiter, des objets que l’on trouvera éventuellement débloquant de nouvelles possibilités, ou des discussions autour du feu de camp.

Le dialogue tient une place prépondérante et joue un rôle de premier ordre. Il vous en apprendra plus sur la vie et la personnalité des compagnons de Rita. Sur elle-même aussi d’ailleurs. De l’autre, il servira à dessiner un atour mystérieux, voire inquiétant sur certains personnages ou l’île elle-même. Il faut dire qu’ils sont du genre complexes derrière leurs allures de pantomimes.

Mais ce qu’il faut retenir en premier lieu, c’est que les apparences sont souvent trompeuses. Derrière les clichés ambulants (le geek, le couple de beaufs, le parano, etc), les personnages de Dyscourse, à mesure qu’on leur parle, dévoilent une épaisseur inattendue comme notre couple de vacanciers en apparence anodin, mais cachant de réels problèmes maritaux.

Une partie complète de Dyscouse peut se terminer assez rapidement. C’est sa nature de jeu ouvert et libre qui veut ça. Il est très possible d’accumuler les mauvais choix qui mèneront tout ce petit monde à sa perte en un rien de temps. Sa durée de vie est donc plus que variable.

La re-jouabilité est très bonne par contre. En offrant une multitudes de possibilités à de nombreuses situations, Dyscourse multiplie les issues possibles. Son but, au cas où il vous échapperait encore, est d’expérimenter avec le principe d’actes puis de conséquences.

Conclusion

Dyscourse est d’un style visuel original qui attire immédiatement les regards sur lui. On aime ou pas, mais cette esthétique pleine de caractère permet surtout de créer un contrepoids comique et léger aux situations toutes plus dramatiques les unes que les autres. Les issues sont tellement variées et nombreuses qu’il faudra compter en vérité plusieurs heures avant d’en voir le bout. Et pour ne rien gâcher, une campagne est offerte en bonus mettant en scène en tant que survivants quelques éminents développeurs indépendants du milieu du jeu vidéo.

Dyscourse est définitivement à part. Il ne pose aucun problème à surmonter. Il suffit de faire des choix. Plus facile à dire qu’à faire tant les personnages fantasques de cette aventure peuvent être parfois attachants. Dans une ambiance à part, pleine de sentiments, d’amertume et de mystères également, c‘est un jeu qui nous transporte le temps de quelques heures ailleurs. Le temps de vivre la survie du côté humain (avec un brin d’humour noir) plutôt que du côté des statistiques et de l’accumulation de matériaux à crafter.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.