Castle

J’essaie bien souvent d’aller aussi loin que je peux avant de rédiger une évaluation. J’ai donné mon sang et ma sueur après 5 heures de jeu et je rebute difficilement devant la difficulté : j’essuie plusieurs coups, je fais des pauses, je reprends. Castle est infiniment difficile et fastidieux. Mais surtout, c’est après plusieurs heures d’acharnement que ses défauts de jouabilité me sont apparus encore plus nets.

On ira faire des châteaux en Espagne.

Vous mélangez le Puissance 4, le puzzle, le jungle speed et ce genre de jeu survitaminé sur mobile où l’on clique comme un taré. Le principe : une ribambelle de pièces de puzzle circule au-dessus de l’écran et à vous de piquer les morceaux de château qui iront à l’endroit exact. On glisse la pièce dans le petit emplacement dédié et une grue se chargera de le faire descendre au plus bas. Comme dans le Puissance 4 on ne peut loger les pièces que de bas en haut dans la grille. Comme dans le jeu de puzzle, il faut chercher les pièces exactes puisqu’ici seul un fond noir servira de modèle. Enfin, comme dans le jungle speed, les pièces possèdent de nombreuses similarités : les ratés existent.

Enfin, vous ajoutez à ça la présence de perturbateurs à l’écran pour rendre votre vie insupportable : nuages de pluie pour rouiller les grues les rendant inopérantes, bombes qui iront exploser des colonnes entières, poules volantes (!) qui vous piqueront vos pièces de château déjà installées ; et tout autant de moyens de les contrer. Quel principe excellent n’est-ce pas ? Hélas, seulement sur le papier.

Amenez-moi le trébuchet.

On va commencer par le gros problème du jeu : sa difficulté à se tirer une balle dans le crâne. Le mode normal propose une difficulté bien dosée jusqu’au niveau 15, à partir duquel on commence à morfler jusqu’au niveau final (18). Et voilà que, dans sa grande bonté, le jeu nous accorde un mode supplémentaire : «Rois». Ici, on nous accorde toutes les upgrades et une infinité de munitions pour contrer la menace nuisible. C’est très bien, pour deux raisons : 1) ce système d’upgrades n’était guère intéressant à la base : le cumul de sous après plusieurs défaites suffisait à tout améliorer avant les derniers niveaux. 2) on se passe de la récolte manuelle des piécettes qui tombaient quelquefois en bas du niveau et qui nous contraignait à des clics supplémentaires pour les récolter, augmentant artificiellement la difficulté. Cependant, les niveaux deviennent tout simplement hardcores, tous les ennemis pouvant apparaître à l’écran, et ce, dans un flot ininterrompu. On ajoute à cela le plateau tournant qui vous offre uniquement certains exemplaires de vos pièces à la fois à l’écran, quand les châteaux possèdent une architecture compliquée et qu’il n’est pas possible de toute afficher simultanément ; le dit-plateau tournant, qui d’ailleurs file plus vite que ces fameux plateaux à sushis auxquels un restaurateur un peu trop bourré au saké aurait enclenché la vitesse supérieure.

Et pire encore, tout se fait au glissé-déposé. OUI AU GLISSÉ-DÉPOSÉ!!! C’est débile, insensé, dans un jeu qui prime la vitesse, la préparation et l’efficacité dans l’exécution. Surtout que les ratés sont nombreux ! Imaginez l’arrachage de cheveux : vous glissez la pièce enfin repérée dans le slot enfin libéré de la menace paladine (on suppose que vous avez réussi à chopper le sushi, euh, la pièce de puzzle sans missclick). Bam, le nuage arrive aussitôt, bloque la possibilité de le placer, vous oblige à aller chercher l’huile pour réparer la pince, et vous perdez votre pièce de château au passage (!!!) J’ai fait une vidéo pour vous montrer l’absurdité de la difficulté du machin (oui je suis un noskill, mais faut pas pousser mémé non plus, hein).

Au final, quant bien même on passe les derniers niveaux du mode Rois, les derniers modes n’apporteront rien de plus. Le mode « Défense du château » supprime la partie construction pour de la bête défense, comme son nom l’indique, et le mode vite expédié « Humble Constructeur » supprime simplement la présence de menaces dans le jeu : il vous insulte de noob et ne constitue en rien un mode facile digne de ce nom. Et tout ça pour une poignée d’heures de jeu.

Parallel Platypus

Humble joueur de type mediumcore, culture vidéoludique du type tartine et confiture et pokémon de type ténèbres/fée. Tendances complétionnistes chroniques au dessus de 9000.

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