The Banner Saga

Prévu pour cet hiver, The Banner Saga 2 n’est pas loin de pointer le bout de son nez sur nos écrans. Le premier jeu était sorti au début de l’année 2014 et avait tenu en haleine les joueurs en se terminant sur un réel suspens. Maintenant que nous sommes sur le point de découvrir la suite de l’aventure profitons-en pour nous replonger dans le premier opus de cette série pour le moins originale avec son univers nordique et son esprit Viking dans l’âme.

Humains, Varls et Dredges

Des évènements viendront ponctuer votre avancée, à vous de faire les choix qui vous semblent bons.
Des évènements viendront ponctuer votre avancée, à vous de faire les choix qui vous semblent bons.

Les humains vivent en paix avec les Varls, une race de géants cornus, depuis une alliance formée lors de la Seconde Guerre pour faire face à des créatures portant une lourde armure appelées Dredges.  Alors que la menace que ces derniers représentent refait surface, les humains et les Varls doivent fuir pour leur survie. Aux commandes de la caravane entrainant la population loin des hordes d’humanoïdes vous aurez à gérer leur faim, leur moral et à prendre en considération les évènements qui surviendront pendant votre voyage afin de mener tout ce petit monde dans un endroit sûr.

Un univers, une histoire, des choix sans délaisser le côté RPG du titre

L’aventure offre une expérience de jeu dans laquelle la part de narration et la part de combats est à l’équilibre. Votre caravane progresse de ville en ville et vous aurez à faire des choix qui influeront sur de nombreux facteurs (moral, nombre de combattants, nombre de vivres, renommée…).

Vous progresserez avec un groupe de héros que vous pourrez faire évoluer selon plusieurs critères : force, armure, volonté, efforts et destruction.

  • La force et l’armure sont des éléments bien connus des joueurs de RPG, ici la force détermine la santé et la puissance des coups infligés ainsi si votre héros n’a plus que 2 points de force sur 10 il ne sera plus très efficace sur le champ de bataille. Votre armure vous protège des coups et là aussi plus votre armure sera endommagée par vos ennemis, plus leurs coups seront destructeurs.
  • La volonté est utilisée pour frapper plus fort, par exemple si votre attaque sur un ennemi lui enlèverait 4 point de force, rajouter un point de volonté permettra de lui asséner un coup qui lui fera perdre 5 points de force. La volonté permet aussi de se déplacer plus loin lors de combats, c’est donc un atout appréciable qu’il faudra utiliser avec parcimonie pour se procurer un avantage car elle ne se régénère pas.
  • Les efforts sont le niveau de volonté que vous pourrez utiliser pour toute action, c’est à dire que vous pourrez enlever jusqu’à 3 points de force ou d’armure supplémentaires à vos ennemis en un seul tour ou vous déplacer de 3 cases supplémentaires.
  • La destruction détermine le nombre de dégâts que vous pourrez infliger à l’armure de l’ennemi. Votre niveau de destruction ne sera pas atténué par vos blessures et vous pourrez toujours endommager les armures avec la même efficacité.
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Les combats au tour par tour permettent d’élaborer différentes stratégies.

Chaque personnage possède également une aptitude spéciale que vous pourrez améliorer.

Des combats hautement tactiques au tour par tour

Les combats s’effectuent au tour par tour, sur une surface quadrillée où un humain occupe une case et un Varl 4 cases. Quelque soit le nombres d’unités alliées et ennemies les attaques se feront toujours à tour de rôle. Ainsi il faudra par exemple viser l’affaiblissement des ennemis dans un premier temps plutôt que de les tuer car des ennemis affaiblis vous feront moins de dommages.

Il ne faut pas non plus négliger les attaques visant l’armure plutôt que la santé/force car en effet l’armure absorbe vos coups et si votre valeur d’attaque est de 10 et que l’armure ennemie est à 8 points vous ne ferez que 2 points de dégâts.

Le placement est important lui aussi, placez donc vos Varls à l’avant comme protecteurs et comme “bloqueurs” des unités ennemies et vos archers à l’arrière etc… C’est en combat que le moral de la caravane a son importance car il déterminera le bonus ou le malus de points de volonté disponibles.

Un petit tour au camp de temps en temps vous permettra de vous reposer, de vous entrainer et d’améliorer vos personnages avant de reprendre la route. Sachez qu’en mode facile la fatigue n’est pas prise en compte mais qu’en mode normal il faudra intégrer cette notion à sa stratégie car chaque jour de repos est un jour de vivres consommées sans avancer

Lors de votre progression vous pourrez aussi être confrontés à une guerre et il conviendra d’adapter sa tactique aux différentes forces en présence. Comme pour tous les évènements qui surviennent lors de votre avancée l’issue ne sera pas toujours heureuse et on se retrouvera bien souvent à maudire la fatalité.

Un manque d’ambiance en dépit d’un univers riche

Comme vous le savez le jeu est ancré dans un monde Viking et vous aurez des références à d’anciens Dieux, des informations sur de nombreux lieux depuis la carte du monde et une biographie pour chacun de vos héros. Tous ces détails attestent d’un univers riche et travaillé. Malheureusement ce qui ressort aussi de cette richesse est qu’au départ on se retrouve plongés de plein fouet dans l’histoire sans en avoir toutes les clés. Il y a beaucoup de personnages, des antécédents d’alliances et de guerre, des traditions qu’on ne comprendra pas dès le départ et on se retrouvera un peu perdus. Un journal n’aurait pas été du luxe pour garder les faits en tête.

Conséquence de tout ceci : on ne sera pas très immergés dans l’aventure alors que cet univers se prêtait tant à de la poésie, du sang, des larmes et que sais-je. Avec l’enchainement des évènements cela s’arrange un peu par la suite mais on ne ressentira jamais beaucoup d’empathie pour notre caravane et nos héros et si l’on perd l’un de nos personnages on pestera plus volontiers pour la défaillance tactique occasionnée que par l’attachement qu’on avait pour ce dernier. Aussi le jeu étant conçu pour avoir une suite le scénario laisse un sentiment d’inachevé.

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Les phases de dialogues ne sont pas doublées ce qui empêche malheureusement une bonne immersion dans l’univers.

Le manque d’ambiance se ressent aussi lors des phases de dialogues non doublées qui prennent un aspect austère et froid. On comprend bien sûr qu’il s’agit d’un jeu indépendant qui n’a pas forcément les moyens et on apprécie déjà l’ajout d’une traduction française complète du jeu, un aspect qui n’était pas présent lors de sa sortie.

La musique du jeu est quant à elle splendide ! Si seulement on pouvait l’entendre plus souvent… Lors de notre avancée on sera bercés par une musique trop discrète et ce n’est que lors de certains passages bien trop peu nombreux que des morceaux envoutants se feront entendre, vraiment dommage de ne pas mettre plus en avant un tel atout car l’ambiance en pâtit à nouveau.

Fort heureusement s’il y un élément qui fait voyager dans The Banner Saga il s’agit bien de son style visuel. Les dessins sont vraiment beaux, atypiques pour un jeu vidéo, la patte du dessinateur fait des merveilles.

Vous l’aurez compris The Banner Saga est un jeu riche qui offre des batailles stratégiques et une gestion avancée de la progression. Réussi sur le plan des combats tactiques et travaillé au niveau du background il pèche un peu par son manque d’ambiance alors qu’il avait certains atouts qui sont restés sous-exploités. Néanmoins le jeu reste très bon et original autant par sa direction artistique que par son gameplay et ses choix lourds de conséquences qui offrent une bonne rejouabilité.

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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