Minecraft: Story Mode – A Telltale Games Series

Telltale Games aime s’amuser avec des licences connues. Que cela soit l’adaptation d’un comics ou d’une série télévisée, ils mènent leur barque sans trop de turbulences. Ils sont même parvenus à utiliser un shooter rpgesque pour en faire un jeu d’aventure efficace. Mais quand ils décidèrent de s’attaquer au titre culte de Mojang, certains ont commencé à émettre de sacrés doutes à leur encontre. Vu de loin, Minecraft : Story Mode résonne comme une bonne blague. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Ils parviennent dès le 1er épisode à cristalliser nos attentes les plus folles en matière d’aventure avec un grand A.

Episode 1 : The Order of the Stone

Comme souvent quand il s’agit de sauver le monde, il y a d’un côté les méchants, de l’autre les gentils. Mais avant d’en arriver là, Minecraft : Story Mode nous apporte un brin de contexte. Il y a fort longtemps, le Dragon Ender mettait le souk un peu partout. Heureusement pour nos amis cubiques, quatre héros sortis de nulle part apparurent pour nous en débarrasser. Se faisant appeler The Order of the Stone (L’Ordre de la Pierre), ils comptaient parmi leurs rangs Gabriel le guerrier, Ellegaard l’ingénieur en redstone, Magnus le Rogue et Soren l’architecte.

Chacun d’entre eux est depuis entré dans la légende, bénéficiant de toute la révérence possible de la part de leurs concitoyens. C’est d’ailleurs en leur honneur que l’Endercon fut créée. C’est une convention tout ce qu’il y a de plus conventionnelle à laquelle est rattaché un concours de construction. Les gagnants auront ainsi la joie de voir leur création trôner au sein même de l’Endercon. Ce début du jeu est un peu lent à se mettre en place, et, presque nécessaire pour nous présenter les têtes d’affiche et quelques règles inhérentes à l’univers de Minecraft.

Jesse – qui peut au choix se jouer en version masculine ou féminine, et dans plusieurs couleurs de peau différentes – tient le rôle principal. Il/elle a un cochon de compagnie du nom de Ruben, et deux meilleurs amis du nom d’Olivia et Axel. Ils sont du genre à broyer du noir et un brin défaitistes. Ils sont par conséquent parfaits pour devenir de futurs héros. Ensemble, ils vont se rendre au fameux concours en espérant le gagner cette fois-ci. Ils forment ensemble un peu une belle bande de nerds. Ils en ont d’ailleurs un peu marre d’être pris constamment pour des loosers, notamment par les Ocelots, un groupe à la cool et blouson en cuir, qui ne rate jamais une occasion de les humilier. Excepté Lukas, leur chef, qui semble plus mature et étrangement amical.

En sus de cette bande de joyeux drilles, on y fera la connaissance particulière de Petra, une exploratrice qui n’a pas froid aux yeux, réputée pour son caractère bien trempé et sa témérité. Elle est une spécialiste de l’Ender, un monde alternatif à celui de base dans Minecraft. C’est d’ailleurs à ses côtés que la seconde partie de l’épisode décolle enfin pour prendre une tournure plus énigmatique, et du coup, forcément plus intéressante. Dès lors, tout se bouscule en multipliant les rebondissements. Le rythme s’emballe alors que nos héros improvisés à la va-vite vont se retrouver face à un désastre de niveau cataclysmique.

Si les choses ne s’engagent pas pour le mieux pour eux, cela nous promet par contre de futurs moments épiques que l’on attendait avec impatience. C’est sans doute pour cela qu’il y a pas mal de scènes d’action, qui apportent un dynamisme certain à la narration. Tandis que selon la formule Telltale habituelle, les joueurs devront enchaîner dialogues à réponses multiples, QTE et mini-jeux à l’occasion. Une formalité, la difficulté générale restant basse pour ne pas entraver la bonne progression de l’intrigue.

Minecraft, raconte moi une histoire

Telltale aurait pu se reposer sur ses lauriers ainsi que sur l’extraordinaire popularité de la licence Minecraft. Que les fans de cette dernière le sachent, ce Story Mode est bien un jeu Telltale, et non un Minecraft alternatif. Il s’agit d’un jeu d’aventure comme l’ont été The Walking Dead ou Tales From Borderlands avant lui. Soyez par conséquent prévenu pour ne pas être déçu. Sur ce dernier point, je ne l’ai pas été.

Nous conter un quelconque récit en se basant sur un jeu procédural de survie et de construction aurait dû être un exercice aussi casse-gueule que d’adapter l’attraction d’un parc en un film de pirates. Comme Lego The Movie a pu surprendre par son sous-texte intelligent et son utilisation ingénieuse d’une licence de jouets pourtant difficilement adaptable, Telltale parvient à convaincre même s’il ne s’agit encore que du premier épisode. Ils ont réussi le tour de force à rendre crédible leur exploitation d’un univers pourtant simpliste à la base.

Ce qui n’était alors dans le jeu dont il s’inspire que des actions lambdas pour crafter une épée, des monstres à combattre pour notre survie, bref ce qui n’était que des éléments faisant partie intégrante des mécanismes d’un jeu, sont devenues dans Story Mode des occurrences de la vie quotidienne des gens. Entre les mains du studio californien, ce monde fait de bloc avec les règles qui le régissent prend du sens. Il en devient presque réel. Il est en tout cas cohérent et donne ce supplément d’âme et de vie que jusque-là, seule l’imagination sans borne des joueurs était capable d’apporter au jeu de Mojang.

Pour le reste, on retrouve cette excellente maîtrise narrative qui a fait leur signature. Le récit est dans son ensemble bien équilibré et offre tour à tour son lot de rebondissements, évitant ainsi de lasser son public. Quelques mini-jeux vont inviter ce dernier à réagir. Ils sont presque anecdotiques, apportant tout de même d’agréables respirations dans cette suite constante de courses-poursuites et de catastrophes.

Techniquement, il ne faudra pas s’attendre à une révolution. Story Mode respecte la direction artistique de Minecraft jusque dans les menus. Si on aime le style, alors ça passera. Les animations, qui n’ont pas toujours été le point fort du studio, ne souffrent bien évidemment pas du même problème avec des personnages de forme cubique. Néanmoins, leurs bouilles restent étonnamment expressives autant qu’elles peuvent l’être sous cet aspect. Elles le sont en tout cas suffisamment pour rendre les personnages sympathiques. Même si le doublage est très certainement la véritable raison de cet attachement.

Là-dessus, Telltale sait choisir ses voix. Entre quelques noms renommés de la télévision et du cinéma, on retrouvera également quelques habitués des productions du développeur californien. Leur performance d’acteur fonctionne à merveille et donne vie et épaisseur à ces personnages. Nous y noterons par exemple la présence de l’excellent Patton Oswalt pour incarner Jesse dans sa version masculine, tandis que Catherine Taber, connue pour avoir donné de la voix à de nombreux rôles mémorables, incarne son pendant féminin. Ces deux acteurs de métier ont déjà pas mal d’expérience dans le domaine du doublage et cela se ressent dans la qualité de leur jeu.

Conclusion

Il faut avouer à Telltale Games une certaine audace pour adapter un jeu aussi aléatoire que Minecraft. Le résultat est étonnant, respectueux du matériel d’origine et particulièrement addictif. Je mentirais en disant ne pas m’y être amusé comme un petit fou. Ils auront réussi avec un certain brio à remplir le contrat d’un bon jeu d’aventure en y mettant justement, de l’aventure. On y retrouve l’esprit d’un “Goonies” et d’un “Indiana Jones” à la fois. L’enfant en moi approuve et recommande en espérant qu’ils n’aient pas déjà tiré toutes leurs cartouches.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
Vasquaal

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Une pensée sur “Minecraft: Story Mode – A Telltale Games Series

  • 02/11/2015 à 18:04
    Permalink

    J’aime beaucoup les jeux TellTale, mais j’avoue ne pas avoir sauté le pas pour celui-ci, restant dans l’attente des premiers tests.
    Je suis agréablement surpris par ton retour sur le jeu, qui s’est fait massacrer dans le dernier Canard PC!

    Je vais tenter ma chance du coup!

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