Rampage Knights

Rampage Knights a un effet très controversé sur moi : il m’intrigue autant qu’il me repousse. Au point que même au moment où j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas trop quoi penser du jeu de Rake in Grass. Il faut dire que le studio n’en est pas à son premier coup d’essai, ce qui se ressent dans le jeu. 

Une histoire maudite.

L’histoire nous est présentée et expédiée en moins de deux minutes chrono. Vous êtes un voleur, vous avez volé un trésor, vous vous êtes échappé puis vous avez fait un gros dodo dans les bois. Pas de chance, un sorcier est apparu, vous a piqué votre trésor (le voleur !) et vous partez donc à la poursuite de celui-ci avec un seul mot d’ordre : la baston. Plutôt que de nous livrer un beat them all générique (même s’il l’est), il y a une grosse tartine de rogue-like par-dessus qui rend le jeu tout de suite plus agréable.

De l’austérité…

On va commencer par la partie qui fâche : le beat them all. Pour ceux qui ne sont pas habitués à tous ces termes vidéoludiques, Rampage Knights est un Double Dragon. On avance vue de côté style 2D isométrique (comme dans Double Dragon), on met des coups de poings légers ou forts, on fait valser ses ennemis, on les frappe à terre, le tout dans la joie et la bonne humeur. Sauf que voilà, c’est ultra rigide et pas super bien équilibré. Si les coups simples ne font pas énormément mal, les coups que l’on donne à un adversaire à terre sont bien trop violents. Du coup, on se trouve à effectuer toujours la même combinaison d’attaque pour venir à bout de nos adversaires, et ce même si le bestiaire est plutôt bien varié.

On ne prendra vraiment que du plaisir dans les pièces à pièges (avec des trous, des piques au sol, etc.) ou sur les quelques rares boss au pattern plutôt bien foutu. Autre point gênant du jeu : sa direction artistique. Je n’irai pas par quatre chemins : le jeu est moche. On a une 2D bien trop simple, bien trop générique et qui manque cruellement de détails.  Côté interface, ce n’est guère mieux, l’austérité est aussi de mise, avec une feuille de personnage difficilement exploitable.

… au fun.

Bon j’espère que le paragraphe précédent ne vous a pas démoralisé car tout n’est pas à jeter dans le jeu, loin de là. Si la partie Beat them all est ratée, le côté rogue-like donne énormément d’intérêt grâce à trois éléments : les objets, la génération procédurale et les événements. Clairement, le ton du jeu penche clairement à l’absurde. Si les armes sont plutôt conventionnelles, les objets d’équipements sont eux bien plus loufoques, à l’image d’un rétroviseur de mobylette dont on peut s’équiper afin de lancer notre objet de jet en avant et en arrière en même temps.

Comme dans tout bon rogue-like qui se respecte, on trouve des potions aux effets incertains, dont les malédictions (comme devenir géant, sauter toutes les trois secondes, avoir une tête en forme de cul, etc…) viendront vous pourrir le temps de quelques écrans, mais vous apporteront au final un bonus bien utile. Grâce à la génération aléatoire des niveaux, chaque partie sera bien différente, ce qui permet de trouver des événements un peu particuliers comme un démon qui vous demandera de tirer des cartes pour avoir des bonus ou bien invoquer des mobs. À vous de juger si le risque en vaut la chandelle. Au fur et à mesure des parties, on débloque de nouvelles professions (au nombre de six) qui apportent un vrai renouveau au jeu.

Conclusion

Rampage Knights est un beat them all moyen dont sa composante rogue-like lui donne tout son intérêt. Rigide, moche, générique dans son gameplay, son approche est quant à elle astucieuse, drôle et se renouvelle à chaque partie.

Je ne peux que vous conseiller d’y jouer à deux, notamment parce que, et il est important de le souligner, le netcode est exemplaire. Vous ne souffrirez donc à aucun moment de problèmes de synchronisation.

Crim

Crim

Intégriste gaucher depuis 1983.
Les cailloux: GOTY des armes depuis 2013.
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