Dead Synchronicity: Tomorrow Comes Today

Les amateurs de point & click sont servis du côté des jeux humoristiques avec des personnages joviaux et des environnements colorés (Broken Age, Anna’s Quest, Deponia) et il est vrai que les point & click ayant pour thème l’horreur ne sont pas rares (Darkness Within, Dark Fall, Decay: The Mare). Cependant là où l’offre est bien moins conséquente c’est pour le cas des point & click possédant une ambiance noire et un univers mature. C’est le cas de Dead Synchronicity: Tomorrow Comes Today, un jeu qui ne s’adressera clairement pas à un public aussi large que dans le cas des autres types de jeux précédemment cités mais qui saura surprendre ceux qui lui accordent de l’attention de par son originalité. Comme son nom l’indique il est le premier volet d’une série de deux jeux, le second étant en pré-production aux dernières nouvelles, le temps pour nous de voir ce que nous réserve ce premier volet !

Un scénario noir et oppressant

Michael vient de se réveiller dans un camp de réfugiés, il est une “tête vierge”, une personne amnésique qui a tout oublié des récents évènements ayant détruit le monde. La Grande Vague a plongé la Terre dans un profond chaos, une époque décadente où ne règne que la loi du plus fort. Plus d’électricité, plus de système de communications, la nourriture et l’eau potable se font rares et alors que l’armée a pris le contrôle du monde, une épidémie ronge les survivants appelés “déliquescents” qui semblent avoir des visions, des contacts avec les morts avant de se dissoudre littéralement. C’est dans cet environnement violent et hostile que Michael devra lutter pour retrouver ses souvenirs, aider les réfugiés et comprendre la catastrophe pour tenter de sauver l’humanité.

Quand la direction artistique s’empare avec brio d’un univers post-apocalyptique

La direction artistique nous entraine dans des tableaux horrifiques grâce à une technique floue et baveuse.
La direction artistique nous entraine dans des tableaux horrifiques grâce à une technique floue et baveuse.

Si le genre du point & click est plutôt réputé pour proposer des titres colorés et joviaux, propices à des scènes humoristiques, il n’en est rien avec Dead Synchronicity. L’univers est noir à souhait, on évolue sur des tableaux composés de peintures sales, baveuses, aux couleurs sombres et ternes où l’on rencontrera des personnages élancés aux traits durs et secs.

La direction artistique est tout bonnement réussie et nous plonge directement dans les restes d’un monde en ruines. La galerie de personnages colle à cet univers froid mais ceux-ci ont pour défaut de pas assez s’intégrer aux environnements de par leurs couleurs plus claires et leur rendu trop propre, trop lisse qui cause un décalage avec la technique utilisée pour la réalisation des paysages. De plus les animations sont très rigides et les déplacements des personnages manquent cruellement de réalisme. Cependant il s’agit d’un petit studio indépendant et on va pas leur jeter la pierre pour si peu au vu des qualités que possède leur premier jeu.

Un gameplay classique et efficace

Michael garde des notes dans un journal afin d'aider votre progression.
Michael garde des notes dans un journal afin d’aider votre progression.

Dead Synchronicity est un point & click facile à prendre en main, à l’ancienne, clic droit pour observer, gauche pour interagir. L’inventaire est tout ce qu’il y a de plus classique et un journal vous permet de vous remémorer les actions à effectuer et de revoir certaines cinématiques du jeu.

Le scénario est quant à lui réussi et prometteur, il nous intrigue de plus en plus au fur et à mesure de notre avancement dans le jeu à grand renfort de visions étranges, de voix du passé, de distorsions temporelles et du mystérieux point de synchronie. Un jeu plus dans la veine de “La route” que d’un “Walking Dead“, sans zombies mais pourtant oppressant et glauque plus qu’il n’en faut.

Le ton est donné dans ce jeu non dépourvu d'humour, noir bien sûr.
Le ton est donné dans ce jeu non dépourvu d’humour, noir bien sûr.

Concernant la bande son du jeu il y a des réussites comme il y a des choses moins bonnes. Tout d’abord les doublages sont globalement de bonne qualité et les sous-titres français sont très bien eux aussi. La musique est tantôt réussie avec des notes électriques et sèches qui portent le côté dur et froid du titre ou des notes plus angoissantes assimilables à des voix fantomatiques, tantôt ratée avec des thèmes jazzy qui ne collent pas à la situation et qui nous sortent carrément de l’ambiance.

Pour finir, Dead Synchronicity parvient à insuffler un renouveau dans le genre du point & click grâce à un univers post-apocalyptique rarement exploité et un scénario original. Malheureusement l’addition est salée car pour environ 8h d’un jeu qui n’est pas complet on devra débourser 20€, un peu trop à mon goût malgré les qualités du titre. Attendez une promo ou alors achetez-le pour soutenir les développeurs et les encourager pour la seconde partie. En effet il faudra attendre la sortie de la suite pour connaitre le fin mot de l’histoire car le premier épisode se termine quelque peu abruptement avec un cliffhanger. Espérons maintenant que la sortie de la suite soit effective !

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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