The Music Machine

Depuis quelques années, la scène du jeu indépendant a vu se développer un nouveau genre de jeux : les simulateurs de marche. Proposant une aventure avant tout visuelle et sonore plutôt qu’interactive, ces jeux d’exploration exploitent le medium vidéo-ludique d’une manière différente qui ne s’adresse pas à tous les joueurs. Le développeur David Szymanski exerce principalement dans ce domaine-là, nous apportant des jeux où les environnements et les écrits permettent de construire pièce après pièce notre compréhension de l’univers. The Music Machine ne déroge pas à la règle avec son scénario aussi déconcertant qu’astucieux et son style visuel singulier.

Une île bien mystérieuse...
Une île bien mystérieuse…

Une île macabre, une jeune fille et un fantôme

Le jeu s’ouvre sur une conversation entre deux personnes, Haley et Quintin qui viennent d’accoster sur une île où des évènements tragiques se sont produits. D’abord incrédule, on comprend rapidement qu’ils sont une et même personne. Haley est une jeune fille quelque peu excentrique et Quintin est un fantôme qui la hante et manipule son corps. Il a dans l’idée de la tuer et cette île semblait parfaitement se prêter à cette fin. Néanmoins l’île semble renfermer un secret, quelque chose qui sort de la compréhension humaine, un secret ancien que vous êtes sur le point de percer…

Poser une réflexion sur l’être humain

Vous visiterez des lieux tous plus insolites les uns que les autres.
Vous visiterez des lieux tous plus insolites les uns que les autres.

En fait, The Music Machine n’a rien d’un jeu musical comme son titre pourrait le laisser entendre, comme pour The Moon Sliver développé par David Szymanski également, on se concentre sur l’exploration et la lecture. Le scénario paraît loufoque mais il donnera lieu à des conversations délectables entre les deux protagonistes, beaucoup d’humour et de cynisme. Il y a là-dedans comme des similitudes avec Rosa et Joey de la saga Blackwell, mis à part que Joey ne voulait pas tuer Rosa, lui. On découvre divers lieux énigmatiques tels qu’une ville qui semble figée dans le temps, une forêt malade, un sous-sol où se cache une abominable machine…etc. Tous ces lieux semblent invraisemblables, quelque chose cloche et l’histoire vous fournira une explication convaincante mêlant un questionnement sur la création et les émotions, tout ce qui caractérise un être humain.

Le jeu est catégorisé dans le genre horreur mais ne vous attendez pas à de l’horreur traditionnelle à grand renfort de screamers, non l’horreur est dégagée par les lieux insolites qu’on visitera et par le scénario.

Si vous avez joué à The Moon Sliver, ce jeu-là vous apportera des réponses supplémentaires car les histoires sont connectées. Je vous conseille d’y jouer avant si vous le possédez sinon ne vous inquiétez pas, The Music Machine fonctionne très bien tout seul.

Surréaliste et envoûtant

Le style graphique minimaliste sert vraiment l'atmosphère surréaliste du jeu.
Le style graphique minimaliste sert vraiment l’atmosphère surréaliste du jeu.

Le style monochromatique du jeu rend vraiment bien, la direction artistique prend un côté énigmatique tout en nous offrant des environnements splendides avec très peu de fioritures. Comme quoi pas besoin d’en faire des tonnes pour faire quelque chose de beau.

La musique du jeu est discrète la plupart du temps mais ses sonorités sont envoûtantes, les arrangements collent à l’atmosphère surréaliste qui règne tout au long de notre progression sur l’île. Vous pouvez en écouter un extrait ici.

Au final, après avoir joué à trois jeux de ce même développeur, j’ai trouvé que celui-ci était le plus abouti. Surprenant et non-conventionnel tant au niveau scénaristique qu’artistique, c’est un jeu court, certes, mais vraiment remarquable.

Kitsune-Musume

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.
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