Plug & Play

Dans l’univers du jeu indépendant on peut s’attendre à voir toutes sortes de jeux insoupçonnés, toutes sortes de bizarreries, toutes sortes d’ovni vidéo-ludiques. Mais là… là, on atteint un niveau d’étrangeté jamais égalé. Il faudrait inventer un genre rien que pour réussir à catégoriser un jeu tel que ce Plug & Play. Retour sur une expérience des plus inédites.

Ce jeu étant extrêmement court, ce test vous dévoilera fatalement certains aspects de l’intrigue.

Ah... l'amour !
Ah… l’amour !

Plug & Play, le court-métrage

Plug & Play est basé sur un court-métrage de Michael Frei portant le même nom. En s’associant avec le game designer Mario von Rickenbach pour adapter l’univers développé dans le film vers le medium vidéo-ludique, la team nous offre une vision surréaliste du monde. Y a-t-il un sens à cette histoire ou est-ce simplement le délire d’un fou ? On pourra reconnaitre plusieurs notions qui nous sont familières là-dedans.

Le jeu qui va t’apprendre les choses de la vie…

Humour. Tout commence par là. Cet univers qui se présente à nous est tellement incongru que notre première réaction sera de rire. Des doigts très longs que l’on peut secouer, des bonhommes qui courent comme des dératés et qui tombent par terre et même un bonhomme que l’on doit aider à “se soulager”. Oui oui ! Autant dire que niveau humour on est bien servis mais au delà de cet humour apparent quelque chose d’autre nous intrigue dans ce Plug & Play.

Quand brancher des prises devient un acte sexuel...
Quand brancher des prises devient un acte sexuel…

Amour. On sent rapidement qu’il est histoire de relations sociales et amoureuses. Bien que l’on n’ait pas affaire à des humains à proprement parler mais plutôt à des personnages anthropomorphiques, des bipèdes à tête de prise électriques, il y aura de petits dialogues sur l’amour, le rejet, la peine, la recherche de l’être aimé. Le dessinateur a d’ailleurs déjà exploré les relations entre deux individus dans son court-métrage Not About Us que vous pouvez visionner ici.

Sexualité. Après le thème de l’amour on y vient directement et on s’y attendait un peu, l’être étant réduit à une fonction de “brancher-débrancher”. Habituellement, on distingue bien les prises électriques en deux catégories : mâles et femelles. Le jeu prend même un tournant malsain avec des emboitages à gogo, on ne sait pas s’il faut vraiment voir un message derrière tout ça car si on commence à extrapoler ça peut aller loin. On peut voir là dedans une réflexion sur l’identité sexuelle puisque l’un des personnages se sépare des fiches de sa prise pour ne laisser place qu’à deux trous. Bon il est vrai que je ne m’explique pas la façon dont ces fiches sont ressorties, enfin bref là n’est pas le propos !

Ce genre de scène que tu aurais préféré ne jamais voir...
Ce genre de scène que tu aurais préféré ne jamais voir…

Horreur. Au final on se dit qu’on aurait peut-être préféré ne pas voir toutes ces choses étranges, malsaines voire répugnantes. Il est clair que Plug & Play est une expérience très atypique, soyez prévenus ! Il est assez difficile d’en parler, c’est quelque chose qu’il faut vivre pour pleinement comprendre de quoi il en retourne.

Quand le spectateur devient acteur

En soi le jeu reste très limité au niveau du gameplay et les interactions seront très basiques, vous allez simplement cliquer sur des personnages et brancher des prises. Échanger les prises ne changera rien, il n’existe pas différents embranchements dans cette histoire. Ce n’est vraiment pas à ce niveau là que le jeu est intéressant. L’adaptation du court-métrage en jeu vidéo n’est qu’intéressante dans le sens où elle permet au spectateur de devenir acteur de ce monde étrange et de chercher à comprendre de quoi il en retourne par lui-même pendant ces 15 minutes de jeu. Voir une prise-humaine aspirer ses fiches puis les faire ressortir par voir rectale c’est quand même autre chose que de devoir cliquer à répétition sur ses fesses pour aider les fiches à sortir ! Voilà une scène que je n’aurai jamais imaginé vivre, tiens !

Le trait du dessinateur est simple, sans fioritures, tout est noir et blanc, sombre ou clair. L’imagination est clairement le point fort de Michael Frei qui ne semble jamais à court d’idées en matière de bizarreries. L’idéal étant de se lancer dans le jeu avec une “tête vierge” pour préserver totalement l’effet de surprise, voilà pourquoi je vous mettais en garde avant de lire cet avis.

Pourquoi je recommande ce jeu ? Pour cette folie et cette originalité qui s’en dégage. Je savais exactement à quoi m’attendre au vu du trailer et j’avais tout de même envie de m’y essayer. Très étrangement cette expérience se révèle être agréable, splendide d’absurdité ! Il est vrai que le prix reste élevé pour la faible durée de vie du jeu. Je vous conseille de le prendre en promotion si vous n’êtes pas sûrs de votre choix ou de regarder le court-métrage original pour vous décider. Si vous ne l’appréciez pas du tout je ne pense pas que vous apprécierez le jeu vu les limites de son gameplay, en revanche si vous adhérez au style complètement barré de Michael Frei lancez-vous, vous n’en ressortirez pas indemnes !

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

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