Hard West

Vous avez remarqué à quel point le Western n’est à la fois jamais un effet de mode et rarement une tendance ? Il y aura toujours un jeu de Western inconnu au bataillon qui viendra vous rappeler l’époque des colts, des sales types et des saloons crades ou se rencontrent les pires crapules de la ville. Hard West est un jeu indépendant financé via Kickstarter, ayant pour principale volonté de proposer de la tactique et des zombies dans son atmosphère.

La tac-tac-tactique du cow-boy

Maman est morte, la tête dans un coffre, décapitée par des bandits alors que vous étiez en balade avec papa. Le paternel n’est pas content et va vouloir se venger ! C’est ainsi que commence une aventure très adulte qui met tout de suite dans le bain avec des propos et des situations très crues, à défaut d’être originales. Toute cette introduction gore à souhait servira surtout de tutoriel pour comprendre comment se déroulent les parties de jeu, avec ses phases d’action… Mais pas seulement.

Uniquement solo, le jeu propose huit histoires différentes, interconnectées, qui se déverrouillent au fil des missions effectuées. Concernant les missions justement, on frôle la cinquantaine ce qui permet une durée de vie plutôt honnête. Surtout si l’on décide de jouer les fins stratèges et d’obtenir les meilleurs scores. En clair : ne jamais se faire toucher, sauver tous les PNJ éventuellement disponibles sur les différentes cartes, seront des objectifs particulièrement complexes qu’il sera très amusant de tenter.

Car voyez-vous, Hard West reprend XCom et sa tactique au tour par tour. Il copie allègrement son modèle tout d’abord, en proposant des déplacements, une couverture et une gestion des armes très proche, mais il n’oublie pas pour autant de proposer des idées originales au joueur. Le monde fantastique qui vient se greffer à cet univers de Saloon amène un gameplay différent et jouissif à jouer.

Cowboy_Demoniak_WTF

Si les premiers scénarios sont gentillets et vous demandent de sauver une demoiselle en détresse (bientôt équipée d’un joli shotgun pour vous aider dans votre périple), vous connaitrez ensuite le monde des démons. C’est ainsi que notre héros deviendra bien vite un mort-vivant particulièrement doué pour jouer avec les pouvoirs des morts, en se régénérant dans l’ombre ou en devenant une véritable bête féroce avide de tueries à la chaîne. Pourtant très répétitif et monotone dans sa façon de présenter ses niveaux, Hard West gagne beaucoup en qualité avec ce grain de folie. Dommage que la construction du jeu soit elle aussi diabolique, en terme de prévisibilité.

En effet, les développeurs ont pensé que ce serait une bonne idée de proposer une évolution en « monde libre », sur une carte bien dessinée mais vite redondante. Entre deux missions vous passerez votre temps à visiter les villages et les mines, en textes et quelques artworks eux aussi répétitifs, pour tenter de gagner de l’or à ne plus savoir qu’en faire. Cela permet d’acheter les meilleurs armes et équipement, ce qui est extrêmement nécessaire à une bonne évolution de votre personnage.

Certains moments d’écriture sortiront du lot, comme lorsque vous trouverez cet esclave que vous pourrez libérer (il vous suivra alors pour vous aider dans votre quête) ou revendre au premier marché du coin. L’ambiance est toujours très sombre et ces choix contribuent à donner un peu de vie à ce monde souvent en pause tactique et dessiné sur une carte qu’on connait vite trop bien. La rejouabilité est par contre assez nulle, puisque les évènements aléatoires ne le sont pas tant que ça (disons qu’ils apparaissent à certains moments de l’histoire, aléatoirement entre deux temps) et qu’’ils ne sont pas très variés. Mais l’idée est là !

Hard West Trading Cards

Le cœur du gameplay, en tous les cas ce qui vous permettra de créer un personnage très différent des trois autres coéquipiers qui peuvent vous suivre dans l’aventure, ce sont les cartes de Poker. Vous en déverrouillez plusieurs tout au long de vos victoires et celles-ci peuvent être équipées. Chacune apporte un bonus différent et si vous les équipez sous forme de combinaisons (Brelan, Carré, etc) alors vous aurez le droit à un bonus supplémentaire. Rapidement, la chasse de ces cartes sera votre objectif principal, surtout que le jeu gagne en difficulté très rapidement après le premier chapitre terminé.

La difficulté est néanmoins très aléatoire quel que soit le mode joué (Facile, Normal ou Difficile). Les ennemis rivalisent d’ingéniosité comme de bêtises et le jeu ne peut s’empêcher, quelle que soit la situation, de préférer vous encercler plutôt que de foncer un peu sur vous. Résultat : on se retranche et on prend le temps de tirer sur chacun des ennemis au tour par tour, tout en sachant que la plupart préfèrera en faire autant plutôt que de changer de place et de tenter des tirs plus précis. Les pourcentages affichés lors des choix tactiques sont aussi très curieux, il n’est pas rare qu’un tir à 20% fasse mouche à tous les coups sans pouvoir compter pour autant sur un tir à plus de 80%.

Si vous êtes un connaisseur du genre, commencez directement par le mode Difficile. Sans cela, le facteur chance (réellement représenté à l’écran pour chaque personnage, diminuant à chaque coup évité) est beaucoup trop important pour proposer des parties réellement intéressantes pour les fins stratèges. C’est un gros défaut pour les uns, une grande qualité pour les petits nouveaux mais une chose est sure, cette idée de mettre la chance au premier plan ne fera pas que des heureux !

Le verdict est simple à définir : Hard West est une maigre réussite, un jeu tactique agréable à l’univers sympathique pour peu qu’on adhère au mélange Western / Démons. Néanmoins il loupe le coche de l’originalité malgré tous ses efforts pour sortir du lot, à cause de missions et d’entractes qui manquent de se renouveler. Les différents scénarios, sympathiques, assurent une progression tout en douceur et qui reste amusante malgré tout. Le seul problème c’est qu’une fois terminé, finalement, que reste-t-il d’Hard West en tant qu’expérience ? Pas sûr qu’il laisse un souvenir impérissable, tout juste passera-t-il le temps jusqu’au prochain Tactical plus… marquant.

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.