Dying Light: The Following
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Dying Light faisait aisément partie de mes jeux préférés de l’année passée. Il fut aussi une vitrine pour l’industrie vidéo-ludique polonaise aux côtés de l’excellent The Witcher 3. Si d’ailleurs il devait partager une qualité avec ce dernier, cela serait la générosité de ses développeurs. Des développeurs, qui enthousiasmés par le succès surprise de leur bébé, ont décidé de changer leurs plans pour que cette dernière extension soit plus imposante qu’elle ne l’aurait du l’être. Vendue seule, avec le Season Pass ou avec le jeu de base dans une édition dite Enhanced, The Following est d’une richesse rare, pour un contenu additionnel, au point d’en être presque une suite à part entière. Il apparaît aussi comme un petit laboratoire d’expérimentation pour Techland, qui s’y essaye à de nouvelles choses en bien ou en mal.

La mort est dans le pré

Après s’être fait mordu dans Dying Light, Kyle Crane et ses potes ne vont pas bien, car l’Antizin, l’antibiotique local contre la zombification, est devenu très difficile à trouver. Son docteur ne lui a donc pas laissé le choix ; seul l’air frais de la campagne pourra le requinquer. Là-bas, il pourra y compter fleurette à de girondes paysannes décharnées, rouler des patins ensanglantés dans le foin et labourer des terrains vierges de toute vie. Le bonheur.

Le quotidien d’un agriculteur n’est cependant jamais de tout repos. Notamment quand un culte occulte semble avoir fait main basse sur l’élevage de mort-vivants et sans doute la production d’herbe locale, vu la quantité de fumée d’origine suspecte qu’ils avalaient. Surtout que cette dernière faisait triper grave les zombies, tout en empêchant le virus de poursuivre sa progression. Non, nous ne sommes pas en plein délire hippie (quoique). Bref, il y a de la concurrence sur le marché du bio, et ce ne sont pas les bandits de grands chemins qui vont racketter notre héros qui vont l’aider à se faire une place au soleil.

Vous l’aurez compris, c’est le souk total. Notre brave américain, à l’empathie plus large que le monde, va une fois de plus devoir faire le larbin pour la populace locale avant de pouvoir obtenir ce qu’il venait chercher. Ou pas. Apprenant de leurs erreurs passées, les développeurs ont fait en sorte que cette fois-ci, les quêtes secondaires soient un peu plus intimement liées à l’histoire principale. Il est désormais obligatoire d’en remplir quelques unes avant de pouvoir passer à la suite de ses aventures. Le tout s’intégrant l’un dans l’autre de manière plus organique.

Une façon comme une autre de pousser les joueurs à s’investir un peu plus dans cet univers qui a été confectionné spécialement pour eux, puisque les gourous de la pseudo-religion du coin nous demande d’aider leurs ouailles si nous voulons l’être en retour. Les nouvelles aventures de Crane l’emmènent donc dans une histoire où l’ésotérisme domine cette région au travers de cérémonies et de croyances en la Mère, une femme insaisissable qui ne révèlera ses véritables intentions que vers la fin.

Il est malheureusement dommage que cette histoire soit si brève en définitive, quêtes secondaires mises à part. Diluée dans le tout, elle est un peu maigre dans ce qu’elle distille en seulement quelques petites missions. Elle se rattrape heureusement avec sa conclusion à deux alternatives, ne sachant personnellement vous dire laquelle est véritablement la meilleure d’entre elles. Une chose est sûre, elles plairont aux véritables fans de récits apocalyptiques. Les autres risqueraient d’être fortement partagés, mais je m’arrêterai là pour ne point trop en révéler.

En direct du rallye Paris-Harran

Le problème avec les randonnées bucoliques dans l’arrière-pays, c’est que c’est souvent plat, vaste et vide. Ce n’est pas totalement le cas ici, mais les montagnes restent impraticables et on ne peut pas vraiment grimper aux arbres, de toute façon beaucoup trop espacés. Vous l’aurez par conséquent compris, le parkour et le grappin, fiertés du jeu d’origine, y sonneront leur glas.

Sans quasiment un bâtiment décent à grimper dans les environs, il ne nous reste plus qu’à courir pour sauver ce qui reste encore de notre postérieur musclé de yamakasi sautillant. Heureusement, Techland a pensé à tout, et au détriment de ce qui faisait le sel et le poivre du jeu original, un buggy vient combler notre désir d’adrénaline. La bête de métal rugissante et fumante est une addition bienvenue. On ne le dirait pas au premier abord, mais elle arrive assez bien à nous faire troquer nos baskets de coureur de l’impossible pour des gants de cuirs de pilote automobile.

Pour l’occasion, il s’accompagne de son arbre de compétence à débloquer avec l’expérience accumulée en le conduisant. Cependant, si cet instrument semble fait pour le hors piste, il n’en est rien dans un premier temps. Le véhicule est précieux et supporte assez mal d’être conduit en dehors des routes prévues pour. Jeu de survie oblige, il faudra ne pas oublier de réparer les pièces endommagées si nécessaire et de faire le plein.

Dit comme cela, la gestion de notre buggy semble être devenue aussi peu enthousiasmante que le contrôle technique obligatoire tous les deux ans. Il sera en vérité difficile de manquer de matériel si vous fouillez suffisamment les véhicules abandonnés sur la route pour des pièces et de l’essence. Une conduite responsable et pointue vous apportera aussi des bons points et un véhicule tenant plus longtemps la distance sans un besoin d’entretien régulier. Restez donc sur la route.

Améliorable et customisable avec des peintures trouvables un peu partout, il devient un outil à part et bien à nous. Il devient notre fierté alors que l’on écrase avec une joie non dissimulée les zombies se trouvant sur notre chemin. Malheureusement, pour notre déplaisir, la présence de zombies explosifs est étrangement élevée quand on se déplace de façon véhiculée (il y en a vraiment beaucoup moins à pied). Ce qui devient vite très agaçant. Nous n’oublierons pas non plus les volatiles, qui dans une nuit toujours aussi noire d’encre, sont encore plus rapides que leurs cousins citadins.

Le buggy devient donc très vite essentiel. Plus spécialement quand il s’agira d’explorer cette nouvelle carte champêtre. Chose impensable à pied étant donné les distances à parcourir. Cependant, s’il représente un apport d’un côté, il supprime de l’autre. Forcément moins urbanisée et haute en bâtiments, cette campagne se contente de l’occasionnelle petite maison dans la prairie et d’une cité balnéaire d’envergure modeste, anéantissant au final toute utilisation poussée du parkour qui faisait pourtant partie des points forts de Dying Light.

La campagne, ça vous gagne

Voilà donc un changement radical et osé de la part de Techland, qui donnerait presque l’impression qu’ils se sont essayés là à quelques formes d’expérimentation en vue peut-être d’une véritable suite à leur simulation d’apocalypse zombie. Une chose reste certaine. Le buggy en question est vraiment un tas de ferraille optimisé au fun. Il est rapide et nerveux, répondant à nos impulsions au quart de tour.

Le seul petit souci se trouve au niveau de l’équilibre général de The Following. On ne pourra reprocher à Techland d’avoir retroussé ses manches pour nous offrir une version améliorée de Dying Light sur de nombreux points. Et d’avoir tenter d’innover ne serait-ce qu’un peu. Il est devenu plus dur, plus exigeant. Le mode difficile était d’ailleurs déjà corsé. Le mode cauchemardesque finira de vous enterrer.

Les nuits redeviennent effrayantes. Le mode légendaire devient la carotte poussant le joueur à continuer à glaner toujours plus d’expérience. Le loot redevient intéressant et les armes à feu sont plus nombreuses et percutantes, mais produisant toujours autant de bruit attirant des zombies plus agressifs. Pour contre-balancer cette imperfection, une arbalète vient apporter un peu de fraîcheur et de subtilité dans l’abattage à distance. Qui plus est, The Following regorge de petites choses à découvrir comme des collectibles, des morceaux de vie, et tout un tas d’autres éléments typiques des jeux en monde ouvert, sans nous donner l’impression de nous forcer à les faire. Ils sont là, sans pour autant tous se mettre à clignoter sur la carte du jeu comme une guirlande de Noël. Ils ont l’intelligence de nous demander un peu d’effort pour les trouver.

Cette extension n’est pas parfaite sur bien des points, mais aura su s’améliorer sur tellement d’autres. On ne pourra pas dire que les développeurs se soit reposé sur leurs deux oreilles quand on voit l’énorme quantité de contenu de The Following, qui pour une vingtaine d’euros nous offre l’équivalent d’un jeu complet. On comptant facilement une bonne quinzaine à une vingtaine d’heures, voire plus, vous en aurez pour votre argent. Si d’aventure le parkour et le grappin étaient ce qui vous retenez dans Dying Light, vous serez alors déçu. Pour autant, le buggy s’avère un atout appréciable rendant cette balade plus tolérable qu’à pieds. Bien utilisé, il devient un monstre d’amusement sur quatre roues.

La nouvelle intrigue est elle-même plutôt intéressante, même si une fois de plus, c’est dans les troubles du quotidien des gens “normaux” que l’on trouvera le plus de sincérité et d’intérêt. Il faut néanmoins concéder une chose à Techland, et c’est d’avoir eu le courage de nous donner une fin aussi réussie que celle-ci, allant totalement à l’encontre de la tonalité choisie pour celle du jeu original. L’histoire de la Mère et de ses fils du soleil est alors le véritable point d’orgue, là où l’arc narratif avec Rais s’était révélé plus quelconque en comparaison. Du coup, on en viendrait presque à regretter qu’elle ne fut pas développée plus en détail, nous dévoilant un monde de plus en plus intriguant.

Conclusion

Son principal souci est le déséquilibre qui peut s’installer par moment dans la cohabitation entre ses mécaniques de jeu passées et présentes. Le buggy explose le parkour, qui à son tour n’est pas non plus complètement intégré de façon optimale dans le gameplay classique de Dying Light. Il en ressort une impression de manque comme si ces deux éléments n’avaient pas été exploités correctement. Comme s’il était possible de faire encore plus et mieux.

Une chose doit pourtant rester claire. The Following est riche de contenu, ce qui pour une simple extension est en soit plus que généreux. A une époque où l’on nous vend des season pass doublant ainsi le prix initial d’un jeu, Techland joue les grands seigneurs en nous en offrant plus que pour notre argent. Alors même si le parkour en a pris un coup, on appréciera un développeur capable de ne pas trop se reposer sur ses lauriers et tentant d’apporter un peu de neuf à sa recette éprouvée. Dying Light y reste toujours aussi dynamique, brutal, parfois effrayant et surtout atmosphérique à souhait. Une réussite dans les grandes lignes qui méritent largement son prix et les louanges qui vont avec.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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