TMNT : Des Mutants à Manhattan

Pour la sortie du second film produit par Michael Bay, Activision a demandé à son nouveau serviteur Platinum de nous proposer un jeu Tortues Ninja. Faible budget, court temps de développement, voilà ce qui est obligatoire quand on se lance dans une telle configuration marketing. Après un Korra moyen et un Transformers très amusant on pouvait s’attendre à un jeu au moins sympathique… C’est plus compliqué que cela !

TMNT (3)La carapace à moitié pleine

Séparé en une dizaine de niveaux, tous construits de la même façon et se terminant par un Boss gigantesque, la trame scénaristique de ce jeu est avant tout présente pour nous proposer plusieurs environnements très différents. Les rues de Manhattan, ses égouts, les hauteurs avec un chantier en construction, une base ennemie, etc. On y joue une tortue parmi les quatre bien connues de toutes les générations, avec comme principale originalité de pouvoir jouer au jeu en coopération en ligne. Les parties se trouvent facilement (en tous les cas au lancement du jeu) et même si tous les joueurs ne sont pas du même niveau, on peut s’amuser sans problème.

Les animations des tortues et leur modélisation sont un mélange malin du look des films et du dernier dessin-animé en 3D de Nickelodeon. Elles n’ont rien à voir avec les tortues de notre enfance mais après tout, faisons avec, les choses changent ! Ce qui ne change pas, par contre, c’est la baston : on joue du sabre, des saïs, du bâton ou des nunchakus en fonction de qui est notre tortue jouée. Si elle se prend trop de coup, elle retourne dans sa carapace et reste sonnée quelques secondes le temps qu’un frangin vienne la sauver. Sinon, c’est retour à la planque : dans les égouts, pendant que les autres continuent de se battre (I.A ou joueur coop), il faut manger un maximum de pizza le plus vite possible sans se brûler, en faisant quelques pauses. Une fois le ventre plein, on retourne au combat.

A côté des « qui a éteint la lumière ? » en référence à Turtles in Time sur SNES et autres petits clins d’oeils aux fans, Mutants à Manhattan propose surtout un gameplay basé sur du combo, de l’enchaînement coup fidèle à ce que fait habituellement Platinum et surtout, quatre actions spécifiques à lancer en temps voulu. Ces quatre actions bonus sont à débloquer, à améliorer au fil des niveaux et sont interchangeable via le bon menu entre les tortues. On peut ainsi jouer avec les coups que l’on préfère, jouer en soutien (avec une Turtle Dance efficace, des zones de soin et autres ralentis salvateurs) ou foncer dans le tas en gros Tank avec des roulades violentes, des combos de coups à plusieurs tortues, etc. Il y en a pour tous les goûts.

TMNT (2)La pizza à moitié garnie

Le problème de ce joli menu, c’est qu’il est indigeste. Platinum n’a pas eu le temps d’aller au bout de ses idées et ne les effleure qu’à peine tant le gameplay semble manquer de finesse. La difficulté est totalement aléatoire entre les ennemis, les Boss sont souvent de gros tas de vie qu’il faut matraquer, le Game Over n’est nulle part et l’ennui est partout.

Un niveau se compose tout simplement de couloirs, déguisés en zones libres, dans lequel on enchaîne toujours les mêmes missions. Désamorcer des bombes, frapper de l’ennemi en temps imparti, ne pas se faire repérer, etc. Entre la dizaine de niveaux, ces objectifs reviennent inlassablement, rendant la partie complètement répétitive et ronflante. Le jeu a du style au fond, mais dans la forme il est totalement brouillon.

Brouillon, c’est le mot. Et sans doute la pire injure que l’on peut lancer à Platinum Games, les géniteurs de Bayonetta et autres merveilles de la finesse au pad. Mais dans ce cas précis et en ajoutant les problèmes de framerate sur PC, on se rend compte à quel point les équipes de développement de Platinum sont toutes très différentes. Aussi, Activision ferait mieux de donner un peu plus de temps et de moyens à ses équipes même pour des jeux à licences. Ce jeu Tortues Ninja était attendu, s’est sans doute bien vendu dans ses premiers jours et méritait vraiment un bel hommage à tout cet univers intergénérationnel qui ne faiblit jamais, malgré les mauvais films et les jeux ratés. Même l’apparition de boss cachés est ratée, obscure et souvent facile puisqu’elle réutilise d’autres personnages d’autres niveaux.

Mais que devient Platinum ? Après trois jeux de commande pour Activision et un Star Fox chez Nintendo que beaucoup veulent d’ors et déjà oublier, le studio semble perdre de sa superbe. Que se passe t’il sur le bateau Platinum et la mutinerie des éditeurs risque-t-elle de faire couler la créativité ? On en sait absolument rien, mais c’est effrayant.

Tortues Ninja : Des Mutants à Manhattan est absolument quelconque et laborieux, ennuyant et décevant. Il y a quelques petites choses à sauver, certaines animations, quelques références, mais le reste est tellement répétitif et plat qu’on ne peut s’empêcher d’être triste devant ce constat. C’est que, mine de rien, on voulait tellement l’aimer ce jeu !

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs

Une pensée sur “TMNT : Des Mutants à Manhattan

  • shogun
    09/06/2016 à 23:14
    Permalink

    Merci pour le test et la vidéo ;)
    J’avais aussi trouvé Korra plutôt bof, du sous-Platinum Game. Pas étonnant que ce TMNT soit aussi peu réussi en espérant que leur prochaines prod’ rassurent les foules.

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