Crush Your Enemies
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Après un report du printemps au début de cet été, Crush your Enemies est finalement disponible sur tout un tas de plateforme, autant sur Steam que sur smartphones. Si vous vous rappelez de ma preview (sinon vous pouvez allez la lire, ce que je conseille étant donné que je vais essayer de ne pas trop me répéter), j’avais trouvé le jeu fun et prometteur, bien qu’ayant quelques inquiétudes quant à la capacité du jeu de se renouveler. Le verdict ? Il n’y avait finalement pas de quoi s’inquiéter !

20160715222723_1Crush Your Bon Cochon

Rapide rappel pour ceux qui ont eu la flemme d’aller lire ma preview du jeu : Crush your Enemies est un RTS aux contrôles simplifiés au possible, qui est donc entièrement jouable à la souris (ou au tactile). En pratique, cela se joue comme un jeu de contrôle et conquête de territoire, le tout étant enrobé d’un tas d’humour gras plutôt drôle et donnant une ambiance sympathique.

Le mode solo se compose ainsi de deux tomes, basés sur deux personnages différents (même si en pratique le second est la suite du premier et on y retrouve les mêmes personnages et la même histoire). Une bonne partie du premier tome correspond à ce à quoi j’avais déjà joué en avril, avec quelques niveaux en plus qui ne révolutionnent en rien le gameplay. Dès le premier niveau du second tome en revanche, tout un tas de nouveautés sont introduites. La plus grosse et plus intéressante est un système de ressources intervenant dans certains niveaux : chaque bâtiment coûte un certain nombre de bûches de bois pour être construit et chaque nouvelle unité demande une côte de porc pour être créée. Il faut alors prendre en compte la récolte de bois et de porc, ce qui ajoute tout un aspect stratégique non seulement par rapport au choix de construire telle ou telle chose mais aussi aux possibilité d’attaquer l’ennemi en le privant de ressources. Ce nouvel aspect arrive assez soudainement et marche étonnamment très bien, offrant pas mal de diversité dans le gameplay. Les autres unités et objets étant introduits dans ces nouveaux niveaux permettent aussi de varier le gameplay un peu plus en poussant vers de nouvelles tactiques et façons de jouer.

20160717184053_1Visuellement et au niveau de l’ambiance, c’est toujours aussi efficace. La campagne est drôle et sympathique à suivre du début à la fin (ce qui est en soi un petit exploit pour un humour aussi gras !) et la musique est plutôt cool. Un problème d’ergonomie que j’avais souligné (le fait de ne pas pouvoir choisir le nombre exact d’unités au déplacement de celles-ci) n’existe plus et ce sans pour autant rajouter de la complexité à la prise en main du jeu. J’ai finalement pris autant de plaisir à refaire les niveaux déjà faits qu’à découvrir les autres niveaux de cette version finale. Si la campagne se finit après quelque chose comme trois ou quatre heures de jeu, il reste une certaine rejouabilité si l’on veut finir chacun des niveaux en accomplissant ses trois objectifs, rendant le jeu plus proche d’un puzzle game à cause des contraintes qu’ils impliquent.

 

20160717171152_1Crush Your Ragequits

Le multijoueur est à la fois là où le jeu brille le plus et là où il est le plus frustrant. Celui-ci permet à deux joueurs – soit en créant une partie avec un ami soit en trouvant un ennemi aléatoire – de s’affronter sur diverses cartes tirées de la campagne solo. Celles-ci sont évidemment bien choisies histoire d’avoir toutes les situations possibles, que ce soit au niveau du placement de chaque camp, ou des unités et mécaniques disponibles. En l’état, c’est incroyablement efficace, peut-être même plus que la campagne étant donné que chaque partie multijoueur est indépendante. Crush Your Enemies marche infiniment bien en tant que jeu que l’on lance pour quelques parties si l’on a seulement quelques dizaines de minutes devant soi, les parties étant toujours relativement courtes. Il marche aussi bien pour de plus longues sessions, le syndrome du “encore une partie, après tout ça dure que 5 minutes” étant évidemment présent. Les diverses cartes choisies sont toutes relativement intéressantes, offrant un éventail de situation représentant tous les aspects du jeu. On en vient assez rapidement à se trouver une stratégie pour débuter sur chaque carte, mais les parties ne se ressemblent pas grâce à la pluralité de stratégies et de choix d’objets possibles pour chaque joueur. Et c’est aussi ça qui le rend plus efficace : là où en solo ça peut parfois ressembler à un puzzle, avec une solution optimale pour vaincre l’IA, cet aspect disparaît en multijoueur où il faut alors s’adapter.

20160717193352_1Le problème, c’est que le multijoueur de Crush Your Enemies est bourré de fausses bonnes idées. Celles-ci pourraient en effet sembler être les bons choix à faire en terme de design, mais ne le sont plus vraiment lorsque l’on prend en compte la nature humaine. Ainsi, les parties aléatoires sont complètement anonymisées (ce qui est peut-être aussi une contrainte due au fait que l’online soit cross-plateformes avec les joueur pour smartphones) et il n’y a aucun moyen de communiquer avec l’adversaire. Là où un chat pourrait peut-être se retrouver être un mauvais choix sur smartphones, de simples macros pour envoyer des messages prédéfinies auraient en revanche fonctionnées. Sûrement pour appuyer le côté “partie rapide” et l’aspect simplifié au maximum du jeu, il n’y a pas beaucoup d’options disponibles en partie. A vrai dire, à part le jeu lui-même, on peut seulement quitter la partie ou demander un rematch à la fin de celle-ci. Le vrai problème vient du fait que l’on ne puisse pas abandonner et donc, en voyant la défaite arriver, la plupart des joueurs quittent soudainement. Ceci n’est en revanche aucunement pénalisé par le jeu comme peuvent le faire d’autres jeux, ce qui est incroyablement frustrant étant donné qu’on se retrouve finalement peu souvent à finir une partie.

Petit point sur les versions smartphones, j’ai trouvé le tactile bien moins efficace et beaucoup plus brouillon à contrôler qu’à la souris. Le jeu est aussi dans une sorte de modèle freemium, une partie étant jouable “gratuitement” (il y a des pubs à la fin de chaque partie non gagnée en accomplissant tous les objectifs) tandis qu’il faut payer pour débloquer le reste du jeu et se débarrasser des pubs.

Crush Your Enemies a ainsi comblé toutes les attentes qui s’étaient créées chez moi suite à la démo presse. En l’état, c’est un jeu incroyablement fun et ce immédiatement, accompagné d’un humour plutôt drôle et d’une chouette ambiance. J’espère que les développeurs corrigeront les quelques problèmes rendant l’expérience frustrante, étant donné que le cœur est solide et que je me vois bien y revenir régulièrement pour quelques parties multijoueur. Il n’y a plus qu’à espérer que les ventes suivent pour que les serveurs ne se vident pas !

Ripper

Ripper

Grand fan de Call of Duty et Candy Crush, ce n'est malheureusement pas quelque chose dont je peux librement parler ici... Du coup, je vais me rabattre sur fan de plates-formes, de stratégie (et surtout grand strategy) et « d'ovnis vidéoludiques » avant tout, même si les meilleurs jeux sont ceux qui arrivent à transcender leur genre. Un peu comme Candy Crush, pour ne citer qu'un seul chef-d'oeuvre du style.
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