Cradle
Windows

Cradle, ce n’est pas le travail bâclé de trois copains russes qui cherchent à emboîter des pixels lors d’une après-midi pluvieuse. Non, c’est un projet de longue haleine qui aura mis du temps avant de se concrétiser et de finalement sortir sur Steam par le biais du Greenlight, pour s’offrir à des joueurs avides de science-fiction.

Vous pourrez observer chaque photo, lire chaque journal, fouiller chaque tiroir pour en apprendre plus sur l'univers. 
Vous pourrez observer chaque photo, lire chaque journal, fouiller chaque tiroir pour en apprendre plus sur l’univers.

Yourte mongole, parc d’attraction désaffecté et androïdes inanimés

À la question : « l’aventure est-elle aussi aboutie et satisfaisante que l’on pourrait l’espérer ? » Je réponds directement : oui et non. Oui pour l’univers, l’effort artistique indéniable et la bande son qui vient créer une immersion sans faille dans un monde où l’humanité recourt à des transferts de conscience dans des androïdes pour assurer sa survie. Le scénario est passionnant et à peine arrivés dans le premier environnement – une yourte mongole – on va se mettre à fouiller chaque recoin, à lire chaque note, à observer chaque objet de ce lieu très fourni en détails.

Il vous faudra une heure pour tout voir, tant le travail réalisé pour construire une narration profonde a été grand. On n’y voit pas très clair dans cette histoire, c’est complexe mais on tente de s’accrocher. Et puis il y a cette femme robotique qui trône sur le buffet, inanimée. Elle détient sûrement les réponses à toutes nos questions : que s’est-il passé dans le monde pour que l’homme ait besoin du transhumanisme pour assurer sa survie ? Quel est cet étrange parc d’attraction non loin de la yourte ? Quelle est son histoire à elle ? Pour le découvrir il faudra parvenir à la réparer.

Dans Cradle, les puzzles sont liés à l’environnement. On devra donc devoir cueillir des fruits pour préparer une recette, trouver un chemin dans les prairies grâce à une énigme ou encore chercher des fleurs en mesurant leur taux de pureté. Le résultat est très immersif malgré un moteur de jeu qui va nous obliger à jeter les objets sur le sol pour les combiner (par exemple il faudra jeter les fruits par terre pour pouvoir les couper en utilisant le couteau). Le tour de force est complété par une superbe OST qui accompagne à merveille chaque moment du jeu : découverte, angoisse, émerveillement, c’est un sans fautes !

Les puzzles, liés à l’environnement, apportent beaucoup à l’immersion. 

Empilage de cubes, chutes de framerates et incompréhension

Non (il fallait bien que j’y vienne) pour les phases inutiles et répétitives où il faudra faire des mini-jeux de cubes. Ce n’est pas franchement passionnant la première fois, alors la quatrième fois c’est vraiment lassant. Heureusement on peut passer le mini-jeu une fois qu’on a échoué. Presque inappropriées, ces phases cassent l’immersion, comme si on avait changé de jeu entre-temps. Même si on essaye de jouer le jeu c’est tellement long et laborieux qu’on va préférer se faire perdre.

Le second “non” intervient là où on ne l’attendait pas au vu de ce que le jeu nous avait offert au premier abord : le scénario. La fin abrupte vient apporter la désillusion. Tous ces efforts pour créer une histoire complexe et riche qui s’envolent en fumée avec une conclusion trop hâtive. Presque unanimement les joueurs sont restés béas devant cette fin qui est beaucoup trop floue et abstraite et ne vient pas apporter de la lumière sur les nombreuses questions qu’on se posait. Après avoir ratissé les lieux pour lire chaque article de journal, chaque note, chaque lettre qui traînait dans la yourte, on se sent presque trompé de s’être autant impliqué dans une histoire qui, si elle était intrigante et bien menée au départ, retombe à plat sur les dernières minutes du jeu. En menant l’enquête sur le forum on peut éventuellement parvenir à trouver quelques réponses mais cela au prix de faire un travail monstre de recherche et surtout d’extrapolation pour combler les vides scénaristiques. Les développeurs n’ont malheureusement pas su se mettre à la place du joueur qui va découvrir chaque information dans le désordre et essayer de recomposer le puzzle au fur et à mesure. Il y a trop d’informations à assimiler sur une courte durée (on peut terminer le jeu en une après-midi) et même en s’accrochant, en lisant scrupuleusement tous les écrits, on n’est pas sûrs d’y voir clair. Attendez-vous donc à terminer le jeu la bouche ouverte et le cerveau en compote.

Euh… C’est toujours Cradle là ? 

Pour finir, préparez-vous à avoir des soucis en terme de performance car l’optimisation du jeu n’est vraiment pas aboutie. On va avoir des micro-freeze, des chutes de framerates et du clipping, même avec un bon PC. Faites donc bien attention avant de l’acquérir ou vous pourriez bien vous retrouver dans l’incapacité de passer le premier écran de chargement.


En somme, Cradle propose une aventure imparfaite qui fait en premier lieu rêver le joueur. Story rich, magnifique pour les yeux comme pour les oreilles, on n’y voit que du feu. Et finalement ce n’est pas un jeu sans tare. Toutefois l’immersion est telle que le jeu mérite le détour. S’il ne répond pas entièrement à nos attentes de joueurs on ne peut pas dire que Cradle est mauvais tant l’évasion proposée a été forte et enivrante.

Kitsune-Musume

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.
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