Halo Wars 2
Windows Xbox One

C’est sous ce simple nom de suite que Microsoft et 343 industries ont coopéré avec The Creative Assembly pour proposer une suite au Halo Wars de Ensemble Studios (Rise of Nations) sorti sur Xbox 360 à l’époque. On aurait pu s’attendre à un sous-titre venant le séparer de son ainé, pour faire table rase. Le précédent était un jeu sympathique, mais le jeu de stratégie en temps réel sur consoles n’étant déjà pas au point aujourd’hui, imaginez un peu à l’époque…



Capitaine, mon Capitaine

Après presque trente ans de sommeil, James Cutter et toute sa flotte se réveillent d’un sommeil cryogénique à bord de leur rafiot de l’espace : le Spirit of Fire. À peine débout, voilà que l’équipage doit déjà combattre les Parias, des insurgés Covenant semant le trouble dans une partie lointaine de la galaxie. C’est en mode « Battlestar Galactica » que notre brave Cutter va devoir diriger ses troupes, aidé de son intelligence artificielle faisant évidemment penser à Cortana (en plus badass encore).

Cinq heures, voir six si vraiment vous tenez à prendre votre temps, seront nécessaire à la complétion du scénario principal. Un scénario d’ailleurs parcouru de quelques magnifiques scènes cinématiques, mais qui est cousu de fil blanc : l’histoire est assez classique et ne parlera vraiment qu’aux amateurs du monde de Halo, très vaste et passionnant, qui y trouveront une petite escapade entre deux romans et les aventures du Master Chief.

On a le droit, pour ces missions en solitaire (ou coopération !) à tous les clichés du genre : la défense d’une base pendant trente minutes, la prise de points stratégique, la mission bourrine avec un héros aux commandes qui tire sur de gros bidons rouges pour tout exploser (Command & Conquer, on ne t’oublie pas)Les clichés « bourrins » du jeu de stratégie en temps réel remplissent les différents objectifs de ce jeu sorti sur PC via Windows 10 mais aussi et surtout sur Xbox One.



Un STR à la manette ?

Alors autant vous le dire tout de suite : à la manette, il y a des raccourcis très complexes. Gâchette + un bouton, suivi d’un autre pour rejoindre son escouade, va demander pas mal de temps de compréhension pour les puristes des FPS de la série. Mais contre toute attente, le jeu reste assez confortable au pad. Évidemment vous n’aurez jamais la vitesse et la précision d’une souris, ce qui rend vos déplacements plus lents. Mais si vous faites comme moi et vous servez de soldats fixes pour faire office de balises de déplacement rapide, vous n’aurez aucun problème à couvrir toute votre carte.

Halo Wars 2 propose au maximum 80 troupes à l’écran, sachant que certains véhicules/méchas en « consomment » plusieurs. Petit frère du respectable Rise of Nations, il en reprend cette idée appréciable qui consiste à ne pas créer son armée soldat par soldat, mais troupe par troupe. Cela rend les combats plus massifs visuellement, mais ne change en rien au calcul de dégâts/au coût de ressources, etc… Cette idée avait rapidement rendu un peu ringard Age of Empires à la sortie de Rise Of, même si ce dernier n’aura finalement pas permis à Ensemble Studios de rester en vie.

La base du jeu se fait sur votre quartier général qui, une fois construit, vous demande non pas de placer plusieurs bâtiments un peu partout, mais bien de vous servir des « extensions » de votre QG pour mettre en place votre armurerie, votre caserne, votre garage à Warthog, etc… Centrales nucléaires et pilleurs de ressources seront à placer en priorité pour faire grimper votre nombre de productions et ainsi rapidement créer votre petite armée. Attention : cela ne sert à rien de balancer dix escouades de marines si celles-ci viennent prendre la place d’éventuels chars ou vaisseaux de guerre. Sans parler des quelques (mais précieuses) unités qui vous permettent de réparer les troupes sur le champs de bataille.



Bourrin avant tout

La finesse n’est pas dans Halo Wars 2 et cela, les fans de jeux de stratégie en temps réel doivent bien le comprendre. C’est un jeu pensé pour les consoles avant tout, qui se doit d’être « un peu » plus simple que la moyenne et plutôt que de prendre son public pour des gens stupides qui ne jouent qu’à de gros FPS bourrins (la série des Halo a toujours été davantage que cela), les développeurs.euses ont tranché et choisi la voie du Rush ou de la défense musclée de zone. On s’en contente.

Le soucis dans la Campagne, finalement, c’est qu’elle est un énorme tutoriel (comme trop souvent dans le genre) avant un mode Multijoueur  que beaucoup ne pratiqueront pas. Il ne faut pas oublier que la majorité des joueurs de Halo sont aussi passionnés par son univers et passé le scénario et la découverte des lieux, des unités, des personnages… Certains quitteront sans doute net le jeu. C’est pourquoi toutes les bases de Halo sont proposées : les cranes à déceler dans chaque mission (permettant des bonus « festifs » ou quelques triches/défis relevés à configurer avant le lancement d’une partie), les modes de difficulté, la coopération… L’univers Halo est respecté à la lettre.

Dommage malgré tout que le matchmaking soit si compliqué. Testé sur PC et Xbox One, celui-ci avait quelques soucis à fonctionner jusqu’au bout, à trouver des gens réellement de notre niveau en face, sans parler de grosses heures creuses en première semaine (mais cela va mieux depuis quelques jours avant la parution de ce test). On espère sincèrement pour les fans que le multijoueur prendra, au moins sur Xbox One où il n’y a aucune concurrence dans le genre.



Blitz en sauveteur ?

Un autre mode de jeu est présent pour sauver un peu un mode Multijoueur classique de sa banalité globale : le mode Blitz. Tout au long du jeu, de la campagne, de vos parties journalières et hebdomadaires, vous gagnerez des points d’expérience pour votre niveau de « soldat », mais aussi des cartes. Celles-ci sont à collectionner (évidemment disponible sur le Store, mais pas de bêtises !) et vous permettent de jouer à un mode multijoueur extrêmement rapide.

Au lancement de la partie vous démarrez à votre base, que vous soyez en équipe ou non, vous possédez votre zone de début. Vous pouvez y poser des cartes, représentant chacune une unité ou un pouvoir spécifique contre un peu (ou trop) de vos ressources. Des points de ressources supplémentaires sont à prendre sur la carte pour vous assurer de poser davantage de cartes sur le terrain mais attention : la partie est rapide, c’est du pur Rush et il va falloir capturer les points du centre de l’écran pour glaner un maximum de score au temps. Le premier joueur/la première équipe remplissant sa jauge de score a alors gagné(e). La petite astuce pour empêcher un beau bordel mal organisé, c’est la perte de 50% de la barre de santé de chaque unité lancée sur le terrain en dehors de la base principale. C’est malin et oblige les joueurs à jouer en pleine panique sans faire n’importe quoi pour autant.

Ce mode est rapidement le plus joué en ligne face au Multijoueur classique et cela se comprend : partie très rapides, faciles d’accès, avec obtentions de cartes aléatoires qui donnent envie aux joueurs de montrer qu’ils ont une belle carte en or malgré le fait qu’elle lui coûte toutes ses ressources d’entrée de jeu. Cela fonctionne et donne envie de collectionner tout ce beau monde mais malheureusement, beaucoup de joueurs y trouvent déjà les limites du mode : beaucoup de coup de chances, de ressources au bon endroit au bon moment, rendent les parties souvent injustes.


Halo Wars 2 est extrêmement sympathique pour les fans de l’univers Halo. Surtout, il propose enfin de la stratégie en temps réel totalement agréable à jouer sur console passé quelques moments de prise en main. Malgré un scénario de campagne pas forcément incroyable (mais très bien mis en scène), Halo Wars 2 parvient à captiver facilement sans pour autant oublier d’être beaucoup plus bourrin que stratégique, beaucoup moins raffiné et original que prévu. Sur Xbox One, c’est une belle curiosité. Sur PC, entre le féroce concurrence et un Windows Store bien énervant, c’est plus compliqué…

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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