Wonder Boy : The Dragon’s Trap
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Dirigée principalement par Ben Fiquet et Omar Cornut, deux grands amoureux du Wonder Boy III de 1989 sorti sur Master System, l’équipe de Lizardcube s’est donc mis en tête de propose ce jeu très rétro à un public actuel avide de graphismes et musiques modernes. C’est dans les vieux jeux qu’on fait les meilleurs hits ? C’est ce que nous allons voir dans cette critique pleine de bons souvenirs, mais aussi de frustrations passées pour ceux ayant déjà joué au jeu original.



Dessine-moi un Dragon

Reprenant exactement là ou s’arrêtait le précèdent épisode, Wonder Boy : The Dragon’s Trap nous laisse combattre un boss gigantesque en guise de tutoriel. Boss de fin de jeu du précèdent titre, par ailleurs. Malheureusement, après ce combat notre héro.ine (car cette nouvelle version est aussi l’occasion de proposer une Wonder Girl) est transformé.e en petit dragon. Voilà que le joueur/la joueuse se retrouve à parcourir un monde plutôt libre fait de plusieurs tableaux avec un hub central (le village), dans le but d’affronter d’autres boss, d’obtenir d’autres formes animales jusqu’à retrouver sa forme humaine.

La première chose qui frappe lorsqu’on se lance dans cette nouvelle version de Wonder Boy III : The Dragon’s Trap, c’est toute l’ambiance visuelle et sonore. Chaque petite animation nous rappelle le soin apporté à des jeux comme les derniers Rayman et voir débarquer cela de la part d’un tout petit studio indépendant force le respect. Graphiquement, Wonder Boy est tout à fait sublime : il mélange les inspirations évidentes du jeu original avec un esprit très européens dans les traits, rendant le tout extrêmement accessible et grand public. Autrefois en fond noir, ou rose, les arrière-plans des différents niveaux recèlent de détails amusants et magnifiques. Ce n’est de plus jamais trop chargé.

Musicalement, que dire si ce n’est qu’on touche aussi à la perfection. Les rythmes originaux sont retravaillés et cette fois-ci, chaque ambiance différente (le desert, le château…) aura sa propre variante du thème principal d’exploration du jeu. On le siffle rapidement, il nous hante comme à l’époque (les fans de la première heure feront un gros plein de nostalgie) et on ne peut que féliciter les musiciens pour leur travail d’exception. Travail par ailleurs visionnable en vidéos bonus dans le menu prévu à cet effet.



Gameplay à l’ancienne ?

Wonder Boy III est considéré comme l’un des meilleurs jeux de la Master System de Sega et cela se comprend tout à fait. Proposant une évolution (faussement) libre entre les différentes zones, il force à la découverte comme le ferait un Metroid ou un Castlevania, mais avec des environnements tellement dépaysants qu’on a toujours l’impression de partir à l’aventure et découvrir de nouvelles choses. Actuellement, on pourrait clairement affirmer que la série des Shantae de WayForward est la série de jeux qui s’inspire le plus de ce Wonder Boy.

Chaque animal que l’on peut incarner possède ses spécificités, ses forces et ses faiblesses. Les armes, armures et boucliers à dénicher tout au long du jeu sont interchangeables et ont-elles-aussi des propriétés uniques : alors que certains sabres donnent davantage d’or sur les ennemis, une armure permet par exemple de se baigner dans la lave sans prendre de dégâts. Tout cela devra être utilisé correctement, avec un peu de malice pour certains passages plus retors et ce, plus facilement grâce à une nouvelle interface nettement plus pratique que sur Master System !

Mais avec les vieilles soupes, il y a aussi les vieilles méthodes concoctées : le gameplay a un peu changé entre l’ancienne version et celle-ci avec, par exemple, le pouvoir de la souris qui peut grimper sur les murs. Autrefois il était très perturbant de devoir regarder les pieds de son personnage gigoter dans tous les sens pour nous indiquer qu’il était bien « collé » à la paroi que l’on voulait traverser : maintenant, ces parois apparaissent légèrement plus grosses lorsque vous vous collez dessus (même la tête à l’envers) ce qui rend la progression plus aisée. Cela n’empêche en rien, à contrario, de rencontrer des hits boxes légèrement abusives et surtout, des affrontements contre les Boss absolument quelconques et loin d’être épiques.

C’est sans aucun doute ce qui a le plus vieilli dans Wonder Boy III : les Boss. On se contente d’apprendre par cœur leur tout petit pattern de déplacement, puis on saisi les occasion pour frapper la tête. Les hitboxes, encore-elles, peinent à nous laisser nous amuser face à ces titans au look saisissant (et la nouvelle version de chacun est encore plus drôlement monstrueuses qu’à l’époque) ce qui rend ces petites expériences de fin de niveau vraiment peu palpitantes.

Reste que c’est bien là son seul gros défaut, à ce The Dragon’s Trap artistiquement sans failles. Il est court (un joueur occasionnel en fera le tour en cinq heures, environ) mais recèle de plusieurs secrets dont quelques nouveaux. On ragera encore parfois devant des chemins à suivre pas toujours logiques mais heureusement, un « cochon voyant » nous aidera avec quelques indices pour nous dire ou nous rendre en cas d’aller-retours incessants et peu fructueux.



Une dose de nostalgie

Cette nouvelle version offre la possibilité magnifique de passer d’un coup de gâchette de la manette de l’ancienne version à la nouvelle sans aucun chargement. On se rend compte alors que les deux types de visuels (moderne et original) cohabitent à l’écran de façon magistrale. On passe son temps à revenir aux graphismes d’époque juste pour voir à quoi cela ressemblait, ce qui faisait notre enfance ou celle de nos parents pour les plus jeunes. C’est passionnant.

La musique et les sons viennent aussi avec leur version rétro d’une pression sur le stick analogique droit. Avec tout cela, on est prêt à passer de l’un à l’autre quand on veut, ou on veut. Par curiosité ou par nostalgie, cette option sublime l’aventure en incorporant cette nostalgie au centre de l’expérience. C’est malin et les options d’écrans, de simulation de vieux téléviseurs et autres filtres graphiques vieillots, viennent confirmer l’envie nette des développeurs de proposer une grosse dose d’enfance à tout un public qui ne s’attendait surement pas à un aussi beau traitement.


Wonder Boy : The Dragon’s Trap a pratiquement toutes les qualités, mais aussi les défauts du jeu original : il est assez court, les Boss sont très peu intéressants et le gameplay a forcément vieilli entre temps. Néanmoins il propose une aventure vraiment passionnante, sublimée par un travail artistique de première qualité, à partir de laquelle beaucoup d’éditeurs de jeux surfant sur la nostalgie des joueurs devraient s’inspirer. Si vous avez connu le jeu original, ce jeu est un achat obligatoire. Pour les autres, sachez que vous passerez un très bon moment en la compagnie de ce petit dragon et de ses autres incarnations.

Skywilly

Skywilly

Rédacteur en chef collectionneur de Skylanders et qui passe beaucoup trop de temps sur ces briques Lego. Heureusement qu'il y a des petits jeux pour s'évader ! Auteur de Le jeu vidéo indépendant en 2015 : Portraits de créateurs
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