Slime-San
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Le slime est en général considéré comme l’un des ennemis des jeux de rôle parmi les plus faibles. Il est le cobaye de nos premiers combats, le monstre parfait pour se faire la main. Mais ça c’était avant de voir à quel point la vie d’un slime est difficile, et surtout avec quelle combativité ces petites créatures visqueuses sont capables de faire preuve de courage et de ténacité, pour pouvoir se sortir d’une situation que beaucoup jugerait impossible. C’est l’histoire même d’une de ces petites créatures que Slime-san va nous conter à coup de die & retry, de manettes explosées et d’ampoules sur les doigts.



MOS-san

Ma première rencontre avec ce jeu remonte à la dernière Gamescom. Autant vous l’avouez de suite, mais Slime-san m’avait déjà tapé dans l’œil à l’époque. Il n’avait pourtant à première vue pas grand chose pour lui. Il arbore un graphisme rétro fait de gros pixels avec peut-être encore moins de couleurs qu’un jeu NES, et pourtant, je fus irrémédiablement attiré par cette étrange bestiole cherchant à s’échapper des entrailles du ver géant l’ayant avalé sans cérémonie. Après réflexion, cette fatale attraction est sans aucun doute due à mon enfance. Avec ses trois ou quatre couleurs se battant en duel à l’écran, la plupart de ses niveaux tenant dans un seul écran sans scrolling horizontal ou vertical, et ce fond coloré écrasant m’évoquent tout un tas d’émotions enfouies depuis belle lurette. Il faut comprendre que mes premières armes dans le jeu vidéo ont été forgées un peu à droite et à gauche dans diverses machines, et parmi l’une des plus importantes, il y avait un ordinateur signé Apple, le seul produit de la marque à la pomme croquée que j’ai d’ailleurs jamais possédé.

L’Apple IIe tournait chez moi sur un écran capable d’afficher pour seule couleur le vert sur fond noir, et parmi les perles qui m’ont accompagné durant mes heures passées sur cette machine, il y avait des jeux comme Conan le Barbare. Si je me rappelle bien, c’était un plateformer composé de seulement trois niveaux. La difficulté était élevée pour mon très jeune âge, d’autant que le joystick servant de manette était dotée d’une sensibilité réglable au travers de deux boutons à tourner, un pour l’horizontal et l’autre la vertical. Un cauchemar en soit. Slime-san n’a pourtant que la saveur de mon enfance. En cherchant plus loin, il est loin d’être enfermé dans un moule qui sent la poussière. Il dispose étonnamment de nombreuses options que l’on aimerait voir plus souvent présentes dans certaines productions, et pas seulement indépendantes. L’une d’entre elle est notamment symptomatique du soin et de l’attention apportée au confort de son public par son développeur. Il s’agit tout bêtement d’une option permettant de changer le code couleur du jeu selon que vous soyez affligé d’un problème de daltonisme comme la protanopie, la deutéranopie ou encore la tritanopie. C’est d’autant plus important que le jeu repose énormément sur son code de couleur, car notre slime est vert, par conséquent tout ce qui est vert n’est pas dangereux pour lui, et tout ce qui est rouge est à contrario mortel pour sa frêle composition. Il ainsi est étonnant de voir avec quel soin les options ont ainsi été pensées, et pour moi, quand un jeu commence à vous caresser dans le sens du poil dès son menu option, c’est que derrière, tout le reste devrait normalement suivre.



Slime Like You Mean It

Et c’est relativement le cas. Malheureusement pour moi, les heures investies dans le jeu se sont soldées par une perte de ma sauvegarde, un problème qui serait sans doute dû à la synchronisation avec le cloud de Steam. Quand on sait que Slime-san compte cinq mondes composés chacun de vingt niveaux avec leur boss , repartir de zéro fait mal aux doigts. Je me dois alors d’être honnête. Bien que je n’ai pas encore terminé le jeu à ce jour, et que de toute manière, je le finira à terme et à mon rythme, j’ai suffisamment arpenté les niveaux en compagnie de cette boule verdâtre pour vous en dire tout le bien que j’en pense. Car Slime-san ne se laisse pas facilement apprivoiser. Ce plateformer de tous les instants demande beaucoup de réflexes et de réactivité.

Un timer se trouve en effet à nous rappeler très vite qu’il faut sans cesse avancer, en nous laissant à peine le temps de respirer, car une fois vide, c’est une vague d’acide rouge qui se rapprochera de vous. Ainsi, chaque niveau est découpé sous la forme de plusieurs tableaux à franchir, le jeu ne sauvegardant votre progression qu’une fois le dit niveau terminé. Si je devais le comparer à un autre titre du genre, notre boulette gluante serait le pendant couleur émeraude de Super Meat Boy. Il repose sur le même principe de plate-formes particulièrement exigeantes où mourir et recommencer ad nauseam fait partie entière de son expérience. Il ne faut pas hésiter à mourir, à tâter le terrain, sachant que le slime peut sauter, faire un dash horizontal ou vertical, et littéralement grimper le long de la plupart des murs tant qu’ils ne sont pas colorés en rouge. C’est ainsi en recommençant sans cesse que l’on parvient à éventuellement s’améliorer et réussir le niveau, si la rage n’a pas pris le dessus avant, vous poussant alors la bave aux lèvres à l’insulter de tous les noms d’oiseau possible. Il y a dans sa jouabilité un côté assez sec, à l’ancienne. Les sauts sont assez rigides comme tout le reste d’ailleurs, et s’inscrit dans une maniabilité qui se veut en générale assez précise. Car Slime-san n’est pas du genre à laisser la place à la moindre erreur. Il ne nous en pardonne d’ailleurs aucune. C’est d’autant plus difficile qu’il se renouvelle sans cesse, soit en ajoutant des ennemis mobiles, soit en ajoutant des scies circulaires ou encore des plate-formes mouvantes ou glissantes.

Ainsi peu à peu, le gameplay s’enrichit par petites touches le rendant infiniment plus complexe, mais également toujours intéressant et par conséquent enrageant. Mais c’est pour la bonne cause. Les boss sont peut-être de trop, un peu lourdingues à affronter, sans pour autant être complètement déplaisants car très différents. Après, si on compte la possibilité de récupérer dans chaque niveau plusieurs pommes comme des bonus optionnels, la possibilité d’améliorer son temps, car Slime-san est clairement un jeu à score très fortement orienté vers les amateurs de speedruns, on tient là une petite perle riche en contenu et en heures de jeu bien remplies. Alors oui, il est difficile, mais pas impossible. Il n’est clairement pas à la portée de tout le monde, mais à chacun sa peine, il suffira à réjouir et à énerver les plus compétitifs dans l’âme des joueurs.


Impossible de cacher le fait que Slime-san m’a fait rager de nombreuses fois. La perte stupide de ma sauvegarde m’oblige ainsi à tout recommencer, ce qui n’est pas une mince affaire vu la difficulté élevée de ce jeu. Il est certes très exigeant autant que généreux dans ses options et son contenu, mais une chose est sûre, si vous avez aimé les jeux du style de Super Meat Boy ou VVVVVV, il n’y a donc aucune raison de bouder ce petit bijou.

Vasquaal

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.
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