Life is Strange : Before the Storm
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Cette année, Dontnod cède sa place au studio Deck Nine pour le développement de Life is Strange : Before the Storm, préquelle de leur bébé sorti en janvier 2015. Sous la houle de Square Enix, Dontnod, qui travaille actuellement sur Life is Strange 2, a été consulté pour la création de Before the Storm afin d’assurer la cohérence de l’univers mis en place et de respecter les caractères forts des personnages.



To hype or not to hype ?

Je me souviens du moment où j’ai découvert la fiche du jeu sur le magasin Steam. En tant que fan incontestée du premier volet, j’ai immédiatement été très excitée à l’idée de la sortie prochaine d’un nouveau jeu. Puis j’ai commencé à lire et ma hâte s’est légèrement calmée. Une préquelle. Pas une suite. Bien sûr j’ai aimé l’univers mis en place par le premier jeu et évidemment j’ai adoré le personnage de Chloé, son côté punk, spontané et complètement barré ! Seulement, pour moi, tout avait été dit et tout était conclu. Ceux qui, comme moi, ont joué le premier Life is Strange savent comment tout se termine. Une préquelle est attendue quand il reste des zones d’ombres dans une histoire, or, dans le cas présent, les dés avaient été jetés et le sort en était décidé. Tout cela m’amenait à me demander si ce jeu était vraiment nécessaire ou s’il ne servait qu’à faire patienter les fans en vue de la sortie de Life is Strange 2, la suite, la vraie.

Dans Life is Strange : Before the Storm, le focus est donc placé sur le personnage de Chloé, trois ans avant les événements du premier jeu. Adolescente rebelle complètement paumée depuis la mort de son père et l’intrusion d’un autre homme dans la vie de sa mère, Chloé sèche les cours, fume des joints et passe son temps à taguer murs et autres surfaces. Sa meilleure amie, Max, a déménagé et semble l’avoir oubliée. Tout chez elle crie à l’aide mais personne n’est là pour l’entendre jusqu’au jour où Rachel Amber, la fille la plus cool du lycée, s’intéresse à elle.



« Papa ! Freine ! » Et Chloe, accélère !

Bien que le fait soit avéré dès le début de Life is Strange, je ne vais pas spoiler ceux qui pensent se lancer dans l’aventure en commençant par ce jeu-ci (car oui, c’est tout à fait possible) mais sachez que cette Rachel aura une grande importance dans le premier volet. Dévoiler aux joueurs comment cette amitié s’est liée est une intention louable mais est-elle suffisante pour créer de l’intérêt ? Le début du jeu peine à se mette en place. Outre le passage (inévitable) par des lieux connus comme la maison de Chloé ou le campus, on attend sans relâche l’élément déclencheur. Si Life is Strange ne nous laissait même pas le temps de nous demander ce qu’on faisait là et nous happait dans son intrigue dès les premières minutes, ici, le schéma n’est pas identique. Où cela nous mène-t-il ? Il faudra attendre de passer les 80% de ce premier épisode pour commencer à se sentir plus impliqué dans l’histoire de Rachel et Chloé. Quand on sait qu’il n’y aura que trois épisodes, forcément on s’inquiète un peu.



Before the Storm < Life is Strange ?

Pour mieux s’imprégner du personnage, les joueurs ont a nouveau droit à un journal joliment décoré. Sur le coup, ce journal m’a paru factice dans le sens où Max en tenait un pour elle-même, elle l’illustrait et laissait ainsi paraître son côté artistique (elle étudiait la photographie pour ceux qui débarquent). Mais Chloé ? Elle adresse ce journal à Max, qui l’a pourtant abandonnée, et y fait des dessins alors que les seuls moments où elle exerce une activité artistique sont lorsqu’elle effectue des tags sommaires, la plupart du temps textuels. Alors hum… j’ai l’impression que ce journal n’est qu’un prétexte pour nous faire suivre l’histoire sans pour autant que cela ne corresponde réellement au personnage de Chloé.

Autre grande problématique : il fallait palier au manque de pouvoirs temporels sur cet opus. Max pouvait remonter le temps et changer la donne et Chloé peut… être insolente ? C’est réellement un pouvoir ? En clair, il s’agit de phases où l’on devra répondre rapidement tout en se concentrant sur les mots de l’interlocuteur afin de choisir la réplique qui tue. Si le défi insolence est réussi on peut se sortir d’une mauvaise situation ou effrayer la personne avec qui on s’entretient. Une nouveauté bien pensée mais qui reste toutefois bien en dessous du potentiel de Max.

Pour Before the Storm, les photos à collectionner ont été remplacées par des tags, sur ce point on dit banco, ça fonctionne. C’est assez drôle de pouvoir taguer les murs avec le dessin du proviseur en colère ou des phrases sarcastiques à la Chloe et le mode collectionneur permettra de rejouer une séquence si on a omis d’y faire du vandalisme. Le hic c’est qu’on ne peut pas skipper les longs dialogues même dans ce mode qui sert simplement à récupérer les collectibles, aïe.



Waouh, ça brille !

Cette année, il est possible d’acheter une version deluxe du jeu. Cette version donnera à ses acquéreurs la possibilité de retrouver Max lors d’un épisode bonus après la fin du jeu. Ça c’est pour le gros bonus (on va pas épiloguer sur le fait que Chloe peut avoir des tenues supplémentaires, non). En clair, on a droit à du marketing à la Square Enix, du genre « lâche 10 € de plus sinon tu connaîtras pas vraiment la fin, loser ! ». Bon, j’exagère mais cet épisode bonus a vraiment (mais vraiment) intérêt à ne pas se moquer des joueurs qui ont payé 10 € de plus sachant que le jeu en soit ne vaut que 17 €. Réponse dans quelques mois.


En définitive, après 4h passées sur ce premier épisode, le bilan est en demi-teinte. On retrouve toujours la recette qui marche : personnages attachants, environnements travaillés et bande-son hyper-mega-géniale. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de penser que ce jeu est fait pour les fans et uniquement pour eux. L’absence d’une mécanique de jeu aussi satisfaisante que la manipulation temporelle donne l’impression d’un Life is Strange a qui on aurait enlevé son sel. Seule la suite nous dira si cette mise en place lente de l’intrigue portera ses fruits.


Épisode 2

Après près de deux mois d’attente, le nouvel épisode de Life Is Strange : Before the Storm est enfin disponible, prêt à dévoiler tout son potentiel. Afin de préserver la surprise et une expérience de jeu optimale, ce test ne contiendra pas de spoiler.



Chloe was here

Ce nouvel épisode place d’un côté le focus sur l’introspection psychologique du personnage de Chloe, et de l’autre développe la relation entre cette dernière et sa nouvelle meilleure amie, Rachel Amber. Campus de Blackwell, décharge municipale, dortoirs de l’académie, Deck Nine fait a nouveau le choix de ne pas dépayser le joueur et ce pour la majorité des scènes de cet épisode. Rares sont les chapitres qui apportent de la nouveauté et après un premier épisode qui posait les bases et restait sans grandes surprises, le manque cruel de fraîcheur commence à se faire ressentir.



Antisocial, tu perds ton sang froid !

Les rares scènes se plaçant dans un milieu entièrement neuf permettent de piquer l’intérêt du joueur qui s’est bien malgré lui laissé prendre dans le train-train quotidien d’une ado rebelle et brisée. Pour le premier opus de Life is Strange, certains joueurs avaient pointé du doigt les personnages comme étant des caricatures. Si j’étais la première a élever la voix contre ces critiques, je ne peux m’empêcher de ressentir que Chloe devient de plus en plus un archétype de l’adolescente paumée (qui forcément est une délinquante, une droguée et une infatigable effrontée). Un personnage principal qui s’essouffle malheureusement et, à côté de ça, le personnage secondaire de Rachel qu’on ne développe pas assez alors qu’il semble être au cœur de l’intrigue. Le ressenti global est celui d’une écriture qui manque de profondeur, qui se cherche et se perd un peu en route.


Cet épisode intermédiaire ne se place pas la hauteur de ce qui a été fait pour Life is Strange premier du nom. Et même en évitant la comparaison avec son prédécesseur, le climat de banalité qui s’est quelque peu installé lors du premier épisode peine à se dissiper avec une suite de cette teneur. L’adrénaline n’y est plus vraiment. L’intrigue reste quasiment au point mort. Ça manque de fraîcheur, de créativité, d’audace ! Malgré ses manquements à remplir nos attentes, le jeu est loin d’être désagréable. Mais une fois l’épisode terminé, la frustration s’installe. Faut-il y croire jusqu’au bout ?


Épisode 3

Comme un cadeau de fin d’année, le dernier épisode de Life is Strange : Before the Storm a pointé son nez au bon moment. Enfin nous allons savoir si nos espoirs ont été vains ou si notre attente aura payé. Après deux épisodes au scénario sans envol, l’aventure réussira-t-elle à nous faire ressentir l’adrénaline a laquelle le premier Life is Strange nous avait habitués ? Comme pour l’épisode précédent, ce test ne contiendra pas de spoilers (et pas d’espoir, fuyez !).



Ô esprit, laisse la tempête dissiper mon ennui

Pour la conclusion de l’aventure, on décèle l’envie chez les développeurs de nous apporter un peu de piquant (au sens propre comme figuré). Toutefois, après les errances d’un scénario qui a peiné à me captiver pleinement depuis ses balbutiements, cette suite et fin m’a laissée quelque peu indifférente. Une certaine distance s’est installée entre le joueur et le duo Chloe/Rachel. L’empathie n’y est plus, Chloe commence à me taper sur les nerfs avec son sale caractère malgré le fait que je garde toujours un peu d’affection pour elle, contrairement à Rachel. Trop creux, trop impulsif, son personnage peine à convaincre et son sort m’a laissé un temps soit peu indifférente (Ah quel cœur de pierre que je suis). Le dénouement s’annonçait donc moyennement réjouissant puisque bien entendu, il tournerait principalement autour de Rachel. Pour regagner mon intérêt il aurait fallu un sérieux coup de fouet afin de faire repartir un scénario totalement enlisé.


« Les étoiles sont un mensonge » (dixit Rachel) , l’indifférence est bien réelle

Mais voilà, le coup de fouet arrive bien trop tard. Quand enfin l’action se corse et que les révélations semblent à portée de main, tout se conclut à la va-vite sans plus de cérémonie. Alors que le duo de choc passait des heures affalé sur un lit à regarder les étoiles projetées par une lampe artisanale, la conclusion, elle, est expéditive. Et si nos questions n’ont pas toutes obtenu une réponse satisfaisante, on s’en tamponnerait presque les lobes d’oreille tant l’indifférence a atteint son point culminant. On profite de la bande-son sympathique, de quelques traits d’humour et d’environnements toujours soignés mais ça s’arrête là. Retirez un scénario captivant à un jeu narratif, que vous reste t-il?


Maintenant qu’on en est arrivé là, il faut bien affronter la vérité. Before the Storm a un scénario qui rivalise avec les téléfilms du dimanche après-midi. Manque de surprise, ennui, sentiment d’inachevé, attente et frustration, voilà votre lot. Ce n’est pas fondamentalement nullissime, mais par pitié si vous voulez y jouer faites le avant de vous atteler à Life is Strange premier du nom. Comme un avant-goût de ce qui vous attendra, il n’en sera que plus appréciable et moins frustrant.

Kitsune-Musume

Ancienne amasseuse compulsive de jeux boite, j'aime à me perdre désormais sur les terres fertiles de l'indépendant. Gameuse à tendance no-skill/casu/basheuse de la touche X, testeuse de résistance mentale aux low-framerates avec ma vieille (mais fidèle) brouette connectée, j'aime les armes lourdes et badass, les univers immersifs et les scénarios bien ficelés. A l'inverse, j'ai horreur des jumpscares (flipette de catégorie 3), je fuis les collectes poussives de piécettes et je recule devant mes devoirs de rédaction d'une biographie.

Une pensée sur “Life is Strange : Before the Storm

  • Mwarf
    03/09/2017 à 22:56
    Permalink

    J’ai adoré Life is Strange, mais comme toi je n’étais pas convaincu par l’idée d’une préquelle.
    Bon, ton avis ne me donne pas envie de me jeter dessus… je vais sans doute attendre le 2.

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