Niddhog 2

Une des références que l’on retrouve souvent dans l’imaginaire grand public lorsqu’il s’agit de définir la base du jeu vidéo est Pong. Deux raquettes, une balle et un duel dont chacun comprend immédiatement les règles. Depuis, la simulation du jeu de tennis est restée une recette redoutablement efficace en terme de gameplay car tout y est pour permettre à deux joueurs de s’affronter rapidement dans le fun et la tension : peu de coups différents mais qui peuvent s’avérer extrêmement décisifs lorsqu’ils sont bien placés et en face, pour assurer les droits de la défense, des contres pouvant également renverser la situation de façon significative. Niddhog a simplement adapté cette recette en transformant cela en jeu de duel à l’épée avec quelques subtilités d’équilibrages supplémentaires bien pensées. (la roulade et le fait de pouvoir ramasser une arme à terre entre autres).



Le grand écart

Le premier épisode avait également eu la très bonne idée d’adapter un autre principe des règles du tennis : la victoire par écart de point. En effet, au tennis, la victoire ne revient pas forcément à celui ou celle qui aura remporté le plus d’échanges mais à celui ou celle qui aura su marquer les points décisifs pour remporter les différents jeux. Dans Niddhog, cela se transforme en système d’attaque/défense où le but pour l’attaquant est de franchir la ligne d’arrivée derrière les 3 écrans adverses et pour le défenseur de redevenir attaquant en tuant ce dernier.  Doté d’un style rétro essentialiste, les parties de Niddhog entre 2 concurrents d’un niveau similaire pouvaient durer des plombes tant qu’aucun des deux n’arrivait à prendre un avantage décisif. Entre les rires, le chambrage et les diverses provocations récréatives, le jeu se transformait alors en duel psychologique basé autant sur les réflexes que sur la résistance. Bref, c’était le jeu apéro idéal ainsi qu’un réel challenge et on ressortait de Niddhog un peu épuisé comme après une soirée foutrement sympathique.

Niddhog 2 sonne alors comme si ce pote chez qui vous aviez passé cette belle soirée vous réinvitait chez lui après une longue période. Même concept, sauf que depuis il a décroché un CDI et changé d’appart. On passe alors d’un système à gros pixels à une vraie petite production avec décors mouvants, des musiques un peu mieux soignées et des personnages avec des customisations débiles. Malheureusement, le tout a beau être sympathique et un peu fun, difficile de qualifier Niddhog 2 de beau jeu à la fois parce qu’on a légèrement perdu en lisibilité et parce que l’esthétique général reste perfectible.  Un peu comme si votre pote avait choppé des goûts de nouveau riche pour son appart.



Guerre épées

Toutefois son appart n’est pas le seul à avoir grandi, sa cave aussi et heureusement pour vous, il a toujours aussi bon goût en terme de breuvage le petit saligaud. Car le beau jeu dans Niddhog se trouve toujours dans le gameplay qui s’est vu dôté d’un upgrade plus qu’appréciable. Si avant il fallait se « contenter » d’une unique épée et du combat à la main et de trois positions (haut, moyen et bas), il y a désormais 4 armes différentes à votre disposition et beaucoup plus de terrains jouables pour varier le dispositif des duels qui parsèment la partie. Un temps d’adaptation sera bien sûr nécessaire mais l’efficacité est une nouvelle fois au rendez-vous et Niddhog 2 a surtout agréablement renforcé l’influence du skill sur la victoire finale. En effet, là où le premier épisode demandait de maîtriser ses réflexes sur quelques combinaisons possibles et un seul terrain réellement intéressant, Niddhog 2 dote vos personnages d’une arme aléatoire à chaque réapparition ce qui donne aux partes une tension supplémentaire très bien pensée et permet des retournements de situations assez fous quand un écran se retrouve blindé d’armes différentes au sol. 

Deux regrets néanmoins : tout d’abord, à la fin d’un duel, les statistiques ne sont plus affichés ce qui est réellement dommage lorsqu’on vient de passer plusieurs minutes assez épiques. Rien qui ne puisse toutefois pas se corriger dans un éventuel futur patch. Enfin, et surtout, à l’heure actuelle il a été impossible pour votre serviteur de pouvoir tester le mode online (là aussi une nouveauté bienvenue) tant le jeu fut incapable de me trouver un adversaire.  Quand on connaît le sort funeste de certains sorties de suite chez les indépendants, ce silence fait un peu peur.


Fidèlement ancré sur ses fondamentaux, Niddhog 2 reste un jeu solide qui ne perd pas les qualités de son ainé sans toutefois tomber dans le piège d’une production fainéante. Ceux qui auront retourné l’épisode précédent trouveront dans les quelques nouveautés bien pensées un intérêt immédiat et certain à repasser à la caisse. En revanche, celles et ceux qui ne sont pas familier-ères du concept feraient mieux de trouver un proche chez qui tester avant de se laisser tenter.  Au final, le plus gros problème de Niddhog 2 ne tient pas tant dans le fait qu’il s’agit plus d’une grosse mise à jour globale que d’une réelle suite mais qu’il sonne un peu comme le poussage à bout d’un concept qu’il paraît désormais compliqué voire inutile d’essayer de refaire tant il a déjà largement fait ses preuves dans de nombreuses soirées. Difficile en effet d’être et d’avoir épée.

Nemotaku

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Breton bedonnant.
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