L’indie Garden de la Gamescom 2017

Le pavillon français de la Gamescom, accessible en “Business Part” uniquement, est un peu tristounet. Tout blanc, formé de l’accumulation de plusieurs box mélangeant un peu de tout (éditeurs, studios, société de communication), on se demande un peu où est passée la fameuse French Touch dont on essaie de nous vendre les mérites. Le véritable espace à la française est un peu plus loin, un peu moins mis en avant, il ne joue pas la carte du costard cravate mais celle de la convivialité à la française. Bienvenue à l’Indie Garden.


Coiffé d’un chapeau de paille, élégamment habillé d’un tablier de jardinier, Thibaut nous accueille dans un petit espace, au sol orné de fausse pelouse. Dès l’entrée un petit comptoir proposant une planche de saucisson et un peu de fromage, accompagnés d’un verre de pif comme l’on dit par chez moi (n’oubliez pas que je suis Bourguignon). Me sentant comme à la maison, me voilà prêt à tester les jeux indépendants sélectionnés par mon hôte.


Hacktag

On avait découvert Hacktag l’an dernier totalement par hasard au détour d’un couloir, et le revoilà à l’Indie Garden dans une version qui a beaucoup muri. Jeu de coopération « pour couple » Hacktag propose de se mettre dans la peau d’un espion et de celle de son partenaire hacker. L’espion sur le terrain devra éviter les gardes et caméras pour tenter de dérober des donnés sur les PC présents, le hacker devra quant à lui éviter les antivirus pour accéder jusqu’aux ordinateurs où il devra lui aussi voler un certain nombre d’informations.

Bien que les deux joueurs soient en compétition pour obtenir le meilleur score, ils ont besoin l’un de l’autre pour progresser. Le hacker déverrouille les portes, désactive les caméras et allume aussi la cafetière pour attirer les gardes afin d’ouvrir la voie à l’espion. De son côté votre ersatz de James Bond, croisé avec un animal, pourra désactiver les antivirus et ouvrir les accès au réseau pour que le geek derrière son écran puisse avancer lui aussi. De nombreuses interactions sont possibles afin de s’aider l’un l’autre et un système de communication très simple permet à un joueur d’indiquer à son équipier de quoi il a besoin. Si l’an dernier, Piece of cake (le studio Parisien à l’origine du jeu) annonçait utiliser une génération procédurale des niveaux, on peut cette année remarquer un level design bien peaufiner. L’équipe utilise à présent la génération procédurale pour créer une base sur laquelle ils vont revenir à la main pour améliorer et optimiser le résultat obtenu, une méthode qui permet de créer efficacement et rapidement des niveaux de qualité. Le jeu en Early access propose d’ailleurs actuellement une nouvelle map par semaine (hors vacances scolaires), un rythme assez impressionnant pour une si petite équipe.

Toujours en phase d’amélioration au niveau des pouvoirs, de l’interface et des interactions, le jeu propose déjà une excellente base très prometteuse et remplit à merveille sa fonction de jeu pour couple, en particulier grâce au mode écran splitté qui permet de profiter du titre à deux dans un canapé. À surveiller de prêt si votre conjoint(e) est joueur(se) aussi et que vous n’avez plus rien à vous mettre sous la dent depuis l’excellent Overcooked.


Beyond the Void

N’étant pas un grand joueur PC, et encore moins un joueur de MOBA, j’étais un peu inquiet à l’idée de découvrir l’un d’eux, ayant peur de ne rien comprendre au jargon ainsi qu’aux mécanismes spécifiques à ce type de jeu. Heureusement pour moi Beyond the Void est accessible, il l’est même tellement que j’ai réussi à gagner la partie contre Manon, l’une des créatrices du jeu. (Note du Rédac’ Chef : Bon sang qu’il est naïf !)

Vous incarnez le capitaine d’un vaisseau spatial et votre but est de conquérir la planète de votre adversaire tout en défendant la vôtre. Pour se faire vous pouvez améliorer votre base en y ajoutant des anneaux qui génèreront des bonus, en particulier de nouvelles unités pour attaquer votre planète ennemie via la lane. Si vous ne savez pas ce qu’est une lane, imaginez qu’une sorte de couloir virtuel relie les deux planètes dans lequel se dérouleront la plupart des combats. C’est par ce couloir que passeront les unités générées par votre planète ainsi que celle de votre ennemi, s’y trouve aussi les boucliers de chacun. Votre vaisseau peut lui aussi intervenir en combat sur la lane pour apporter sa puissance de feu aux équipes, mais il est aussi possible de se concentrer sur le reste de la carte pour aller conquérir de nouveaux astres qui permettront à votre planète mère de générer plus d’unités sur la lane. Au joueur d’adapter sa stratégie en fonction du vaisseau qu’il a sélectionné, allant du fort, lent et bourrin au petit rapide et faible. Et bien entendu en fonction de la façon de jouer de son adversaire.

Les parties visées sont plutôt courtes, pour exemple ma partie complète a duré 18 minutes environ, ce qui est déjà long d’après ce que m’en disait Manon. Au fur et à mesure des parties vous gagnerez des objets qu’il sera possible de revendre via une crypto-monnaie (un équivalent du bitcoin pour vulgariser les choses). Un concept assez nouveau appliqué, sur un type de jeu très populaire en ce moment, qui a le bon gout d’être accessible aux fans du genre comme aux néophytes (comme moi). Un projet français, par une entreprise familiale (Manon a fondée l’entreprise avec son frère, son père et son oncle) à surveiller de près.


Epic Loon

Joe est un cinévore invétéré, il passe ses journées à regarder les VHS de ses films préférés, en peignoir dans un son canapé. Mais voilà qu’un jour, son magnétoscope commence à avoir du mal à lire les cassettes, Joe se rends alors rapidement à l’antiquaire chinois du coin de la rue pour tenter de résoudre son problème. Le vendeur lui propose une VHS de nettoyage très particulière, celle-ci peut en effet totalement réparé le magnétoscope, cependant il faut bien veiller à respecter certaines règles :

  • Ne pas exposer la VHS à la lumière du soleil.
  • Ne pas la mouiller.
  • Ne pas l’utiliser après minuit.

Mais Joe, trop pressé et impatient, ne va pas respecter ces règles, et c’est alors que des extraterrestres vont s’installer dans sa télévision, et envahir ses productions favorites. L’antiquaire a bien entendu disparu et Joe voit les aliens détruire ses films un par un. Il décide alors de sélectionner 4 des pires VHS de sa collection pour tenter de piéger les petits êtres à l’intérieur de celles-ci.

Vous incarnez l’un de ces extra-terrestres et devez traverser la quarantaine d’écrans disponibles dans chaque film étant chacun la parodie d’une œuvre de renom (Nosferacula, Jurassic Land, Alienator et Grojira). Votre personnage rappel quelque peu les monstars de Space Jam (avant que ceux-ci ne volent le pouvoir des joueurs de la NBA), et peut à peine sauter pour se déplacer. Mais en appuyant sur une touche votre alien va se transformer en un gros tas de chair, avec un œil qui dépasse et qui va se balancer à la façon d’un métronome. Il suffira alors d’appuyer sur la touche de saut pour catapulter votre extra-terrestre dans la direction pointée par son œil, la bouillie va alors pouvoir s’accrocher aux murs, au plafond et à la plupart des objets du décor. Il faudra ainsi traverser chaque tableau jusqu’à atteindre une faille dans l’écran qui mènera au suivant. Les niveaux sont presque uniquement en noir et blanc, et les quelques objets et surfaces rouges sont en fait mortel pour votre personnage. Certains niveaux sont assez simples à traverser, d’autres à l’inverse proposant des objets en mouvement, des gouffres sans fond et des objets rouges un peu partout sont un véritable défi à relever. Un mode multijoueur permet à vos copains de venir squatter votre canapé pour vous aider à traverser les écrans de chaque film. Si l’un des joueurs atteint la sortie, la VHS va alors se rembobiner en accéléré et presser les joueurs restants pour terminer le niveau.

Accompagné de quelques bières, d’une pizza et d’une poignée d’amis, Epic Loon promet de belles soirées à insulter des mamans, le cul vissé dans le canapé. Et une fois la fin de soirée arrivée, il vous prendra sans doute l’envie de regarder à nouveau l’un de vos films favoris, que se soit en DVD, Blu-ray ou sur Netflix, car je doute qu’à part moi (et ma mamie) quelqu’un ai encore un magnétoscope à la maison.


Graahl

Le nouveau jeu de Swing Swing Submarine s’annonçait par un teaser peu explicite, présentant uniquement le montage d’un puzzle représentant un artwork du jeu. Graahl n’est pourtant pas un puzzle game mais plutôt une espèce de livre dont vous êtes le héros. Prenant place dans un monde ou des iles flottent au-dessus des nuages vous voyager d’un archipel à l’autre, seul ou à plusieurs joueurs pour découvrir ce nouveau monde.

Vous disposez d’un nombre d’actions limité à chaque groupe d’iles, vous forçant à faire des choix ou il faudra parfois affronter les autres joueurs pour gagner de précieuses ressources, ou à l’inverse vous joindre à eux pour faire progresser votre quête. Jeu de stratégie narratif, Graahl n’en est qu’à ses débuts (la version testée avait tout juste un mois) et il est difficile de vous en dire plus. Pour le moment les mécanismes fonctionnent, reste à voir ce que donnera le volet scénario du titre.


Skybolt Zack

À la base prototype de jeu étudiant, Skybolt Zack est un plateformer arcade ou l’on passe plus de temps en l’air qu’au sol. Votre héros peut en effet se déplacer et sauter mais surtout dasher sur ses ennemis. Pour pouvoir utiliser cette attaque, il suffit que l’ennemi en question se trouve à la portée de votre personnage (illustrée par un cercle autour de celui-ci) puis d’appuyer sur le bouton correspondant à la couleur de la cible (bleu, jaune ou rouge, regardez donc votre manette Xbox tiens). Zack va alors effectuer un Rocket Punch en fonçant à toute vitesse, point en avant, sur son adversaire et le détruire. Une fois à cette position, il est fort probable qu’un autre ennemi soit à portée, et une simple pression sur la touche de la bonne couleur permettra d’enchaîner immédiatement l’action, et ainsi de suite. L’alternance de couleurs des ennemis à dasher permet de créer une dynamique à mi-chemin entre un Sonic et un jeu de rythme.

D’autres mécaniques viennent s’ajouter à cette base pour diversifier les enchaînements, par exemple, en maintenant une touche d’attaque enfoncée, la portée de votre personnage (et donc le cercle qui l’entoure) s’agrandira pour permettre d’atteindre des cibles plus éloignées. On alterne alors entre les touches de couleur mais aussi entre les temps de pression, ce qui peut donner rouge, rouge, bleu, jaune, bleu long, rouge, jaune. L’échec n’étant que rarement punitif puisqu’en cas de combo raté votre personnage va tout simplement retomber au sol d’où il pourra repartir sans soucis. Les niveaux étant conçu à la façon d’un Sonic par un système d’étage, dont plus on se trouve haut et plus la difficulté est élevée. En cas d’échec la reprise sera donc un peu plus facile que si l’enchaînement avait été réussit. On sent clairement la dimension arcade du titre et les acharnés passeront rapidement sur un stick pour plus de confort.

Une démo est déja disponible via ce lien.

Chezmoa

Tous mes articles pour GSS sont sous licence Beerware.

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