Monster Hunter World
Windows Xbox One

Les Monster Hunter ne sont plus à présenter. De l’extérieur, ils ne ressemblent qu’à une vaste chasse aux monstres de la taille d’un train sinon plus, aux allures de dinosaures ou bien encore de créatures mythologiques, dragons, vouivres et compagnie. Ils sont aussi réputés pour leur nature volontairement chronophage absorbant peu à peu les heures de notre vie. Leur public est du genre fidèle et profondément en phase avec la philosophie d’un jeu qui n’a pas vraiment d’équivalent. Monster Hunter World est le dernier né de cette lignée sur consoles de salon, se sédentarisant alors qu’elle a connu ses plus grandes heures de gloire sur portables.



Welcome to the Jungle

Capcom a pris la décision de rester sur son moteur maison un brin vieillissant, le MT Framework. Cela s’expliquerait par le fait que ce dernier disposait déjà des outils nécessaires à la création d’un nouvel épisode, permettant sans doute à ce que leurs équipes puissent se focaliser sur le gameplay plutôt que de se perdre dans les ennuis techniques. Malgré quelques textures moyennes de ci, de là, Monster Hunter World s’en sort avec les honneurs en devenant haut la main le plus beau des chasseurs pour aller danser avec les monstres. Il suffit de quitter le hub central qui est aussi le camp de la Guilde des chasseurs et d’entrer dans le premier environnement du jeu pour se rendre compte de la majesté de ses décors autant que du soin apporté jusque dans les moindres détails.

Premier environnement donc, qui s’offre à mes yeux sous les traits d’une forêt équatoriale. Quelques animaux pacifiques et sans doute herbivores s’y déplacent en troupeau tandis que quelques pas chaloupés plus loin apparaîtra ma première cible. Énorme lézard que voilà se dessinant sous les traits d’un iguane gros comme un camion aux couleurs tape-à-l’œil. Ni une, ni deux, équipé de l’arme que j’ai tantôt choisie – une sorte de hache modulaire me rappelant les trick weapons de Bloodborne – je m’attaque à la bête qui finit par bien vite remarquer mon existence de sac à viande insignifiant. La traque se poursuivra entre mes coups et ceux du féroce animal, jusqu’à ce que fatigué et proche de la fin, son instinct le ramène à son nid douillet. Quelques coups portés plus tard, quelques potions de soins bues au passage, et me voilà aux côtés de mon trophée, stupidement fier plusieurs dizaines de minutes de combat plus tard.

Contrairement à ses prédécesseurs, Monster Hunter World se pare d’un mode histoire qui est en vérité un mode novice. Une bonne initiative en soit qui va permettre aux débutants comme moi qui connaissent assez peu, voire pas du tout la franchise, de s’y habituer en douceur. Il s’agit alors d’un immense tutoriel magnifiquement déguisé qui se contente de nous apprendre les bases de cet univers de la meilleure façon qui soit : par la pratique. Il faut dire qu’il y a tellement de choses à apprendre que sans ce coup de pouce, les nouveaux venus auraient pu se sentir assez rapidement écrasés par la masse d’informations à retenir.

Je remarque également assez vite que World ne s’est pas seulement contenté d’un simple coup de peinture, mais aura aussi repensé pas mal de choses dans son ergonomie générale. J’ai notamment grandement apprécié la possibilité d’activer la création automatique de potions diverses, pièges ou munitions, lorsque j’en ramasse les ingrédients requis lors de mes sorties, éliminant un processus parfois tédieux au passage. Capcom a su apporter tout un tas de petites touches qui ont permis de rendre l’expérience de ce Monster Hunter plus fluide, plus accessible, et au final, ô combien plus agréable. En éliminant ainsi les points de contention des précédents volets, il devient plus facile de rentrer dans le jeu en ne se sentant pas écrasé par une jouabilité inutilement alourdie d’actions superficielles.

Il est alors possible de se concentrer sur la chasse et seulement la chasse. Il devient très vite apparent que tout autour de ces immenses créatures, un système à la fois complexe par sa richesse et simple à comprendre sa été mis en place. Rien d’inhabituel dans le fond, puisqu’en tant que hack and slash bien qu’ayant ses propres spécificités, il devient peu à peu que l’on approche du dénouement du mode histoire, nécessaire de réfléchir avec plus d’efficacité à notre équipement. L’armement de base – même si les vétérans pesteront un panel réduit en terme de choix – m’est apparu être suffisamment complet, surtout à la vue de toutes les améliorations possibles. Il y a à peu près de tout avec des épées aux proportions dantesques, puissantes mais lentes dans leur set de mouvements, une épée plus courte accompagnée d’un bouclier pour plus de rapidité et de mobilité, ou encore un glaive ayant recours à l’utilisation d’insectes aux propriétés reposant sur les éléments, un arc avec ses flèches, une lance… pour résumer, il y en aura pour tous les goûts et tous les styles, que vous préfériez le contact ou le combat à distance, la vitesse de réaction ou la puissance d’attaque.

Tout cela s’accompagne du mélange savant des différentes parties qui composeront notre armure, chacune ayant des défenses et capacités passives très différentes. Chaque armure se compose effectivement de cinq parties qu’il est possible de panacher entre les différents sets disponibles. Et pour obtenir ces armures, il faut chasser de la grosse bestiole. Par contre, excepté dans les missions aux objectifs clairement définis comme tels, vous n’aurez pas forcément besoin de tuer votre cible. La capture est aussi bien souvent accepté – voire préférée – et apportera ses propres récompenses. Même si cela paraîtra anodin voire hypocrite aux yeux de certains, j’ai apprécié que le contexte culturel du monde de Monster Hunter m’explique que nous ne sommes pas que des chasseurs sans cœur. La visite du camp de la guilde est alors l’occasion de voir que tout autour de nous, il y a tout une organisation pour nous soutenir : des cuisiniers, des forgerons mais aussi des alchimistes, des herboristes et des professeurs en biologie animale. Notre mission n’est pas de bêtement tuer, mais de réguler en quelque sorte les populations animales, de les répertorier aussi et au final de cerner un peu mieux leurs comportements habituels. C’est d’ailleurs autour de cette idée que le mode histoire s’articule.



La nuit du chasseur

L’univers de Monster Hunter est riche en histoires naturelles, en rencontres épiques et combats qui peuvent en découler. Il vous offrira la possibilité de choisir entre différents types de missions ou contrats aux objectifs bien spécifiques, tandis que l’intendante du camp vous offrira d’importantes récompenses en échanges de l’accomplissement de tâches quotidiennes à remplir comme bon vous semblera. Ou alors vous pouvez partir en exploration libre, sans la limite de temps habituellement associé aux dites missions, et ainsi prospecter l’un des cinq environnements que le jeu propose. Il est alors possible de se laisser perdre dans le labyrinthe de verdure de la Forêt ancienne, d’admirer les plaines pas si désertiques que cela du Désert des termites, alors que le Plateau de corail vous enchantera avec son décor marin pourtant hors de l’eau. Tandis que le Val putride vous hantera avec son cimetière pour monstres et ses poisons agaçants.

Chaque recoin de chaque terrain de chasse est unique dans sa conception évitant la répétition tout en jouant sur des axes de déplacements aussi bien horizontaux que très verticaux. Exit aussi le découpage des environnements en zones séparées chacune par un temps de chargement. Ils sont désormais tous ouverts, rendant les chasses plus dynamiques mais aussi plus imprévisibles, les monstres pouvant s’engouffrer dans des chemins inaccessibles aux joueurs, s’ils ne sont pas ailés, préférant alors la voie des airs. Heureusement, cet épisode nous introduit aux navioles, sorte de lucioles qui vont nous permettre de mettre littéralement en lumière les traces laissées un peu partout par les dits monstres.

C’est ce qui fait le sel de ce Monster Hunter, et sans aucun doute de ses ancêtres. Trouver des indices, puis une piste et enfin tomber nez à nez avec la bête féroce. Toutes ne sont pas forcément agressives au premier contact et vous ignoreront même. D’autres se jetteront sur vous si vous avez une votre approche indélicate. Il est bien sûr possible de se cacher dans quelques buissons, ou de grimper à l’abri dans les hauteurs. Enfin à l’abri, c’est vite dit sachant que bon nombre de ces animaux sont capables de grimper aussi bien que nous aux lianes et autres moyens d’ascension. Ainsi avant de s’engouffrer dans une chasse, il y a tout un travail de préparation à faire. Notre inventaire étant limité, il faut savoir choisir quels objets emporter avec soi. Chaque monstre a ses propres atouts autant que ses faiblesses. Il faut souvent les étudier extensivement avant d’espérer les affronter sous peine de finir comme quatre heures. Notre traque sera aidée de notre Palico, petit félin sur deux pattes et fidèle compagnon très utile pour distraire nos proies quand on est seul. A plusieurs – puisqu’il est possible de jouer avec d’autres personnes en ligne – la dimension est tout autre, et presque nécessaire une fois le mode histoire terminé. Là commence pour beaucoup ce qu’ils appellent le véritable Monster Hunter. C’est aussi le début du mode expert, celui où les fessées données par la nature à nos chasseurs vont réellement commencer à faire mal.

Il est indéniable qu’il y a beaucoup de choses à apprendre. Monster Hunter World a déjà rencontré un succès très certainement parce-qu’il arrive au bon moment. D’un côté, il est magnifique et rend enfin justice aux designs de ces créatures grandioses, sans compter leur animations et la majesté naturelle qu’elles peuvent dégager dans leur sauvagerie. Chaque rencontre est toujours accompagné d’émerveillement pour la puissance brute de ces animaux mystiques dont le poids que l’on imagine important, se fait réellement sentir. Je mettrai en garde pour autant sur des performances décevantes. Sur Playstation 4, World se trouve être à l’étroit avec un framerate tombant régulièrement sous la barre des trente images par seconde. Il serait alors plus sage de privilégier l’utilisation de la Playstation 4 Pro ou Xbox One X pour plus de confort, ou tout simplement d’attendre la version PC prévue pour l’automne de cette année, même si on ne sait encore rien sur cette dernière.

Plonger dans Monster Hunter World, c’est aussi accepter de rentrer dans un jeu qui phagocytera vos heures de divertissement avec énormément de gestion de votre équipement et de tout ce qui s’avérera nécessaire à votre préparation avant que nous puissiez partir chasser des bêtes de légende. Les animations de nos attaques ont parfois tendance à nous donner l’illusion d’être bon en tant que chasseur. Dans sa présentation, World est impressionnant en nous apportant sur un plateau d’argent une expérience jubilatoire et émulatrice. Elle nous pousse à en vouloir toujours plus. Chaque nouveau set d’armure se doit d’être complété. Une autre amulette ou une amélioration d’arme viendra affiner les performances de notre équipement par petites étapes qui paraîtront des pas de géants. Il faut aimer le grind, cette technique obsessionnel familière que l’on retrouve principalement dans certains types de jeux comme Diablo, Warframe ou encore Destiny.


A l’heure actuelle, Monster Hunter World n’a pas à rougir en terme de contenu. Rien qu’avec son mode histoire, il vous occupera plusieurs dizaines d’heures voire presque une centaine. Son gameplay est ouvert et ne nous impose pas grand-chose si ce n’est des limites de temps ou des objectifs spécifiés en amont avant de commencer n’importe quel mission. Nous sommes alors maîtres de la méthode à employer, tout en étant récompensés par l’évolution incrémentale des compétences de notre chasseur. Nous sommes libres de chasser comme bon nous semble. Chaque nouveau monstre en appelle un autre, comme chaque nouvelle armure nous donnera envie de forger la suivante, nous embarquant ainsi dans une recherche perpétuelle du meilleur équipement pour devenir le meilleur chasseur de la Guilde qui soit.

Vasquaal

On dit de lui qu'il jouerait sur un clavier sans pavé numérique. De l'Apple IIe au pc survitaminé en gigahertz, il subtiliserait tel un ninja numérique le loot de ses potes dans les jeux en ligne pour mieux s'enorgueillir d'un "Muhahahaha". Certains disent même qu'il va se tatouer un jour "Aladin Snes is the best" sur la fesse gauche. D'autres disent simplement qu'il est fou.

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