Stay Dead

Stay Dead

Un jeu de combat ou un film violent interactif ? Après le succès d’Heavy Rain, les créateurs se sont souvenus de l’ère du Mega-CD et tentent de proposer un jeu/film de baston de rue tout en HD…

De la baston photoréaliste !
Forcément, en lançant le jeu, on ne peut pas s’empêcher d’esquisser un sourire devant le casting proposé. Un groupe italien de passionnés de combats de rue se sont réunis pour créer ce “jeu”, Stay Dead, dont le concept est on ne peut plus simple : proposer de vraies scènes d’affrontements, filmées avec une certaine maitrise de la caméra, tout cela mis en scène de façon logique en parallèle à la maitrise du gameplay par le joueur. Doté d’une très belle réalisation, nette et aux filtres plutôt sympathiques, Stay Dead n’en est pas moins terriblement amateur. Les coups ne sont évidemment pas réellement donnés, mais sonnent pourtant bien, néanmoins c’est surtout du côté du jeu d’acteur que tout n’est pas parfait.
Une demi-dizaine de “charismatiques” ennemis à affronter sont proposés. Cela passe de la “rebelle” au cliché du gros baraqué, en passant par le soldat nazi aux pouvoirs étonnants. Le jeu est un nanar totalement assumé dans ses inspirations cinématographiques et ne veut qu’une chose : divertir le joueur. Il faut avouer qu’en premier lieu, le gameplay n’est pas percutant : vous effectuez des “combos” de mouvements avec les flèches, à activer au bon moment lorsque votre curseur passe sur la case vous signalant la touche à appuyer. Cela commence tranquillement dans un premier niveau déjà bien complexe à terminer, puis tout s’accélère énormément par la suite avec une difficulté globale réellement haute. Il faut certains réflexes pour réussir tous les combos et surtout, parvenir à se défendre ou contre-attaquer, avec les touches Z et A, en cas de raté.
Chaque duel se joue en plusieurs tours. À la fin de la partie, c’est l’adversaire ayant réussi le plus de tours qui gagne la manche. Des “matchs nuls” sont aussi de la partie, histoire de proposer toutes les alternatives. À chaque victoire, vous passez à l’adversaire suivant et à sa suite de flèches à valider avec rapidité et beaucoup de cheveux arrachés. Le jeu est réellement difficile, mais les combats fonctionnent bien visuellement.
Heavy Rain fait des petits…
Nul doute que le jeu de David Cage a relancé la mode des jeux interactifs, comme nous en connaissions déjà beaucoup sur PC (avec un nombre certain de jeux d’aventure passionnants avec de vrais acteurs) mais aussi sur Mega-CD ou le CD-I de Philips. Voir débarquer cette “mode” dans le monde de l’indépendant et plutôt normal, puisqu’elle nécessite (au-delà d’un certain sens du rythme et de la mise en scène) finalement moins de moyens en terme de programmation ou de création. Les réalisateurs en herbe peuvent s’en donner à coeur joie, faire du court-métrage, mais aussi tenter l’aventure du jeu vidéo via ce gameplay très accessible. Stay Dead et de ces projets qui forcent le respect, malgré leurs évidents défauts.
Car en plus d’être extrêmement répétitif, possédant assez peu de niveaux et proposant une difficulté beaucoup trop élevée au bout d’un seul niveau terminé, Stay Dead est surtout peu convaincant en terme de jeu des acteurs, très en deçà de ce que l’on peut attendre en s’imaginant le concept de base. Malgré tout, la réalisation et le traitement de l’image viennent donner une véritable patte, un style certain à ce jeu interactif qui mérite d’être joué au moins pour son culot, sa volonté de proposer un réel court-métrage violent et sans aucun scénario juste pour le fun d’interagir soi-même avec le personnage filmé. Une oeuvre très bancale, mais qui prouve qu’un nouveau genre de narration tente d’émerger dans ce média si particulier qu’est le jeu vidéo. Et si moi-même je n’en suis pas très fan (un jour je vous parlerais de tout le mal que je pense d’Heavy Rain), il n’empêche que la façon dont est utilisé ce type de narration dans Stay Dead force le respect et mérite d’être mis en avant. Ne serait-ce que pour relancer l’éternel débat qui l’entoure.

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