Kentucky Route Zero : Acte 1

Kentucky Route Zero : Acte 1

La magie du point’n click est prise ici au premier degré avec un jeu sensiblement artistique qui commence à faire sérieusement parler de lui. Pour l’instant, seul l’Acte 1 est disponible. Faut-il déja envisager d’acheter le jeu dans sa globalité ? La réponse est sans doute dans ce test…

Livreur solitaire
Il fait nuit noire et à bord de son camion de livraison, Conway s’arrête devant cette drôle de station-service qu’un vieil homme semble avoir adoptée comme étant sa résidence principale. Assis dehors, sur un banc, celui-ci est votre premier interlocuteur. Vous lui demandez ou se trouve l’adresse de votre livraison et démarre alors une enquête et des dialogues teintés d’une écriture sublime et d’une magie environnante qui ferait pâlir n’importe quel polar. Kentucky Route Zero est, un peu comme Sword & Sworcery avant lui, une histoire très réaliste dans un contexte plus étrange et paranormal qu’à l’accoutumée.
Avec un style visuel jouant à fond la carte des lumières, des jeux d’ombres et des plans de caméras rapprochés et éloignés selon la situation, Kentucky Route Zero est doté de cadrages absolument sublimes et d’une mise en scène de grande qualité. La preuve en est ce moment absolument ravissant ou, au fur et à mesure de votre progression sur un long chemin en montée, la caméra s’éloigne toujours davantage pour vous montrer ce qui se trouve au sommet. Même chose pour cette séquence de train dans une mine désaffectée, où la caméra sert de repère aux différents chemins qu’il est possible de prendre, en tournant “sur place” pour rendre l’effet 2D tout aussi réaliste et “en relief” que n’importe quel autre jeu en trois dimensions.
L’histoire est réellement obscure et la découverte des quelques protagonistes de ce premier acte se fait avec beaucoup de questions laissées volontairement et rapidement sans réponses. Mais on s’en fiche : on profite de l’univers proposé, des dialogues, de l’ambiance globalement très étrange et complexe, mais pour autant, on s’y plait. On s’y ennuie aussi, la faute à un rythme très lent, à des marches qu’il est impossible d’accélérer et à un réalisme de tous les instants. Un mauvais point pour les moins patients, un très bon point pour l’oeuvre d’art que ce Kentucky Route Zero.
Lenteur artistique
Tout au long de l’heure et demie de jeu proposée par ce premier acte, vous découvrirez aussi beaucoup d’idées de gameplays plus ou moins nouvelles. Une carte, entièrement dessinée en fil de fer comme sur de vieux ordinateurs, vous permettra de vous rendre à certains points (qu’il faudra découvrir à l’aide des descriptions données par vos interlocuteurs). Sur la route vous pouvez aussi faire quelques rencontres totalement annexes, absolument pas obligatoires mais franchement sympathiques, qui seront beaucoup moins visuelles et se dérouleront en format texte, comme dans les prémices du jeu d’aventures. Vous y ferez des choix que vous ne visualiserez pas autrement que dans votre imagination : une belle ôde à l’origine du jeu d’aventure pour ce titre qui semble donner un gros coup de boost à un genre qui se répète inlassablement.
Il y a d’autres choses à découvrir dans ce premier acte, comme l’inutilité sublime de ce chien “meilleur ami de l’homme” qui, pour sur, trouvera son utilité dans les futurs épisodes. Aussi, cette histoire de phénomènes paranormaux et de fantômes est clairement à éclaircir et quiconque finira l’acte 1 ne pourra pas s’empêcher de se questionner. Du coup, objectif atteint : on veut furieusement se lancer dans la suite, aussi lente soit la progression. C’est sans doute à cela qu’on reconnait les histoires vidéoludiques d’exception, en espérant sincèrement ne pas être déçu. Comptez sur nous pour suivre de très près les épisodes à venir !
 

0 réflexion au sujet de “Kentucky Route Zero : Acte 1”

  1. Voilà qui a l’air pas mal du tout !
    On sait quand l’acte 2 doit sortir ? D’après le prix affiché sur le site, j’imagine qu’il y en aura 4 au final ? Ou 5 ?
    Je pense que je vais attendre que tout soit sorti pour me lancer dedans.

Laisser un commentaire