The Guided Fate Paradox

Quand un jeu Nippon Ichi Software sort en Europe, déjà, on remercie KochMedia et sa politique originale. Ensuite, on prie pour tomber sur un bon jeu et pas un ersatz de cliché géant japonais et mou du genou. Quand on lance The Guided Fate Paradox, rapidement, on est rassuré…

Un jeu divin ?

Renya est un jeune homme a qui la chance ne sourit jamais. En 17 ans d’existence, il n’a jamais rien gagné. C’est alors qu’après un simple passage au marché du coin, il rencontre une jeune fille lui proposant de tourner une roue très étrange. Comme par hasard, Renya gagne ! Quel est son lot ? Il devient un Dieu, tout simplement. Trop belle pour être vraie, cette histoire amène évidemment un paradis désespéré à combattre un enfer de plus en plus fort et vous êtes évidemment l’élu qui viendra remettre de l’ordre dans tout cela.
Le scénario n’est toutefois pas aussi conventionnel qu’il en a l’air et vous feriez mieux de ne pas prendre les airs très “kawaïi” et insupportable du style japonais classique avec ses petites voix criardes, ses couleurs criardes, ses personnages criards, ces… Enfin, vous avez compris. The Guided Fate Paradox possède une esthétique complètement ancrée dans la culture vidéoludique japonaise la plus répandue… et la plus cliché, il faut bien l’avouer. Malgré tout, le gameplay est des plus intéressants.
Car voyez-vous, The Guided Fate Paradox est un jeu de rôle tactique de qualité. Vous devrez vous lancer dans plusieurs donjons avec une grosse part d’aléatoire à chaque niveau et évidemment, c’est classique, chaque donjon comporte plusieurs niveaux. Vous enchaînez les combats au tour par tour et à mains nues, accompagnée de l’ange qui vous guide depuis le début : la même qui vous a fait tourner la machine et gagner ce poste de dieu du paradis. Au fur et à mesure des ennemis battus, ceux-ci lâchent des objets, principalement de l’équipement. Votre personnage change alors, visuellement parlant, mais aussi dans ces statistiques : un masque à gaz, un tank à la place de vos jambes, armé d’un pistolet et d’un bras magique destructeur, vous enchaînez les niveaux jusqu’au dénouement (un simple “bravo” et un retour à la ville qui vous sert de hub central). Quelquefois, il y a aussi des boss, plutôt complexes.

Divinité… Vinité !

L’évolution dans les niveaux, le coeur du gameplay tactique, est très amusante. Grâce, principalement, à une évolution de tous les instants et à la part d’aléatoire sur les équipements à trouver, mais aussi via quelques originalités qui rendent la partie un peu stressante. Ainsi, une jauge d’énergie est présente en dessous de la barre de vie, indiquant combien de temps il reste avant que votre héros ne meure de faim (et vois ses HP dégringoler à chaque pas, comme un poison). Il vous faut alors avaler de la nourriture, principalement des fruits augmentant au moins de moitié cette jauge a laquelle on ne fait pas très attention dans les premières parties, avant qu’elle soit la source de tous vos problèmes.
Car le jeu propose une difficulté évoluant de façon très réussie, avec des premiers niveaux de découverte simples et rapidement, quelques complications. Il faut dire que si vous mourez dans un niveau, vous perdez la moitié de votre argent, tout votre équipement et vos niveaux. Retour à la case départ brutal : il faut tout recommencer. Et c’est franchement jouissif.
Une telle difficulté, enrobée par des principes de jeux simples à saisir, c’est ce qui se fait de mieux pour le genre et The Guided Fate Paradox ne déroge pas à la règle. Surtout qu’on peut y ajouter la présence du “Burst”, une jauge de pouvoir qui, pleine, vous permet d’utiliser l’attaque spéciale d’un équipement. Chaque équipement du jeu en possède un et là aussi, c’est diablement efficace, pour peu qu’on pense à l’utiliser à bon escient. S’en suit une autre bonne idée : une sorte de damier où vous poserez des stèles de pouvoirs (de force, de vie, d’énergie, etc.) qui doivent être reliées entre elles. Vous pourrez ainsi obtenir quelques bonus très spéciaux et débloquer des compétences originales.

Dieu en intérim

Néanmoins, The Guided Fate Paradox est terni par un scénario d’une inconsistance catastrophique. Se basant sur un postulat assez intéressant, à savoir l’aide que peu apporter un dieu aux humains en combattants leurs problèmes psychologiques de façon plus “physique” via les donjons, est dérangé par beaucoup trop de dialogues inutiles, de gamineries typiquement japonaises et de scènes cinématiques sans intérêt. Le jeu est excessivement bavard si bien qu’on avoue sans mal passer beaucoup de cinématique au bout d’un certain temps pour ne profiter que du gameplay, des donjons et de la progression.
Autre souci : les contrôles, se faisant aux flèches, ne sont carrément pas intelligents et même plutôt frustrants. Vous vous dirigez en diagonales avec une touche haut qui va à gauche et tout un cercle de flèches qu’il faut totalement repenser en fonction de la position de votre héros. C’est encore plus complexe à jouer qu’à expliquer, c’est vous dire ! Bref, là aussi, cela terni un peu la qualité globale d’un jeu qu’on n’attendait cependant pas aussi intéressant, jouable, amusant et à la progression très réussie. Si vous aimez le genre, ne vous privez pas : c’est un parfait petit encas entre deux Disgaea (surtout qu’il en reprend le principe de jet des objets et personnages alentour) et cela permettra aux jeux japonais même les moins connus de toujours débarquer dans nos contrées. The Guided Fate Paradox n’est pas pour tout le monde et n’est pas destiné à être un best-seller, mais il mérite néanmoins d’être connu.

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