Desktop Dungeons

Desktop Dungeons

Ayant gagné assez d’expérience, DesktopDungeons monte d’un niveau supplémentaire et se paye le luxe d’un standalone disponible sur Steam à un prix honteusement bas pour un jeu addictif et furieusement jouissif. Oui, j’annonce la couleur dès le début. Vous pouvez dès à présent vous ruer sur la boutique digitale de Valve et vous procurer ce parfait exemple du fun en barre. Quoi ? Vous êtes encore là ? Vous voulez en savoir plus ? Pauvres fous ! Vous me voyez obligé de vous convaincre maintenant.

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Le Maître du Jeu

L’humanité court à sa perte et le mal se répand comme une maladie vénérienne au sein d’une communauté hippie. La lourde tâche qui vous incombe est d’en finir avec la vermine rampante qui se terre à juste titre dans les caves et les donjons souterrains environnants. Il va falloir dungeon-crawler et rogueliker comme jamais. Pour vous y aider, une ribambelle de vict…. de héros débutants seront prêts à se sacrifier pour la bonne cause.
En tant que Maître du Jeu, il sera de votre devoir de choisir qui aura l’immense honneur de se faire occire pour vos beaux yeux. Peut-être un humain, un nain, un orc ou un elfe ? Et sera-il guerrier, voleur, prêtre ou sorcier ? Le choix de la combinaison d’une race avec une classe est important chacune d’entre elles ayant des qualités qui lui sont propres. Un humain aura un bonus de dégât alors qu’un nain deviendra un sac à points de vie, l’elfe étant plus porté sur la magie ; un guerrier gagnera plus d’expérience à chaque ennemi vaincu là où un voleur trouvera plus d’items à ramasser sur la carte.

Ce ne sont pas de vaines considérations. Si les premiers donjons ont une valeur pédagogique afin que vous compreniez les règles du jeu et la façon dont fonctionne les classes de personnage, la difficulté augmentera inexorablement à mesure que vous avancerez. Les cadavres de vos héros s’accumuleront alors que vous vous êtes lancé dans une session d’essais et d’erreurs à répétition. La préparation de votre expédition s’avérera alors capitale.

Pour cela, il va falloir amasser un maximum de piécettes d’or qui vous serviront ensuite à améliorer les différents bâtiments qui composent votre jeune royaume. Ainsi, en améliorant la guilde des voleurs, on débloque cette classe. En l’améliorant encore, on obtient une évolution de cette même classe et il en est de même pour tout le reste. L’argent reste plus que jamais le nerf de la guerre, et ce que vous ramènerez de vos aventures servira à en financer les prochaines, plus coûteuses. Les donjons étant de plus en plus retors, quelques bonus ne seront pas de trop pour vous aider dans votre quête. Pour autant, ce jeu dans le jeu ne phagocyte en rien le temps passé à trucider de la chair de monstre. Choisissez vos préférences et investissez en conséquence, puis repartez à la chasse.

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Donjons et Dragons pour les nuls

Les donjons à vider se décomposent sous la forme d’un damier, chacune des cases pouvant être vide comme abritant une créature démoniaque. Un mur, un méchant, un artefact utile à votre succès, disposés comme autant de pions sur un plateau de jeu de rôle simplifié. La progression se fait un peu à la manière d’une partie d’échecs, c’est à dire avec beaucoup de réflexion et d’anticipation, spécialement dans les endroits les plus difficiles.

L’objectif principal est d’éliminer un boss qui bloque l’accès à la sortie, tout en ramassant le maximum de trésors. Le seul problème est que vous démarrez avec un petit niveau un, alors que le boss en question est plutôt de niveau dix. Il va donc falloir farfouiller dans tous les coins pour récolter le maximum d’objets qui puissent vous être utile et farmer de l’xp. Certains artefacts augmenteront vos points de vie ou de mana, ou encore le nombre de dégâts que vous infligerez. A cela s’ajoute les inévitables fioles pour se requinquer et des glyphes qui vous octroieront des pouvoirs tels qu’une boule de feu, détruire un mur ou invoquer un monstre à votre rescousse. Et si certains de ces items ne sont pas à votre convenance, ou que votre inventaire est complet, pas de soucis, il vous suffira de les convertir en échange desquels vous obtiendrez quelques points supplémentaires pour les statistiques de votre poulain.

Le système de combat est des plus simple. Il n’y a pas de tour par tour, ni de lancé de dés. Vous pouvez vous déplacer à l’envie en n’ayant pour limite que les murs du donjon et les zones non découvertes. En effet, l’ensemble de la carte est au commencement plongée dans le noir. Chacun de vos pas en révèle un morceau tout en régénérant quelques uns de vos points de vie et de mana. Cet aspect du gameplay est important et il faudra s’en souvenir pour la suite.

Ce jeu ne triche pas avec nous. Toutes les infos utiles vous seront données. Placer le curseur sur un ennemi afin d’en connaître tous les détails et ainsi savoir combien de coups vous devrez lui porter avant que sa barre de vie ne tombe à zéro, et combien de points de dégâts ce dernier vous fera à chacune de ses attaques. Les monstres que l’on rencontre vous laisseront tranquille tant que vous ne les embêtez pas. A chacun de vos coups, ils répliqueront de la même manière, excepté si vous utilisez un sort contre eux. Mais n’espérez pas tuer une de ces créatures à la seule force de la magie, car bien souvent elle ne suffira pas, notamment à cause de la faible quantité de mana que votre personnage aura à sa disposition, d’autant plus que contrairement à votre énergie vitale, votre quantité de mana n’augmentera pas avec votre montée de niveau.

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Attention, drogue dure !

Ainsi peu à peu, Desktop Dungeons se complexifie et révèle toute la richesse de ses mécanismes. Il n’est pas un simple roguelike dont il n’a que la couleur. Certes, quand on meurt, on redémarre au début…. du donjon en cours. Il offre une approche plus accessible avec des règles du jeu simples à comprendre. Beaucoup plus souple que la plupart des titres du genre, la difficulté est correctement dosée et préfère vous laisser apprendre comment jouer à travers vos défaites plutôt que de vous castrer dans un système punitif à outrance.

Il se réfléchit comme un puzzle stratégique. Il sera plus que nécessaire de planifier son attaque à l’avance, et même de l’anticiper en vu du prochain combat, car éliminer le boss de fin vous demandera d’avoir un personnage avec un niveau suffisant, ainsi qu’une quantité satisfaisante de fioles de vie et de mana, si vous voulez que la victoire reste dans votre radar. Dans le cas contraire, la défaite, parfois volontaire quand on se rend compte qu’aucune solution n’est possible, ne sera jamais très loin. D’où l’intérêt de se garder quelques recoins non explorés afin de les utiliser pour se requinquer comme je l’ai expliqué un peu plus haut. A vous de voir quel combat est nécessaire et lequel ne l’est pas pour arriver à vos fins.

Les niveaux ont beau être générés aléatoirement, jamais je n’ai eu l’impression qu’à cause de ça, je n’ai pas pu réussir à m’en sortir. Jamais le jeu ne s’est révélé injuste, et mes ratés n’étaient dû qu’à mon propre manque de discernement.

Desktop Dungeons fait parti de ces jeux qui sont faciles à prendre en main, mais difficile à maîtriser. La victoire y est gratifiante sans pour autant que la défaite ne soit amère. On évolue à mesure que le jeu lui-même s’ouvre toujours un peu plus à nous. Il y a ce quelque chose d’immédiateté comme j’ai pu le ressentir avec Tétris sur ma GameBoy qui fait qu’on n’a pas envie de le lâcher. Souris en main on joue sans trop se poser de question et on enchaîne les donjons sans s’en rendre compte.

L’humour bon enfant favorise la gaieté que ce jeu apporte alors que l’on trucide une chèvre maléfique ou un vampire banquier de son état. Mais ne vous laissez pas avoir, car une fois dedans, vous risqueriez de ne plus jamais en sortir. Ce jeu est une drogue, et une dure. Vous voilà prévenus.

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