Preview – Starbound (PC)

J’ai énormément joué à Minecraft, depuis l’alpha jusqu’à l’oméga. Creuser des trous, crafter des items plus ou moins utiles, ça me connaît. J’ai dynamité des montagnes, me suis reçu des coulées de laves sur la tête, ai parcouru des étendues plus vastes que ma salle de bain… Alors, quand Terraria est sorti de nulle part, j’ai crié à l’opportunisme. Il était un jeu au concept très similaire, pour ne pas dire copié-collé, à ceci près qu’il était en 2D.

Introduction

Ce qu’il perdait en immersion, faute de 3D, il le gagnait en contenu et en possibilités là où il est vrai, Minecraft n’était encore qu’une grosse boîte de Lego. Je n’ai pourtant pas accroché à son pixel art que je trouvais moyen, son choix de police proche du comic sans ms (brrrr), sa jouabilité et son ergonomie générale, son interface envahissante, etc. Il y avait sans doute du potentiel dans Terraria que je n’ai pas su voir. Il était sorti trop tôt, trop proche de Minecraft, en tout cas pour moi.

Je n’étais pas complètement aveugle non plus. Je voyais bien que les développeurs de ce clone façon 16-bits étaient réactifs et prompts à fournir toujours plus de contenu gratuit à chaque mise à jour majeure. Un beau suivi et une générosité qui n’est pas forcément la norme de nos jours.

Puis soudainement, les voilà qu’ils annoncent Starbound. Ce jeu serait à la science-fiction ce que Terraria était à l’heroic-fantasy. Embarqué dans le train de la hype, je l’ai pré-commandé sur un coup de tête malgré mon absence d’intérêt pour leur premier titre. Et j’ai attendu, attendu, et encore attendu la sortie d’un titre qui ne voulait pas pointer le bout de son nez, me demandant s’il n’essayait pas de concurrencer avec Duke Nukem Forever pour le titre de la plus longue pré-commande.

C’est alors qu’une date fut lâchée en pâture aux fans, et que Starbound est enfin arrivé entre nos mains velues, ou pas, mais dans la forme d’une beta. Plus testeurs que joueurs, il faut comprendre par là que si le jeu est déjà bien avancé sur bien des points, il manque encore beaucoup de choses, et un effacement de vos sauvegardes est possible à chaque nouvelle mise à jour. Une fois ce problème inhérent à toute véritable beta accepté, il ne reste qu’à s’amuser en privilégié que nous sommes avec un jeu encore en mutation et amené à s’améliorer d’ici la sortie de la version finale.

Ce sont sur ces bonnes paroles que je vais vous compter mon odyssée de l’espace.

Jour 1

Je suis une forme de vie intelligente simiesque. L’alliance galactique compte bien d’autres peuples que le mien, comme les Floran, ces créatures qui ne réagissent pas vraiment bien au désherbant, les Avian que je verrai bien finir en chicken wings, les Glitch qui sentent la rouille, les Hylotl qui sentent la marée haute… mais tous ne sont rien comparé aux humains et à leur complexe de supériorité. Supériorité mes fesses ! Comment peuvent-ils se considérer si supérieur avec si peu de poils ?

Mon nom est Chewasquaal. Je suis parti en mission d’exploration il y a de cela déjà depuis bien trop longtemps. Perdu quelque part dans l’immensité de l’univers, me voilà bloqué en orbite stationnaire autour d’une planète inconnue, sans le carburant nécessaire pour sauter à la vitesse de la lumière d’un astre à un autre. Mon vaisseau a tout juste de quoi se maintenir et me permettre de me téléporter sur la planète située quelques centaines de kilomètres plus bas.
J’active ma station de clonage. Si les dangers que je risque d’encourir venaient à causer ma mort, mes données biologiques seraient immédiatement transférées à celle-ci afin de recréer un nouveau moi au prix de quelques pixels, la monnaie inter-galactique et source première de toute chose.

Transmutation réussie. Je découvre les environs plutôt accueillants de cette planète. Une forêt, un climat tempéré, et beaucoup de verdure. Quelques créatures broutent ça et là et ne semblent pas me vouloir de mal. Je décide de les laisser tranquille.
Une autre espèce un peu plus loin me regarde de travers alors que je m’approche d’elle. Elle commence à grogner et à sortir les crocs. Je sors mon épée, seule arme fonctionnelle que je possède, et… Diantre ! Je l’ai oublié dans mon vaisseau !! Je prends donc mes jambes à mon cou et me mets à courir comme si le diable était à mes trousses.
Alors que je ne fais pas attention à l’endroit où je pose mes pieds, obnubilé par la créature féroce qui en veut à ma chair et tendre, je glisse dans un trou pour mieux me retrouver dans les profondeurs d’une grotte humide et plongée dans le noir. Le monstre décide de ne pas me suivre. Je ne comprends pas tout de suite la raison de son retrait et ne me méfie pas. Soudainement, un cri plus féroce encore se fait entendre. J’essaye vainement d’appuyer sur le bouton qui me permet habituellement de me renvoyer sur mon vaisseau, mais avec un toit au-dessus de ma tête, cela ne fonctionne pas.

”Dans l’obscurité, personne ne vous entendra crier.” Je suis mort.

Ma station de clonage se met aussitôt en marche, elle reconstruit chaque cellule de mon corps. Je revis, mais le processus est douloureux et coûteux. Je décide de me reposer pour le moment, et de reporter mon exploration à un lendemain qui me sera peut-être plus favorable.

Jour 2

Je me réveille un creux au ventre. La machine à clonage avait éliminé ma faim à ma reconstruction, mais quelques heures plus tard, celle-ci est revenue naturellement de plus belle. Je fouille dans le coffre de mon vaisseau pour y trouver une épée assez rudimentaire mais qui fera l’affaire pour me défendre des monstres d’en bas. J’y trouve également quelques graines, une torche électrique, mais surtout mon appareil à décomposer et re-composer la matière.

Téléportation !

J’observe les alentours. Je retrouve mon ennemi d’hier. ”Montre moi tes crocs, félon, et tu tâteras du métal de mon épée !” Un coup, deux coups bien placés, et la créature s’en va rejoindre ses ancêtres. Je sors enfin mon outil de travail et commence à décomposer arbres, des pierres, et de la terre. J’accumule suffisamment de ressources et décide de construire une bâtisse rudimentaire à l’endroit où j’apparais après ma téléportation. Il n’y a qu’un seul point d’apparition sur toute la planète, donc autant y construire à côté mon nouveau poste de travail.

Construire est aisé avec mon manipulateur de matière. Je pose des blocs de pierre et de terre un à un ou par quatre simultanément avec une aisance certaine, selon que je veuille aller vite ou être très précis. Il en est de même si je veux déconstruire ce que je viens de faire. Ma maison faite, je monte une table de craft qui me permettra enfin d’étendre le champs de mes possibilités. Je me confectionne un arc pour la chasse et des outils pour jardiner et planter mes graines, ou une pioche pour miner plus rapidement et récolter de précieux métaux. Plus le métal est solide et plus solide seront mes outils ou mon armure Plus durable sera alors ma survie.

Seulement voilà, je commence à avoir faim. Bon gré mal gré, je décoche une flèche entre les deux yeux d’une des créatures pacifiques environnantes. La nuit tombe, la pluie aussi et il commence à faire très froid. Comme je n’ai pas envie de mourir gelé à l’intérieur de mon nouveau foyer, j’allume un feu de camp et m’y installe. Sa chaleur me fait du bien ; la viande extraite de ma victime qui a été cuite dessus aussi. J’ai chaud, ma faim s’est quelque peu atténuée. Je peux dormir serein car j’ai bien travaillé.

Jour 9

Maintenant que les principes fondamentaux de la survie en milieu primitif me sont acquis, je n’ai plus à craindre de mourir de faim ou de froid. Je décide donc de poursuivre ma mission d’exploration et d’observateur scientifique. La besace bien remplie, c’est d’un pas assuré et conquérant que je me mets en tête l’idée de faire le tour de cette planète. Je parcours les étendues verdâtres de celle-ci avec une certaine facilité en étant cette fois-ci préparé. Occasionnellement, la faune des environs du coin essaye de faire de moi son quatre heure, et si des coups me sont donnés, quelques bandages suffisent à me soigner. Mais il faut que je reste vigilant. On ne sait jamais, un danger plus grand peut se profiler à l’horizon. Prudence est mère de sûreté.

Quelques kilomètres de pixels plus loin, une immense structure en pierre me fige sur place. Avec du recul, la façade de cet atypique bâtisse apparaît sous la forme d’une tête d’oiseau. A l’intérieur, il fait noir. Il est impossible de voir au-delà d’un mètre. J’allume ma lampe de poche, et accroche sur les murs, au fur et à mesure que j’avance, des torches histoire de garder une main libre pour dégainer mon épée. On ne sait jamais.
Là un peu plus en amont, j’entends du bruit. Surgissant des ténèbres, un Avian primitif, un de ceux vénérant encore leurs anciennes divinités dont je devine les reliques posées ça et là, m’attaque ! J’en fais mon affaire non sans y perdre un peu de ma vie. Attention, car c’était sans compter ses compagnons. Il y en a un, puis deux, voire trois, en plus d’une espèce de chauve-souris géante. Je cours dans tous les sens tentant d’esquiver, souvent dans l’obscurité, les attaques de mes ennemis. Un trou. Je tombe dedans et je suis déchiqueté par des scies métalliques qui tournent sans fin.

Résurrection.

Je reviens à la charge. Je nettoie un peu plus l’endroit et je meurs à nouveau.

Résurrection.

J’y retourne, et enfin j’en ressors vainqueur. Tout n’est que question de survie. Après tout, ils m’ont agressé en premier, je n’ai fait que me défendre. La science l’emporte sur la paganisme. Je vide bien sûr entièrement l’endroit. Je dormirai bien ce soir sur mon trésor de guerre.

Jour 15

Cette planète n’a plus de secrets pour moi. J’ai exploré ses profondeurs pour y trouver des paysages incroyables. Creusant à travers la terre, la pierre, le sable ou la boue, j’y ai vu des lacs acides empoisonnés et de la lave en fusion qui m’ont donné des sueurs froides. J’avançais le plus souvent à l’aveugle, tout en ramassant au passage de précieuses ressources. Il y a des trésors enfouis là-dessous comme des ruines anciennes et abandonnées d’une civilisation probablement depuis longtemps oubliée.

Je suis devenu le maître des lieux. Je poursuis donc sans ambages ma mission. La construction d’une antenne me permettra enfin peut-être de prendre contact avec une forme de vie supérieure qui m’aidera à m’extirper de ces lieux. L’appel est passé. Une soucoupe apparaît au-dessus de ma tête et… se met à me tirer dessus. Fichtre ! C’est l’empire des pingouins qui m’attaque, nos redoutables ennemis. Le combat dure un long moment, et non sans difficulté, j’arrive dans un espoir désespéré à lui porter le coup fatal. Dans un grand fracas, la soucoupe s’écrase sur ma maison et explose laissant derrière elle débris et un cœur en fusion. Il me sera utile pour me construire un nouvel établis plus perfectionné pour mon craft.

Je peux enfin me confectionner de meilleures armes. Peu importe, le plus important reste la création d’une carte galactique me permettant d’accéder au secteur Beta. J’ai fait le plein de charbon. Je suis prêt à repartir. J’ai fait mes bagages et transporté tous mes objets dignes d’intérêt dans mon vaisseau. Je me note à tout hasard les coordonnées de cette planète quelque part histoire de ne pas l’oublier.
Le moteur de mon vaisseau semble apprécier le charbon. Je le nourris abondamment afin d’être sûr que je pourrai voyager jusqu’au secteur Beta et en revenir sans encombres. Ce secteur abrite des planètes dont le danger est de niveau deux. Les affaires deviennent sérieuses. Je demande à mon ordinateur de bord de sélectionner une destination au hasard, j’enclenche le turbo, et à moi ces nouveaux territoires inconnus et sauvages.

Jour 27

J’ai exploré des planètes arides aux tempêtes de sable ou de neige perpétuelles. J’ai vu des lunes n’abritant que la mort et le malheur. J’ai accumulé plus de richesses et d’expériences qu’un homme ne puisse en espérer dans toute une vie de labeur. Alors que tout me semblait acquis, je tombe sur un établissement pénitentiaire de l’USCM, un organisme militaire de la race humaine.
A mesure que je marche sur le sol fait d’ossements, j’arrive au pas de la porte d’un bâtiment recouvert de barbelés, de caméras et autres mesures de sécurité. Tout semble désert dans un premier temps jusqu’à ce que je remarque la présence d’une femelle humaine. Elle ne m’apparaît pas dangereuse jusqu’à ce qu’elle ne se jette sur ma personne armée d’une arme contondante. J’arrive à m’en défaire sans trop de problèmes, mais voilà qu’arrive de toute part d’autres femmes armées jusqu’aux dents. Fusils à lunette et mitraillettes font leur quotidien, et elles ne se privent pas pour me trouer la peau.

Après de trop nombreuses morts, je décide de fuir de cette planète. Peut-être que l’herbe sera plus verte à côté.

Jour 45

J’ai vu tant de choses, fait tant de rencontres.

J’ai vu des avians pacifiques et musiciens, une ancre m’a amené à un bateau volant appartenant à des commerçants possédant de fort jolies choses, mais à des tarifs élevés. J’ai découvert des châteaux médiévaux et combattu leurs rois et leurs chevaliers. Je suis tombé sur des complexes scientifiques abritant des robots devenus fous et agressifs. Un autre contenait certains de mes semblables lobotomisés. L’atrocité n’avait donc aucune limite ?!

J’ai vu tant de paysages que je ne les compte plus. Je me sens perdu devant tant d’immensité.

Jour 121

Je viens de remplir le second objectif important de ma mission. Tout ne s’est pas passé comme prévu, mais je peux enfin construire la seconde carte galactique. Le secteur Gamma est à ma portée. Je me pose cependant une question : est-ce raisonnable ? Le danger s’intensifiera, cela est certain, mais peu m’importe, seul ma soif de connaissance a de l’importance à mes yeux. Cet univers regorge de tant de choses à découvrir que je ne vais pas m’arrêter là. La mort n’est pas un obstacle, seul ma motivation aurait pu l’être. J’enclenche le turbo. Vitesse lumière. Vers l’infini et au-delà !

Il existe tant de choses à découvrir dans Starbound qu’en faire une liste exhaustive semble superflu. Les possibilités offertes en matière de craft ne cessent de s’étoffer. Ce qui le rend si incroyable, c’est cette invitation au voyage. Il faut se sentir l’âme d’un explorateur et accepter le fait que parfois, cela veut dire aussi marcher pendant longtemps sans rien voir qui ne sorte de l’ordinaire. Les plus patients et les plus tenaces seront alors récompensés par d’étonnantes trouvailles.

Starbound, c’est accepter que parfois, il n’y a pas d’objectifs et de challenges autres que ceux que vous vous fixez. C’est vous qui construisez votre odyssée et qui la racontez. Si vous cherchez un terrain balisé, une histoire déjà décidée à l’avance, il ne sera pas pour vous. Aimer Starbound, c’est aimer l’inconnu avec tout ce que cela implique.

(Les développeurs sont réactifs et ouverts aux propositions de leur public. N’hésitez pas à aller sur le forum (en anglais) pour en discuter. De nombreuses mises à jour ont déjà été faites depuis que j’ai écrit ce billet, et beaucoup de choses ont du changé en bien. Un conseil ? Essayez d’y jouer à plusieurs. Le plaisir y est décuplé. Un dernier constat ? Il serait peut-être temps que je redonne une chance à Terraria.)

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